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Au Brésil, les enfants sans père de la Seleção

Au Brésil, les enfants sans père de la Seleção

Sur les onze titulaires de l’équipe brésilienne, sept ont été élevés par leur mère seule. Un phénomène médiatisé par le Mondial 2018, et qui souligne encore davantage le rôle d’ascenseur social du « futebol ».

Lorsqu’il marque un but, Gabriel Jesus ne tombe pas à genoux sur la pelouse, levant les bras au ciel en hommage au dieu du ballon rond comme la plupart des footballeurs. L’attaquant de l’équipe du Brésil pose sa main sur son oreille en faisant mine de passer un coup de fil. Un « Alô, mãe ? » (« Allô ! Maman ? »), en mémoire aux appels mêlés de tendresse et de chagrin que le jeune homme avait coutume de passer à sa mère dont il fut éloigné dès l’adolescence, entraînement intensif oblige.

Des pères morts ou absents

Le latéral gauche de la Seleção Marcelo Vieira da Silva, lui, a l’habitude d’embrasser, à chaque fin de partie, son avant-bras sur lequel est tatoué « Pedro », le nom de son grand-père chéri, qui l’a élevé avec sa mère. « L’homme à qui je dois tout », confesse le joueur.

Plus réservé, Carlos Henrique Casemiro, milieu défensif, ne s’épanche guère sur le terrain, mais ses joies comme ses déceptions, il les partage avec sa maman. Une ancienne femme de ménage qui préparait à l’aube les repas que le joueur et ses frères mangeaient seuls en rentrant de l’école.

Où sont les pères, dans la Seleção ? Hormis l’omniprésent paternel de Neymar, à l’agilité fiscale aussi réputée que les dribbles de son fils, ils sont absents. Morts prématurément parfois, déserteurs souvent. Sur les onze titulaires de l’équipe, sept ont été élevés sans leur géniteur, souligne le quotidien Extra dans son édition du 22 juin, énumérant les mères célibataires des champions : Vera Lúcia de Jesus (Gabriel Jesus), Rosângela Fredda (Taison), Magda Casemiro (Casemiro), Delane Alves (Marcelo Vieira da Silva) Maria Miranda (Miranda), Erica Nascimento (Paulinho) et Maria de Lourdes Ramos (Cássio Ramos).

La « Seleção dos filhos sem pai » (« la Seleção des enfants sans père »), résume aussi l’édition brésilienne du site d’El País le 22 juin. « Une équipe qui reflète la réalité du Brésil », ajoute le journal, rappelant...