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Aix : la haute technologie vient à bout de l'endométriose

Aix : la haute technologie vient à bout de l'endométriose

Cette maladie qui touche 10 à 15 % des femmes, se caractérise par le développement de l’endomètre en dehors de l’utérus. Cela peut entraîner le développement de nodules ou de kystes au niveau des ovaires mais plus grave au niveau du rectum, vagin ou de la vessie, avec pour conséquences des douleurs pelviennes intenses ou encore des douleurs vives pendant les règles ou les rapports sexuels. De nouveaux matériels, comme le Plasmajet (c’est un outil de dissection nouvelle génération) utilisés à la polyclinique du Parc Rambot, à Aix, permettent une chirurgie de haute précision, d’éradiquer les lésions tout en protégeant les tissus sains et limitent les risques d’infertilité. Et les femmes retrouvent un confort de vie.

Plutôt tabou jusqu'ici, l'endométriose, une maladie gynécologique chronique qui se révèle souvent par des douleurs intenses du ventre ou du bas-ventre au moment des règles, fait parler d'elle ces dernières semaines. En février, l'actrice Julie Gayet et la chanteuse Imany s'associaient pour lever le voile sur cette maladie qui touche 3 à 6 millions de femmes, en prêtant leur image à la campagne de sensibilisation lancée par la gynécologue Chrysoula Zacharopoulou, en partenariat avec le magazine "Elle". Début avril, Laëtitia Milot, la comédienne de Plus belle la vie, a publié un livre C'est pour quand le bébé ? (éd. Michel Lafon) où elle raconte sans fausse pudeur son combat contre l'endométriose.

Sur le terrain, les équipes chirurgicales disposent de nouveaux matériels pour mieux prendre en charge les patientes et les traiter. C'est le cas du pôle de chirurgie gynécologique de la polyclinique constitué des docteurs Pascal Mourtialon, François Guillibert et Olivier Marpeau, qui bénéficie du PlasmaJet, un nouveau matériel de dissection qui permet une chirurgie de haute précision.

Au fait, c'est quoi l'endométriose ? L'endomètre est la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus. "Il s'agit d'une "petite dentelle qui accueille l'oeuf fécondé, explique Pascal Mourtialon, chirurgien gynécologue à la polyclinique du parc Rambot. À la fin du cycle menstruel, s'il n'y a pas fécondation, une partie de l'endomètre qui se renouvelle constamment, est évacuée avec les menstruations. L'endométriose se caractérise, par la formation, en dehors de l'utérus, de tissus semblable à la muqueuse utérine."

Et d'ajouter :"Cela peut entraîner le développement de nodules ou de kystes au niveau des ovaires mais aussi, plus grave, au niveau du rectum, de la vessie et du vagin. Plus problématique, on trouve également quelques cas de localisation extra-abdominale."

Quels sont les symptômes ? "Cela peut entraîner des douleurs importantes lors des règles (dysménorrhées) ou des relations sexuelles (dyspareunies), devenant parfois permanentes avec un retentissement important sur le plan physique et psychique, la vie de femme et le couple."

"La douleur pendant les règles est un signe d'appel, poursuit le praticien. Les progrès dans le diagnostic et la prise en charge ont permis de détecter plus tôt cette maladie encore mal connue il y a quelques années, qui peut entraîner des risques d'infertilité, si elle n'est pas traitée. On commence par une échographie pour établir le diagnostic. On peut mettre en place une contraception pour vérifier si la douleur disparaît ou est plus soutenable. L'IRM viendra affiner ou confirmer le diagnostic si nécessaire. En dernier recours, la coelioscopie sous anesthésie générale." Quand le traitement médicamenteux (antalgique, contraceptif oral, ménopause artificielle...) n'est pas suffisant, la chirurgie peut être bénéfique. "On enlève les tissus extérieurs, souligne le docteur Mourtialon, on détruit la lésion sans détruire le tissu sain. L'opération dure d'une demi-heure à plus de 3 h en cas d'endométriose pelvienne profonde. Cela peut être très simple comme très compliqué" mais en tout cas avec des résultats concrets et un soulagement certain.


