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Allocution de Madame Eveline Widmer-Schlumpf présidente de la Confédération

1ER AOÛT : FÊTE NATIONALE SUISSE

Les paroles prononcées font foi

 

Chères concitoyennes,
Chers concitoyens,

Le 1er août, jour de notre fête nationale, rassemble toutes les Suissesses et tous les Suisses, où qu’ils se trouvent: à Yverdon, à Bâle, à Bellinzone, ou encore ici à Juf, dans les Grisons, d'où je vous parle. Juf est le plus haut village d’Europe qui soit habité toute l’année. On y jouit d’une vue panoramique, non seulement sur la vallée et les montagnes proches, mais aussi sur l'horizon lointain.

D'ici, les plans rapprochés ou éloignés se combinent pour former une magnifique vue d'ensemble. Celle-là même qu'il nous arrive de perdre au quotidien lorsque, le nez dans nos dossiers, nous sommes confrontés à certains problèmes concrets.

Nous sommes conscients et reconnaissants de vivre dans un pays où règnent la liberté, la démocratie et la paix.

Ces valeurs constituent le fondement de notre prospérité et la base de notre avenir. Elles motivent notre engagement et devraient nous aider à relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Comme l'a écrit Mark Twain: «Si l'histoire ne se répète pas, elle bégaie». Même s'ils sont uniques, les événements qui ont marqué leur époque présentent des similitudes entre eux.

Ainsi donc, que ce soit en 1291, en 1848 ou en 2012, les mêmes questions se posent:
- Comment aborder les changements?
- Comment organiser au mieux la vie en communauté?
- Comment tenir bon dans la tourmente?

Plus rien n'est stable. Le monde, celui de l'économie et de la finance notamment, est devenu imprévisible. Des mesures de sauvetage ont été prises pour venir en aide aux banques et à l'euro. Des boucliers contre la crise ont été mis en place. Mais si les digues venaient à céder en Europe, la Suisse serait aussi submergée. Nous en sommes conscients et cela nous force à lutter.

Comment faire pour garder le recul et la vue d'ensemble nécessaires, en tant que nation, lorsque les temps sont difficiles? Agir avec discernement suppose d'abord de ne pas se voiler la face, mais d'aider à résoudre les problèmes auxquels sont confrontées la Suisse et l'Europe. La contribution de la Suisse au Fonds monétaire international et les mesures prises par la Banque nationale ou par le Conseil fédéral témoignent de cette volonté d’agir de façon pragmatique dans un contexte particulier. Notre économie sait tirer profit de ses atouts et s'avère dans l'ensemble très résistante aux crises.

Elle recourt aussi largement à la main-d'œuvre issue de l'immigration. Ces dernières années, la recherche de travail a été l'une des causes principales de l'immigration. Cet été, la Suisse dépassera la barre des 8 millions d'habitants. Cette croissance démographique la mettra sans aucun doute face à des défis dans les domaines des assurances sociales, de la santé publique, des transports et du travail.

Pour prendre les bonnes décisions, il ne faut pas craindre d'aborder ouvertement les questions ou les problèmes qui se posent et d'examiner ensemble toutes les solutions possibles.

Ces prochaines années, la Suisse se verra confrontée à une situation plus rude et à une pression extérieure plus forte encore. Elle devra lutter pour y faire face. Dans ces circonstances, il importe de ne pas se tirer dans le dos mais, au contraire, de serrer les rangs, garder le regard tourné vers le but et marcher ensemble dans la même direction. Non seulement en ce 1er août, mais également demain et après-demain.
La Suisse a beaucoup d'atouts. Exploitons-les au lieu de nous focaliser sur les points faibles. Développons des stratégies pour l’avenir. Car celui-ci dépend des décisions que nous prenons aujourd'hui.

Continuons à garantir la stabilité des finances publiques et à maintenir aussi bas que possible le niveau d’endettement des communes, des cantons et de la Confédération. Car celui qui traîne un boulet arrive au but après les autres, lorsqu'il y arrive.

Continuons à investir dans la recherche et dans l’éducation, dans la précision et dans la qualité. Des valeurs très helvétiques auxquelles, plus que jamais, nous nous identifions. Pour permettre à la Suisse de tenir son rang, pour donner à son économie les moyens de croître dans le respect des exigences du développement durable et de l’environnement. Pour lui permettre aussi de pérenniser ses assurances sociales, principalement l’AVS, l’AI et les caisses de pension. Et surtout pour permettre à nos enfants de se construire un avenir.

Chères concitoyennes,
Chers concitoyens,

Ici à Juf, tout respire la sérénité. Les montagnes, les rochers, les alpages et la maigre population de gens et d'animaux qui y vivent dégagent une impression de paix profonde. Quitter ces hauteurs, c’est rejoindre un autre monde, plus peuplé, plus technicisé, plus bruyant, plus agité et peut-être aussi davantage en proie au doute.

Mais où que nous nous trouvions, les mêmes principes s'appliquent, universels et immuables. Il faut bâtir sur de solides fondations pour que la maison tienne. A quoi bon des tuiles neuves, si les poutres sont pourries? Ce bon sens, le souci de la qualité et de la fiabilité ainsi que le goût de l’innovation, tels sont les principes et les valeurs qui ont assuré notre succès et qui, je l’espère, continueront de nous guider longtemps encore.

Au nom du Conseil fédéral, je vous souhaite, chères concitoyennes et chers concitoyens, à vous et à vos proches, un joyeux 1er août 2012.

Photo du logo: Leontopodium alpinum

, en Suisse, il est souvent utilisé comme un véritable emblème national

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