Accueil

5 questions - 5 réponses à Marie-France TOUL

MONTRAY KREYOL : Vous êtes candidate au nom du RDM sur la circonscription de Fort-de-France, pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre engagement dans la bataille des législatives ?

 

MARIE-FRANCE TOUL : Il s'agit d'un prolongement de mon engagement politique qui a commencé il y a plus d'une vingtaine d'années. D'abord au sein du parti d'Aimé Césaire, puis après des désaccords avec les nouveaux dirigeants, j'ai milité au RDM que j'ai contribué à créer avec Claude Lise et un certain nombre de camarades. Je suis Foyalaise de Tivoli-Rodate et j'ai toujours été très impliquée dans la vie de mon quartier tant au niveau associatif que sportif. En 2014, j'ai été élue sur une liste d'union conseillère municipale d'opposition à Fort de France et en 2016, 2ème vice présidente de l'Assemblée de Martinique sur la liste du Gran Sanblé. Pour ces élections législatives le RDM a considéré qu'il devait être représenté en tant que tel. Et après un débat interne où les différentes positions ont pu s'exprimer,  j'ai été investie par le bureau politique. Il était important pour moi comme pour mon parti d'être présents aux élections législatives pour diversifier et élargir l'offre politique.  Chaque parti politique,  même au sein d'une alliance garde et doit garder son identité.

 

MONTRAY KREYOL : Quelles sont les grandes lignes du programme que vous comptez défendre si vous êtes élue à l'Assemblée nationale ?

MARIE-FRANCE TOUL : Ma priorité sera de demander au Gouvernement l'élaboration d'une loi de programmation spécifique pour chacun des Outre-Mer, en concertation avec toutes les forces vives des différents territoires.

Au niveau de la démocratie, valeur à laquelle le RDM est particulièrement attaché, une modification de la loi de juillet 2011 créant la Collectivité Territoriale Martinique sera nécessaire afin de diminuer la prime de 11 sièges à la liste arrivée en tête de sorte que l'opposition soit mieux représentée, et également assurer un meilleur fonctionnement entre l'Exécutif et l'Assemblée.

Mon programme comprend aussi des mesures pour plus de SOLIDARITE : Envers nos collectivités avec une revalorisation des dotations de l'Etat; envers nos jeunes avec une extension de l'expérimentation de la "garantie jeune";  Envers nos aînés avec une revalorisation des pensions et des compléments de retraites qui tiennent compte du coûte de la vie en Martinique et la possibilité d'accéder plus facilement aux dispositifs de rénovation de l'habitat; Envers les propriétaires en limitant l'indivision dans le temps;  Envers les chômeurs en faisant en sorte que les zones franches créent vraiment de l'emploi en particulier pour les jeunes, Envers les entreprises pour mieux accompagner les PME, les PMI, et les artisans.

Plus d'EGALITE :  Pour nos élèves en plaçant toute la Martinique en zone d'éducation prioritaire car l'avenir de nos enfants c'est l'école, le savoir; Pour nos étudiants, en permettant que toutes les filières puissent bénéficier des mêmes avantages en matière de mobilité territoriale; Pour nos malades en aidant au rétablissement des situations financières des hôpitaux afin de garantir une meilleure offre de soins et de prise en charge de tous les malades; Pour l'ensemble des Martiniquais en accompagnant les collectivités dans le domaine de l'eau et de l'assainissement pour réduire le prix de l'eau et préserver notre diversité.

Plus d'INNOVATION : En donnant de meilleures conditions de travail à nos chercheurs, notamment à ceux qui travaillent dans les domaines impactant directement notre environnement et le développement de la Martinique.

Poursuivre la COOPERATION : Avec plus d'intégration dans notre environnement régional en favorisant les échanges sportifs, culturels, économiques et avec les universités de notre zone géographique.

Réaffirmer l'importance de la CULTURE : fondée sur  la double nécessité d'une ouverture au monde et d'un ancrage dans les réalités culturelles martiniquaise et caribéennes, ainsi que sur la préservation de notre identité et notre patrimoine. 

MONTRAY KREYOL : Comment évaluez-vous le bilan du député sortant de la circonscription de Fort-de-France ?