Quand le quotidien peut devenir un enfer

La chirurgie ne règle pas tout mais peut fortement améliorer le confort de vie. "Jusqu'à présent, pour beaucoup de femmes, il était communément admis d'avoir mal pendant les règles, souligne le docteur Pascal Mourtialon. Or, on s'est aperçu que c'était anormal et que, derrière ces douleurs, se cachait une endométriose. Cette maladie mal évaluée apparaît entre 20 et 50 ans et touche 10 à 20 % des femmes en âge de procréer. Elle peut provoquer un risque d'infertilité. Vous savez, les femmes qui souffrent d'endométriose connaissent une altération de leur qualité de vie, avec notamment des difficultés au travail (en raison d'un absentéisme parfois important), des perturbations dans la vie de couple ou de famille."

Bref, quand les douleurs sont intenses et à répétition, le quotidien peut devenir un enfer. D'où l'importance de diagnostiquer au plus tôt la pathologie. "Plus l'endométriose est détectée tôt, comme à l'adolescence, mieux on pourra gérer la maladie", constate le chirurgien gynécologue. Aujourd'hui, quand une adolescente se plaint de règles douloureuses, on n'aura plus tendance à attribuer ces symptômes à un "déséquilibre hormonal qui va passer". Parfois, partager son expérience et évoquer sa maladie avec d'autres personnes qui en souffrent, peut être une aide ou un soutien. Depuis sa création en 2001, l'association EndoFrance milite pour "faire sortir la maladie de l'ombre". C'est désormais chose faite : les médias parlent de plus en plus de l'endométriose. Des personnalités comme Laëtitia Milot, la marraine, évoquent publiquement leur maladie ; les congrès médicaux dédiés se font plus nombreux.

http://www.endofrance.org


Une chirurgie de haute précision pour préserver les tissus sains

Des gestes précis, savamment dosés, sans cesse vérifiés sur l'écran de contrôle, le docteur Pascal Mourtialon est à l'oeuvre. Comme un orfèvre taille un diamant au centième de millimètre près, avec ces drôles de spatules reliées à des machines high tech, le chirurgien gynécologue de la polyclinique du Parc Rambot écarte tissu après tissu pour brûler la lésion, sans toucher la partie saine. La technologie PlasmaJet, couplée au geste précis du chirurgien gynécologue, a "révolutionné" la prise en charge et le traitement de l'endométriose. En effet, cette technique issue de la technologie spatiale représente la première avancée majeure dans le traitement de l'endométriose chirurgicale au cours de cette dernière décennie. Dans le geste chirurgical, ce nouvel outil offre une méthode de dissection et de coagulation utilisant le gaz Argon (PlasmaJet)...

Depuis son arrivée sur le marché, cet appareil électrochirurgical offre une meilleure façon d'intervenir sur le tissu dans et autour des ovaires. Alors comment ça marche ? PlasmaJet est un système à énergie avancée pour les procédures chirurgicales ouvertes et laparoscopiques. Conçu pour la coupe avec précision, la coagulation et l'ablation soignée du tissu, cette technique offre aux chirurgiens une solution réelle pour traiter les structures, spécialement quand la préservation des tissus et la réduction de la propagation thermique sont recommandées pour le patient.

Cette toute nouvelle technologie de chirurgie au plasma utilise un plasma de gaz pur comme source d'énergie électriquement neutre pour couper et coaguler les tissus, tout en minimisant les effets délétères sur les tissus adjacents. La puissance de coupe est inégalée par les autres instruments de chirurgie électriques actuellement disponibles. Le système PlasmaJet peut même couper et coaguler de l'os. La faible profondeur de pénétration de l'énergie dans les tissus est tout aussi impressionnante. Avec une profondeur de nécrose inférieure à 0,5 mm et jamais plus de 2 mm, le PlasmaJet peut être utilisé pour enlever des nodules sur des structures aussi délicates que les intestins, le diaphragme, les trompes ou les ovaires. 

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