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Au revoir Man Tine

Mérine Céco

Désormais, les petits-fils d’Hassam, le héros de La Rue Cases-Nègres, ont mis leurs écouteurs et pianotent sur leur iPhone. Ils ont téléchargé des jeux où, d’un clic, ils remportent des victoires millénaires, sans souffrir ni courber l’échine. Alors ils regardent, narquois, l’instituteur et Mme Léonce, froissent le papier gris des Chiclets-boules de Mme Florentine, font un snapchat de la photo de Da Michèle avec son écharpe de laine sous les tropiques, et tweetent sur le pays d’enfance…

Ils ne voient pas la danse des souvenirs, la trace bleue de la fumée de la pipe de Man Tine, qui, assise sur son petit banc, attend inlassablement qu’un des arrière-petits-enfants de José qu’elle aima tant, se retourne pour lui dire simplement : «Merci» et «Au revoir». - M. C.

En douze nouvelles comme autant de madeleines, avec un sens aigu de l’observation, Mérine Céco retrouve la Martinique de son enfance, composant une mosaïque cohérente et saisissante, qui s’inscrit dans une Créolité en devenir.

Née en 1970 en Martinique, Mérine Céco a grandi dans une petite île de la Caraïbe francophone. Bilingue franco-créole, elle suit en parallèle des études de philosophie, de littérature et de sciences du langage. Très tôt, elle prend conscience de la complexité des identités postcoloniales et s’intéresse à l’inconscient collectif de son pays. La Mazurka perdue des femmes-couresse (Écriture, 2013), son premier roman, a reçu le prix Gilbert Gratiant.

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