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Algérie : ce n'est pas une question d'âge...

Algérie : ce n'est pas une question d'âge...

   Le président de la Tunisie, Béji Caïd ESEBSI, est âgé de...92 ans. Celui de l'Algérie voisine, Abdelaziz BOUTEFLIKA n'en a que 81 ans. Presqu'une décennie de plus ! D'où l'on comprend que le refus d'un 5è mandat au profit de ce dernier par une très large fraction du peuple algérien n'est pas une question d'âge. Pas seulement en tout cas.

    Car si c'était l'âge qui faisait les bons dirigeants, cela se saurait. Les trentenaires Kim Jong Un  (Corée du Nord) et Prince SALMAN (Arabie saoudite) ainsi que le tout jeune quadragénaire MACRON en sont la preuve. Si donc le cas BOUTEFLIKA n'est pas lié à sa date de naissance, quel est le problème ? Il y en a au moins deux :
 
      . l'état de santé du président algérien quasiment grabataire, au yeux hagards et incapable de prononcer une phrase un tant soit peu audible. Il suffit de regarder la photo illustrant le présent article pour s'en rendre compte et cela sur les dix dernières années. Ceux qui (militaires et affairistes) lui font jouer cette comédie macabre et n'hésitent pas à présenter une momie à la face du monde, sont des délinquants. Ils salissent l'honneur de l'Algérie.
 
      . l'absence de vraie démocratie dans un pays qui en fait vit sous une semi-dictature. C'est vrai qu'il y a de nombreux partis politiques, des journaux d'obédience différente et que l'Internet (jusqu'à ces derniers jours) n'est pas filtré, mais chacun sait que les élections, surtout les présidentielles, sont arrangées, pour ne pas dire truquées. D'où la réélection systématique d'Abdelaziz BOUTEFLIKA à chaque élection en dépit de son état de santé désastreux.
 
    Le peuple algérien vient donc de se soulever pour dire NON à un 5è mandat.
   Personne, aucun observateur, ne s'attendait (comme pour le mouvement français des Gilets Jaunes) à une mobilisation aussi massive, aussi déterminée et aussi pacifique tout à la fois. On croyait le peuple algérien cassé par un régime antidémocratique d'un côté et des islamistes, aussi peu démocratiques, de l'autre. Or, ce peuple vient d'entrouvrir une fenêtre. Une toute petite fenêtre. Cette jeunesse surtout qui compte pour plus de la moitié des 22 millions d'Algériens.
   La camarilla de généraux et d'affairistes, qui tiennent les rênes du pouvoir et sont incapables de développer autre chose que leur patrimoine personnel, oseront-ils faire tirer sur la foule ? S'ils choisissent la répression, ce qui n'est pas à écarter, ils mettront l'Algérie à feu et à sang, plongeant le pays, déjà durement frappé par la chute du prix des hydrocarbures, dans un désastre similaire à celui de la Lybie post-KHADAFI.
   L'Europe et surtout la France, toujours prête cette dernière à soutenir les dictateurs africains dès l'instant où ces derniers sont à sa botte, sauront-ils pour une fois faire entendre raison à la camarilla ? Ne vaut-il pas mieux pour elle d'imposer l'asile politique à ces quelques centaines d'individus au lieu de vivre sous la menace d'un mouvement migratoire fort de centaines de milliers d'Algériens ?
   Malheureusement, en politique, la Raison est rarement la chose la mieux partagée...

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