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BEKES, FAITE VOTRE MEA CULPA AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD !

   BEKES, FAITE VOTRE MEA CULPA AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD !

   Faudra-t-il attendre qu'il y ait un mort ?

  Car c'est ce qui pend au nez de la caste békée chaque weekend lorsque des manifestants viennent bloquer l'entrée des supermarchés du Groupe Bernard HAYOT. Certes, ceux-ci ne sont au mieux qu'une cinquantaine, mais ils sont suffisamment nombreux pour capter l'attention des médias et surtout des réseaux sociaux. Des vidéos virales viennent alimenter le mouvement et donner l'impression d'une situation quasi-insurrectionnelle, ce qui n'est pas le cas puisque pendant qu'un, un seul, supermarché est contraint de ne pas ouvrir, tous les autres fonctionnent et sont bondés.
   Même si on a le droit d'être sceptique à l'égard de l'efficacité desdits blocages, force est de reconnaître qu'ils contribuent à briser le silence sur l'empoisonnement de notre pays par le chlordécone, d'une part et d'autre part, l'accaparement de l'économie par les Békés, véritables Martinikaners qui, au contraire de leurs cousins Afrikaners d'Afrique du Sud, ont l'inconscience de ne pas comprendre que la situation actuelle ne peut plus durer. Les simagrées auxquelles ils se sont livrés tout au long des deux dernières décennies ne suffisent plus à étouffer la contestation : musée d'art à l'Habitation CLEMENT ouvert aux artistes locaux, plantation du "Courbaril de la Réconciliation" avec Aimé CESAIRE et Camille DARSIERES, signature par 200 Békés d'une lettre ouverte reconnaissant l'esclavage comme étant un crime contre l'humanité, création de l'Association "TOUS CREOLES", aide financière à notre université etc...etc...
   NON, TOUT CELA NE SUFFIT PAS, MESSIEURS LES MARTINIKANERS !
   Si vous voulez la "RECONCLIATION", comme dans l'Afrique du Sud de Nelson MANDELA, il faut obligatoirement passer par l'étape "VERITE" comme cela s'est fait dans ce pays. Il n'y aura jamais de réconciliation sans vérité ! Il vous faudra, que vous le vouliez ou non, abandonner ce rêve absurde. Et cette "Etape VERITE" passe par la mise à plat et publique (toujours à l'image de l'exemple sud-africain) des turpitudes du passé tout comme du présent. Pourquoi détenez-vous encore l'essentiel des meilleures terres agricoles ? Pourquoi n'investissez-vous presque jamais dans le secteur productif mais dans l'importation massive (supermarchés, magasins de bricolage, concessions automobiles etc.), ce qui génère une économie de comptoir absolument mortifère pour notre pays ? Pourquoi les cadres de vos entreprises sont-ils rarement des Martiniquais ? Pourquoi préférez-vous vivre dans des enclaves ethniques ? Pourquoi surtout avez-vous continué à importer en quantités déraisonnables du chlordécone alors que ce produit fut interdit aux Etars-Unis dès 1979, pays où pourtant la molécule avait été synthétisée pour la première fois, mettant ainsi en danger la vie des quelques 8.000 ouvriers agricoles de la banane et même de l'ensemble de notre population puisque pendant plus de 30 ans, nous avons consommé une eau de robinet gorgée de chlordécone ? etc...etc...Mille questions auxquelles vous devrez répondre !
   Vos appels au respect des entreprises sont dérisoires.
  Car de quel respect parlez-vous, quand nous mourrons de toutes sortes de cancers générés par votre pesticide ? Quand 50% des moins de 30 ans sont au chômage et pour certains, sont contraints de se livrer à des trafics pour survivre ? Quand 3.000 jeunes Martiniquais, diplômés comme non diplômés, quittent définitivement la Martinique chaque année pour un exil définitif ? Quand la bétonisation et bitumisation irréversible de notre pays se poursuit à un rythme d'enfer, mettant en danger la sécurité alimentaire de nos enfants et petits-enfants ? Quand vous utilisez cyniquement les élus martiniquais de tous bords comme de vulgaires marionnettes qui vont régulièrement plaider votre cause à Bruxelles ? Est-ce cela le "respect" dont vous parlez ?
   Un samedi ou un dimanche qui viennent, il y aura forcément un blessé grave ou un mort à l'entrée de l'un ou l'autre de vos supermarchés.
   Et ce jour-là, la Martinique entière s'embrasera, cette Martinique qui pourtant ne participe pas aux blocages mais qui n'en pense pas moins. Car si on a le droit de diverger sur la méthode utilisée et douter de son efficacité, il n'y a aucune divergence SUR LE FOND : la toute-puissance békée doit cesser. Définitivement.
   Il est moins une, messieurs les Békés... 

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