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Bananes, ananas et mangues poussent dans les Laurentides

Geneviève Quessy
Bananes, ananas et mangues poussent dans les Laurentides

Des horticulteurs des Laurentides produisent des bananiers, manguiers, orangers et autres arbres fruitiers exotiques depuis 30 ans grâce à un système de chauffage des serres alimenté aux résidus de bois, qu’ils ont conçu eux-mêmes.

Dans les serres de Roger Provost et Jacqueline Hardy, à Arundel, dans les Laurentides, on retrouve des arbres chargés de bananes, de mangues, d’ananas et de papayes. Il y a aussi des figuiers, orangers, et pamplemoussiers, qui composent une petite forêt tropicale, odorante et colorée.

D’autres serres sont plus classiques: tomates, concombres, et des fleurs.

«On a fondé notre ferme en 1955, juste après notre mariage. Maintenant, ça fait 30 ans qu’on reproduit des arbres fruitiers et qu’on les vend aux particuliers et aux institutions, en collaboration avec notre fils Guy», explique Jacqueline Hardy. À sa connaissance, ils seraient les seuls au Québec à faire pousser des fruits tropicaux.

Cultiver des fruits exotiques au Québec est un défi, car chauffer les serres à l’année coûte très cher. Pour arriver à vendre leurs produits à un prix acceptable, Roger Provost et ses fils ont mis au point un système de chauffage qui permet de réduire les coûts de 66 %, comparativement à l’huile ou à l’électricité.

«Au début, on chauffait la fournaise avec des pitounes de bois de 4 pieds, qu’il fallait charger à bras, une corde tous les soirs», raconte M. Provost. «Puis on a créé un système de rail avec une vis sans fin qui alimente la fournaise en continu avec des résidus de bois.»

Eau chaude

Le système produit de l’eau chaude, laquelle circule dans des tuyaux, au sol, dans les serres.

Ainsi chauffées tout l’hiver, les serres offrent un environnement favorable pour permettre aux nombreuses plantes exotiques de prendre une bonne taille et de faire leurs fruits.

«En général, dès qu’il y a des fruits sur un arbre, quelqu’un l’achète. Sinon, on récolte les fruits et on les transforme», dit Mme Hardy, qui produit des confitures de figues, de mangues et de babacos.

Une petite forêt de babacos, un arbre fruitier de l’Équateur, leur permet de produire assez de fruits pour alimenter quelques marchés et restaurateurs. Une bière au babaco sera d’ailleurs lancée début juin par la Veillée, une microbrasserie de Sainte-Agathe.

«Depuis 30 ans, on a créé un marché pour le babaco au Québec», dit M. Provost.

Gardiennage de plantes

Les horticulteurs offrent également un service de location et de gardiennage pour les plantes.

Certains de leurs clients se font livrer bananiers et orangers au 5e étage, en plein centre-ville de Montréal. «On livre les plantes au printemps et on retourne les chercher à l’automne pour qu’ils passent l’hiver dans nos serres», explique M. Provost.

Si d’autres fournisseurs d’arbres fruitiers tropicaux réussissent à bouturer des agrumes, pas question pour eux de reproduire des bananiers.

«Ce qui prend un an à pousser en Floride prendrait des années ici, alors j’achète mes bananiers là-bas, ça revient moins cher que de les faire pousser ici», explique Danny Bonneau, propriétaire de Brugmansia Québec, producteur de plantes tropicales de la Montérégie

Post-scriptum: 
Geneviève Quessy / Agence QMI

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