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2021 : quand la Martinique touchera le fond...

2021 : quand la Martinique touchera le fond...

   Trois ans c'est long et en même temps c'est court.

   Tout dépend du point de vue auquel on se place. Pour un homme ou une femme, c'est long, très long même alors que pour un pays ou plus exactement dans l'histoire d'un pays, c'est court, voire même bref.

   Pour les politiciens martiniquais, de tous bords, qui piaffent d'impatience à l'idée de devenir président de l'exécutif de la Collectivité de Martinique (CTM) ou, à tout le moins, de son assemblée, 2021 se faisant trop attendre, ils ferraillent  ouvertement ou dans l'ombre, pour faire dérailler le train du CHABEN président. Ou carrément le "dérayé" au sens créole de ce terme.

   Que l'opposition à celui-ci s'y emploie, activement même, rien que de très normal. Nous sommes en démocratie (quand bien même coloniale) et les diverses élections permettent aux différents partis de ravir tel poste ou de siéger dans telle ou telle assemblée ou structure. Il faut ne jamais cesser de le répéter : l'opposition a le droit de chercher à mettre les bâtons dans les roues de la majorité. A cette dernière de se débrouiller pour casser les bâtons en question !

   Cela s'appelle "le jeu démocratique". Ledit jeu s'apparente certes à un "konbak kok" ou à un "goumen ladja", mais il vaut mille fois mieux qu'une dictature à parti unique.  Il est moins pire en tout cas (puisque de toute façon, il n'y a pas de système politique parfait).

   Par contre, est-il bien normal qu'au sein d'une majorité, des gens s'activent également pour affaiblir, fissurer, disloquer ladite majorité ?

   Bien évidemment NON !

   Sauf dans un cas. Un seul : si ces "zitata" (frondeurs) sont porteurs d'un projet alternatif, d'une autre vision politique, d'un programme pouvant permettre de redresser le pays. Là, OUI, trois fois OUI, ils et elles ont le droit, voire l'obligation morale, de chercher à "déchouké" ceux qui mènent la majorité à laquelle ils/elles (les frondeurs) appartiennent.

   La seule et unique question qui vaille donc dans le cafouillage politique que vit ces jours-ci la Martinique est la suivante (tout le reste n'étant que du bla-bla journalistique) : ceux qui, dans la majorité actuelle, s'activent "anbafey" contre CHABEN ont-ils un projet, un programme, des idées neuves permettant de faire la Martinique prendre un nouveau cap (car l'île au fleurs a perdu le...nord depuis "nanni-nannan") ?

   La réponse, hélas, à cette question est sans contestation possible : "NON".

   Ont-ils/elles réfléchi de manière détaillée à la sortie de notre pays de l'économie de comptoir qui empêche tout réel développement ? NON ! Ont-ils prévu des mesures concrètes pour lutter, puis éliminer, l'effroyable gaspillage dans tous les domaines qui affecte notre société ? NON ! Ont-ils réfléchi à un réaménagement à la fois administratif et économique de notre territoire au-delà de l'habituel pleurnicherie du "Nord délaissé" ? NON ! Se sont-ils penchés sur la notion de partage du travail qui est la seule et unique solution qui pourrait permettre de diminuer (d'au moins un tiers) le nombre de chômeurs (plus de 40.000) ? NON ! Qu'ont-ils prévu pour la reconquête des terres agricoles abusivement déclassées par les maires depuis plus de trois décennies ? RIEN ! Qu'envisagent-ils pour l'instauration d'un réel bilinguisme français/créole et pour empêcher la lente dégradation de l'idiome forgé dans la douleur de l'esclavage par nos ancêtres ? RIEN ! Se sont-ils préoccupés du fait que s'agissant de la coopération avec la Caraïbe, il faudra absolument sortir du seul sportif, culturel et social/humanitaire ? NON ! etc...etc...

   Car, enfin, s'ils/elles ont un projet ou programme quelconque, où peut-on le trouver ? Dans quel document écrit ? Sur quel site Internet ?

   On le voit : ces zitata/frondeurs n'ont qu'un seul et unique programme : se faire élire ou réélire pour pouvoir continuer à parader et à mener la belle vie. Ils vont faire semblant de tenir un discours "autonomiste", "nationaliste", "indépendantiste" ou "souverainiste" pour flatter le nationalisme de pacotille des Martiniquais tout en faisant de grands sourires et de jolies courbettes au Papa Blanc. Ou, de temps à autre, feront semblant de jouer les grandes gueules à l'Assemblée nationale ou au Sénat tout en sachant bien que ledit Papa Blanc sait fort bien qu'il s'agit d'esbroufe, de cinéma, en direction de l'électorat "ultramarin".

   Le peuple martiniquais (pour peu qu'il existe) n'aura qu'à s'en prendre qu'à lui-même si, en 2021, il permet à des "doucineurs" fainéants et incultes et à des conasses à cervelle de merle de diriger notre pays...

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