MARIE-FRANCE TOUL : La population Foyalaise saura évaluer son bilan le 10 juin et le sanctionner pour avoir ses engagements vis-à-vis de Fort de France. De manière globale, je considère que le député sortant de la circonscription de Fort de France a trahi les Foyalaises et Foyalais. Il a soutenu et en voté toutes les lois présentées tant par le gouvernement de Sarkozy que par celui de Hollande (comment le positionner alors sur l’échiquier politique)  y compris les plus scélérates comme la loi EL KHOMRI qui met à mal les travailleurs et ce malgré la forte mobilisation des syndicats contre cette loi. Il est resté sourd à leurs craintes, sourd à leurs mises en garde.    Il a été aussi de ceux qui ont soutenu l’action du gouvernement dans sa politique de diminution de dotations aux collectivités.  A aucun moment il ne s’est fait l’avocat de Fort de France alors qu’il a été maire de la ville et qu’il avait promis en vainc d’y  réaliser 21 grands chantiers ! Compte tenu de notre situation sociale et économique tendues, des problématiques environnementaux et des difficultés au niveau culturel,  la Martinique ne devrait pas participer au remboursement de la dette de la France. Il ne s’agit pas de faire une politique de la main tendue mais de rétablir un juste équilibre ! Nous savons tous que l’Etat ne cesse de transférer moult compétences sans moyens financiers.

Sur un autre point, je rappelle également que concernant la loi de juillet 2011 créant la Collectivité Territoriale de Martinique le député sortant s’est battu pour que soit accordée à la liste arrivée en tête de l’élection la prime de 11 sièges. Le RDM par la voix de Claude LISE sénateur n’a cessé de dénoncer l’effet anti démocratique de cette prime qui atrophie l’opposition ! Tous les partis qui composent la majorité de la CTM avaient le même discours.

Ses propres amis qui siègent à l’Assemblée devraient s’en souvenir !

Et que dire de son attitude dans l’affaire du CEREGMIA ! Le député sortant n’a jamais pris le parti des étudiants, de notre jeunesse lésée dans cette affaire, même si la Justice doit être indépendante. Et les propos ignobles, indignes, méprisants de ses amis envers Madame MENCE CASTER, l’ancienne Présidente de l’UAG !

Pour ma part le député sortant de la circonscription de Fort de France a été un député au service de la majorité parlementaire, un député « béni oui oui » qui s’est révélé être plus un porte parole de l’Etat, un député au service de son parti et non au service des Foyalais.

Le 10 juin il faut que Fort de France ait un vrai renouveau !

MONTRAY KREYOL : Votre parti, le RDM, est membre du "Gran Sanblé", or Francis Carole du PALIMA semblait être le candidat naturel de cette mouvance, pourquoi n'êtes-vous pas parvenus à présenter une candidature unique ? Pourquoi également des membres du RDM sont-ils venus porter leur soutient à F. Carole lors d'un meeting de ce dernier il y a une semaine ?

MARIE-FRANCE TOUL : Comme je vous le disais plus haut, le RDM a une identité propre qu'il entendait défendre à l'occasion de ces élections. En effet, nous sommes partenaires avec les organisations patriotes depuis l'époque du RMC (Rassemblement Martiniquais pour le Changement) et singulièrement depuis la bataille pour l'article 74. S'agissant de Fort de France, nous avons toujours fait campagne loyalement derrière Francis Carole pour les Municipales, les élections à la CTM et même lors des dernières législatives de 2012. Le RDM a toujours, avec d'autres organisations (MIM, PCM etc...), contribué aux résultats obtenus par Francis.

Pour autant, le RDM serait-il condamné à ne jamais présenter de candidats à Fort de France alors que nous y sommes implantés? Je rappelle que Claude Lise a été le seul conseiller général de l’Alliance à Fort de France à conserver son canton jusqu’à la création de la CTM. Et ce malgré les attaques virulentes du PPM.

Comme je le répète, il ne s'agit pas d'une candidature contre le PALIMA, mais d'une candidature pour présenter un programme, une autre idée de la politique et un renouvellement avec une femme et un jeune suppléant de 29 ans. 

Oui, certains camarades du RDM ont apporté leur soutien à Francis Carole, mais je vous ai dit qu'un débat avait eu lieu au sein de notre parti et qu'à cette occasion certains ont exprimé leur souhait de soutenir, dès le premier tour,  le candidat du PALIMA. Mais, à l'issue des discussions un vote en faveur de ma candidature l'a emporté. Tout a été parfaitement transparent et démocratique. Depuis, je fais campagne avec les autres camarades de Fort de France et je peux vous dire que beaucoup d'autres personnes, des jeunes notamment,  viennent nous rejoindre.

MONTRAY KREYOL : Au cas où vous ne seriez pas au second tour de l'élection, avez-vous prévu d'appeler à voter pour l'un ou l'autre des candidats en lice ? 

MARIE-FRANCE TOUL : Le PALIMA est un partenaire et un allié à la CTM. A ce titre nous préconisons un code de bonne conduite durant la campagne et un soutien clair au candidat du Gran Sanblé qui arrivera en tête. Evidemment nous croyons que ce sera réciproque. Nous travaillons bien sûr pour être  au second tour mais surtout pour que Fort de France ait une nouvelle députée le 10 juin !

Pages