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ATTENTE DU BATEAU AU LAMENTIN

                                                             Nous étions deux, je le maintiens

S. Mallarmé

 

les yeux de Lisa
Mon enfant au soleil méridien
Mon soleil au midi de l’enfance

Tous les mots s’écrivent dans ton regard
Je souscris à ton sourire pour te dire mille fois
Mots d’embrun et paroles d’emprunt

Tous les mots que j’invente et que j’invite
Au tempo de l’enfance, au tango de mes nuits
Au midi et au minuit de tes yeux

Tous les mots apaisés par ton cœur
Dévagabondés au toucher de tes lèvres

Mon enfant, mon amour méridien
Je retrouve les mots de mon enfance
Pour écrire le poème mille fois recommencé…

Michel Ducasse

(source Potomitan)

 

 

 

 

Tu livres à ma faucille la promesse d'épis lourds à venir. Mes mots ne sont que des vapeurs de terre. J'attends, inquiet des orages, d'égrener tes jours dans ma main, d'éprouver le poids de tes mots comme le paysan mesure la moisson, attentif, appliqué.

Tu ouvres ton âme aux vents amoureux, à tous les désordres connus et inconnus et ton corps en frissonne. C'est à lui de parler sans aucune conscience que sa propre vibration ; ondoiement souple au contact de la peau du temps, l'épure de ta vie ou d'un songe qui quitte l'ombre. Laisse-toi glisser dans les mains qui se tendent, ces mains de couleur, de sons et les mains sérieuses, les miennes qui filtrent ton eau nouvelle. Repose ta conscience des fautes à venir et des fautes passées. L'appel ignore ton passé et je ne vois de toi que ce que tu me donnes, tu ne seras rien d'autre que livrée.

J'attendrai de surprendre ton incrédulité au regard enfantin sur les chevaux de bois dont je tiens les étables; ces parfums épais des herbes après la pluie, je veux les respirer sur ton corps lassé et engourdi après sa lutte. Et surveiller ton visage résigné au sommeil, séparé de tout désir, paisible.

Seul un silence doit nous expliquer. Ne se distinguent pas par leur définition, comme l'ombre et la forme n'ont pas de consistance, la présence et l'absence. Elles se ressentent pour soi seul. Si l'on jette à la lumière l'une, disparaîtra l'ombre, l'absence, qui seule pousse à courir, à aimer cette course, à deviner la forme.

J'ai aimé ton ombre, je l'ai traquée, je la cacherai quand tu passeras au grand jour des midis implacables. Rester toujours une aube, hésitante à la nuit. Mes yeux s'habituent mal à la pleine lumière. Une aube frémissante et peuplée de mystères, d'yeux mi-clos.

J'attendrai demain l'étrave de ton paquebot démarré de la lointaine France creuser le tarmac rougi au Lamentin. J'attends chaque jour ton retour improbable parmi les hyménoptères empressés de l'aérogare.

 

Gilles Vignault, Robert Charlebois, Félix Leclerc

 

Thierry Caille

 

Photo du logo: un paisible troupeau de nuages.

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