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ASSISES DE L'ENSEIGNEMENT A LA MARTINIQUE : UNE ENIEME DEMAGOGIE POLITICIENNE

  ASSISES DE L'ENSEIGNEMENT A LA MARTINIQUE : UNE ENIEME DEMAGOGIE POLITICIENNE

 L'approche des élections municipales fait tous les politiciens (-nes) sortir du bois.

  Ainsi, alors que la grève des écoles et lycées dure depuis près de deux mois à présent, certains sortent de leur chapeau un lapin (un compère Lapin plus exactement) : la mise en place des Assises de l'Enseignement de la Martinique. Oh quelle est belle, cette idée ! Brillantissime même. Or, tel n'est pas le sujet ! Le sujet est la réforme scélérate des retraites que cherche à mettre en place, voir à imposer le gouvernement français, réforme sévèrement condamnée et combattue à travers tout l'Hexagone depuis des mois.
 Si jamais cette réforme était votée, les enseignants âgés aujourd'hui de 30, 40, voire 50 ans même, verront leur future pension amputée d'au moins 400 si ce n'est 500 euros par mois. Alors, d'aucun pourront dire que ce sont des privilégiés qui disposent d'un emploi à vie et de la prime de 40%, or, non seulement ils ne sont pas les seuls à être en grève (celle des avocats, par exemple, est toute aussi dure), mais les vrais privilégiés, eux, les capitalistes, les bénéficiaires de cette économie de comptoir mortifère pour notre pays, voient leurs bénéfices et leurs dividendes croître jour après jour. 
 Evidemment qu'il faut réformer l'enseignement à la Martinique, mais ce problème ne date pas de la réforme des retraites que l'on sache ! Cela fait un demi-siècle que des enseignants courageux se battent pour contraindre les autorités de l'Education nationale à faire une place à l'enseignement de l'histoire de la Martinique et de la Caraïbe, à celui de notre environnement naturel, à celui de notre langue et notre culture créoles etc...Bref, à offrir aux élèves un enseignement qui ne soit pas un copier-coller de celui de l'Hexagone. Ce combat a eu des hauts et des bas, des victoires et des défaites, des avancées et des reculs. Le plus récent recul étant l'instauration de "l'anglais précoce" dans le primaire au détriment du créole.
 Or, force est de constater que la martinicanisation ou caribéanisation de notre enseignement n'a jamais été la préoccupation principale de nos politiciens de tous bords. Sans compter leur désintérêt (à l'inverse de leurs collègues guadeloupéens) pour les quelques 5.000 étudiants du campus de Schoelcher alors même que ce dernier est en passe de devenir une simple annexe de celui de Fouillole. Donc, quand certains viennent maintenant nous parler de la nécessité d'organiser les Assises de l'Enseignement à la Martinique, on est légitimement en droit de penser qu'il se foutent du monde d'autant que, répétons-le, ce n'est pas le sujet du jour...

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