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2021 : La Martinique devra changer radicalement de personnel politique

2021 : La Martinique devra changer radicalement de personnel politique

D’aucuns diront qu’il s’agit d’une perspective assez lointaine.

   Et ils auront un peu raison car en trois ans beaucoup d’événements imprévus auront le temps de se produire dont nous n’avons aucune idée aujourd’hui.  Qui, par exemple, aurait pu prévoir deux ans, voire même un an auparavant, l’alliance entre ce qui n’était pas encore le GRAN SANBLE et ce qui n’était pas encore non plus BA PEYI-A AN CHANS ? 

Ah si quand même, « le grand quimboiseur de nos peurs ancestrales », comme l’avait écrit S. SOUFFLEUR dans LE PROGRESSISTE en parlant de Serge LETCHIMY. Ce dernier, en effet, bien avant les élections de décembre 2015, avait dénoncé, dans un discours prononcé à St-Luce ce qu’il avait appelé « l’alliance du bakwa » (MARIE-JEANNE et MONPLAISIR). Le problème c’est que cette préscience ne lui avait servi strictement à rien.

   Mais trois ans, c’est court également. Très court. C’est presque demain matin.

   Les Martiniquais reconduiront-ils le même personnel politique aux prochaines élections de la CTM ? Tous ces septuagénaires, sexagénaires et ces faux jeunes de quinquagénaires qui occupent, qui squattent littéralement notre scène politique depuis au moins trois décennies ? Non seulement les mêmes têtes, mais les mêmes discours et surtout les mêmes absences d’idées novatrices c’est-à-dire capables de changer le cours de ce long fleuve embourbé qu’est la vie martiniquaise. Allons-nous redonner un blanc-seing à ces personnes et à leurs partis sclérosés, ossifiés, qui ne sont, en réalité, que des machines à obtenir des postes gratifiants de maires, conseillers territoriaux, députés et sénateurs. Des instruments de népotisme et de clientélisme effréné aussi.

   N’est-il pas tant de donner un coup de balai dans cette fourmilière ?

   Ne nous faudrait-il pas mettre aux commandes des femmes et des hommes neufs et surtout porteurs d’idées novatrices, quel que soit leur âge, leur classe sociale ou leur groupe ethnique ? Ces personnes, si elles existent, disposent de trois ans pour se faire connaître et pour expliciter les changements radicaux qu’ils et elles veulent apporter dans notre petit pays. Et le premier de ces changements radicaux est de penser notre sortie de l’économie de comptoir qui nous gangrène et bloque toute velléité de développement endogène. Cependant qui dit sortie de cet engrenage, dit dans le même élan tenir un discours de vérité aux Martiniquais : ce changement aura un coût. Inutile de mentir comme nos vieux politiciens et syndicalistes en racontant la même rengaine du « tous les avantages acquis seront conservés ». Ce n’est pas vrai ! C’est même impossible en cas de rupture (forcément progressive) avec l’économie de comptoir.  Les Martiniquais devront faire des sacrifices et pour ne prendre qu’un exemple trivial, il ne sera plus possible que notre île ait plus de voitures par tête d’habitant que l’Hexagone.

   Economie de comptoir couplée, chose inédite, à une économie du gaspillage également. Ces millions d’euros dépensés en carburant par les 80.000 véhicules qui empruntent nos dix kilomètres d’ « autoroute » chaque jour. Ces millions d’euros de subventions franco-européennes distribuées à quasiment une seule production agricole, la banane, alors que tous nos politiciens n’ont qu’un mot à la bouche, celui de « diversification ». Ce sursalaire de 40% qui crée une sorte de bulle financière artificielle dont les premiers bénéficiaires sont les importateurs békés et leurs supermarchés, concessions automobiles et autres magasins de bricolage ou de sport nautique. On peut multiplier les exemples de gaspillage et d’incohérences. Ils sont à tous les niveaux de la société martiniquaise.

   Il nous faut de toute urgence (en 2021) un renouvellement radical de notre classe politique avec des hommes et des femmes déterminés (es) à briser le cercle de la dépendance, le cercle mortifère de la dépendance. Sinon, aucune perspective pour nos 40.000 chômeurs. Aucun espoir pour nos petits et moyens agriculteurs aux abois. Aucune lueur à l’horizon pour nos jeunes entrepreneurs audacieux qui ne trouveront jamais d’appui dans l’actuelle classe entrepreneuriale entière compradore et prédatrice. Aucune ouverture sur le monde, et d’abord notre monde caribéen et américain, en vue de commencer à créer des passerelles autres que simplement culturelles.

   Aux élections territoriales de 2021, les Martiniquais auront une dernière chance, une ultime possibilité de sauver le peu qui est encore sauvable et surtout d’enclencher un processus politique visant à changer de cap de manière autre que cosmétique. Sauront-ils faire ce choix ?...

 

Commentaires

annick | 19/11/2017 - 21:12 :
Quatre années nous séparent de la nouvelle élection, pas 3. Le renouvellement aura lieu en fin 2021, comme celui des régions de métropole !

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