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A propos du livre : « Le Talisman de la Présidente »

Alablanni oben Anbafèy ?

Hector POULLET
Alablanni oben Anbafèy ?

(Lettre à Loyiz, Toni, Ena… ainsi qu’à leurs ami(e) s et collègues professeur(e)s de Culture et Langue créoles.)

Mes  cher (e) s  ami(e)s,

Je vous dis “ami(e)s, a priori, car,  bien que je ne connaisse que très peu d’entre vous je pense que vous n’enseignez pas la Culture et la Langue de nos pays par hasard.

Vous avez certes maintenant le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement dans le Secondaire pour ces disciplines avec, apparemment aujourd’hui, la bénédiction de l’Education Nationale, cependant vous n’ignorez pas que cette magnanimité de l’Administration n’est ni gratuite, ni spontanée.

Aussi, vous ne pouvez être, pour moi, que des ami(e) s comme pour celles et ceux qui, avant  vous, ont mis toute leur énergie à ouvrir la voie qui vous reste à défricher de nos jours, quel que soit le cadre rigide dans lequel on tente de vous enfermer avec des objectifs, des programmes, une méthodologie pédagogique… 

Des esprits chagrins ont voulu voir dans l’enseignement du créole à l’école une manifestation d’un certain « nationalisme », une victoire des « indépendantistes ».

Or il ne s’agit pas de cela, vous le savez, ce serait une trace, une piste bien trop étriquée pour le but que nous poursuivions, que vous poursuivez.

Ce que vous voulez c’est ouvrir une avenue à nos cultures afin de l’offrir au reste du tout monde, comme nous bénéficions de celles des autres  pour une véritable fraternité humaine.

Gérard Lauriette disait déjà, qu’il fallait nous sortir des siècles de« peurs ataviques » que la société de l’Habitation puis de la Plantation a inscrit dans notre inconscient collectif, presque dans nos gènes.

Il ne s’agit donc pas seulement de l’enseignement de la graphie du créole, du vocabulaire, du lexique, de la syntaxe, de la rhétorique de nos langues, mais de bien plus. L’enjeu est ailleurs.

Il ne s’agit pas non plus, seulement, de bien connaitre nos légendes, nos contes, nos mythes, nos proverbes, notre oraliture, ou même nos « mès é labitid ». L’enjeu est ailleurs.

Il s’agit de bien identifier les bonnes et les mauvaises énergies  laissées par notre histoire personnelle et de nous débarrasser des scories de notre Histoire si particulière.

Il s’agit de retenir des paroles de sagesse :« Tout moun sé moun, p’on moun pa plis moun pasé ponmoun ».

Mais également de « Baton-la ou tini an men a-w la, sé limenm i pou rédé-w monté mòn, é, si i rivé bat chyen nwè-la i pé bat chyen blan-la ».

Que « Ayen san penn sé zyé ki lach » et aussi « koulèv antòch pa ka janmé gra ».

En revanche il n’est pas obligatoire de « bésé zyé a-w  douvan p’on moun lè ou sèten ou anrézon gadé moun an mitan zyé ».

Qu’il n’est pas juste de penser que « La poul ka graté, sé la i pou manjé » ni que «Zafè kabrit pa zafè mouton », « Chak bougo ka halé zékal a-y » ou encore « Lè bab a zanmi a-w ka brilé, mété ta-w alabri ».

ET plus que tout autre chose ne pas penser que « Chokola an fanmi pa ni kras » quand il ne s’agit justement pas de famille mais de la chose publique, c’est-à-dire qui concerne tout le monde.

Oui chers amis,

Il s’agit de bien connaître notre culture pour comprendre que l’Anbafèy est le côté sombre de celle-ci et que alablanni (M) oblanchi (G) en est le côté lumière. Que le « compère-lapinisme » a partie liée avec le « tonton-makoutisme ».Qu’il n’y pas de corrompu sans corrupteur et que le corrupteur sait très bien que « le poisson pourrit d’abord par la tête » que la tête c’est justement l’Université.

Que la lumière, la transparence, dans les affaires publiques est notre seule possibilité de victoire,  si nous sommes certains de la justesse de notre combat et que la Liberté ne va jamais sans la Vérité.

Or tout ce que je suis en train de vous dire de manière un peu péremptoire, Corine Mancé-Caster le dit de façon plus vivante dans son dernier livre « Le Talisman de la Présidente ». Je dis « vivante » car c’est à croire qu’elle parle de choses vécues, tellement son histoire ressemble à une histoire dont tout un chacun a eu des échos.

Elle nous en apprend de belles :

Comment par exemple qu’ un grand ministre de la République de l’Autre-bord se permet de dire à une petite Présidente d’une petite Université de notre bord qui refuse de « démissionner » un vice-président élu, «… le droit, vous vous asseyez dessus, sinon… » et la petite Présidente de lui répondre : « Non ! Jamais ! ».

Elle le raconte comme une histoire vécue de l’intérieur, mais avec distance, avec les doutes, les certitudes, les encouragements, les soutiens et les trahisons que nous rencontrons habituellement dans « la mer des histoires », «  les contes des mille et une nuits » ainsi que dans les romans à dormir debout : Il était une fois une université franco-antillaise…

Je ne vous en dis pas plus, lisez ce livre, et comme moi découvrez pourquoi et comment CMC nous fait mieux comprendre notre mission auprès de la jeunesse de nos pays, jeunesse que nous avons en charge de formation.

Lisez ce livre et comme moi découvrez, à la fin seulement, quel est ce « talisman » de la Présidente, puisque ce ne peut être le dénommé « Talisman » lui-même.

Une fois que vous aurez pris le livre en main, vous ne le lâcherez plus. Quand vous l’aurez lu, faites-moi l’honneur d’une réponse si le cœur vous en dit et je saurai, quel que soit votre point de vue, que nous sommes amis.  A bientôt.

PS : Excusez-moi, maintenant il me faut faire un « mea culpa » auprès de Rodrigue, un ami qui joue un certain rôle dans l’histoire : Le Talisman de la Présidente.

Amicalement.

 Hector.   

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