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2 MILLIONS D'EUROS POUR LA SODEM. QUEL CONTROLE ?

 2 MILLIONS D'EUROS POUR LA SODEM. QUEL CONTROLE ?

     Après la fort peu convaincante conférence de presse de Jean CRUSOL (PPM), président de la SODEM entre 2010 et 2015, s'agissant des faits gravissimes révélés par l'enquête de MARTINIQUE 1è et FRANCE-ANTILLES, il est intéressant de regarder plus loin en arrière. Que découvre-t-on ? Ceci : que c'était déjà un autre PPM, Pierre SUEDILE, conseiller général, qui était le président de la SODEM entre 2005 et 2010. En examinant la presse de l'époque, on tombe sur le très édifiant article ci-après publié dans le journal COMBAT OUVRIER (n° 940) en date du 25 janvier 2006...

 

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   A un détour d’une séance plénière du Conseil général, le jeudi 2 février, il était question de la participation du Conseil Général à un plan de redressement de la SODEM, société d’équipement de la Martinique. Cette société d’économie mixte, spécialisée dans l’aménagement et l’équipement public, en est à son troisième plan de redressement depuis qu’elle a été créée il y a 40 ans. 
   Cette fois-ci, pour pouvoir poursuivre son fonctionnement, la SODEM, par l’intermédiaire de son président, Pierre SUEDILE, élu PPM, demandait au Conseil Général une rallonge de 2 millions d’Euros. 
   Cette demande de refinancement a, semble-t-il, provoqué un vif échange, entre certains conseillers généraux. Yann MONPLAISIR, pour la droite, jugeait «irresponsable de dépenser des fonds publics comme ça». D’autres élus, notamment le représentant de la commission permanente du Conseil Général, le conseiller PPM, Claude CAYOL, ou celui du conseiller du Modemas (Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine), Marcelin NADEAU, se chargeaient de lui répondre tout en se montrant plutôt favorables à une nouvelle contribution du Conseil Général. NADEAU pour sa part déclarait qu’il «ne partageait pas ses valeurs». 
   Après ces joutes oratoires qui se déroulent bien loin de la population, le Conseil général dans sa majorité, vota une nouvelle participation de 2 millions d’euros, dont 1,6 millions au titre d’abandons de créances sur les opérations de l’Atrium et du centre administratif départemental. 
   Depuis 2002, le Conseil général a déjà injecté 6 millions d’euros dans cette société. 
Il y a une vingtaine d’années, lorsque le Conseil général était constitué d’une majorité d’élus de droite, ce sont eux qui votaient des subventions à la SODEM, et la bonne utilisation de cet argent public avait d’ailleurs été contestée en justice. 
   Aujourd’hui, P. SUEDILE, CAYOL ou NADEAU croient avoir le beau rôle et jouent aux défenseurs des opérateurs publics à l’opposé de financement venant de capitaux privés. Mais de réels défenseurs de l’argent public commenceraient par rendre publics et transparents pour tous les comptes de cet organisme dont le capital est réparti entre le Conseil général et le Conseil régional qui financent à raison de 37% du capital chacun, la Caisse des dépôts et consignations (Institution financière publique) finance plus de 18%, le reste soit 1,26% venant des communes. 
   Ces gens-là sont des simples gestionnaires de fonds publics, certes, mais ils ne sont sûrement pas des défenseurs des intérêts du public et particulièrement de ceux des masses populaires. Ce n’est que si la population exige des comptes sur l’utilisation des fonds publics qu’elle pourra en savoir plus sur les choix des élus et sur ceux qui en profitent.

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