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Vient de Paraitre

BELE LI SID

de Georges-Henri Leotin
BELE LI SID

Georges-Henri Léotin a choisi une musique délaissée, endémique puisqu’on la retrouve principalement aux Anses d’Arlet pour le cadre de son nouveau roman Bèlè li sid. Ce chant habituellement triste, raconte la vie tout simplement d’un personnage du début du siècle : Maria-Klara. Le dernier chapitre qui donne son titre au roman commence ainsi : « Bèlè lisid, chanté grav, chanté rèd épi dous ».

A travers cet hommage à la terre du sud où l’auteur puise ses racines, il veut nous rappeler sans doute combien cette terre est celle de la révolte avec l’insurrection du sud ; une terre de gaoulé avec les révoltes du Diamant dans sa terre aride parce qu’elle s’est toujours battue. Avec le chant bèlè lisid, cette terre veut rappeler combien elle n’oublie pas les ancêtres. Cette visite de la mémoire se fait à travers plusieurs personnages. Marie-Klara un personnage simple, petite gens « ki té toujou maché dwet kon pitjet ». Elle était même arrivée à l’obtention d’un travail intéressant pour l’époque : sigrétè lanméri. De là elle percevra la force des liens familiaux qui l’adoptera à demeurer dans la simplicité surtout quand elle découvrira toutes les horreurs comme la mortalité infantile très grande au début du siècle. L’auteur nous dit précisément « an bon chien pa ka tonbé anlè an bon zo, ni an nonm ki fè lavi Mari-Klara chalviré tjou-pou-tet » Mari-Klara fera la rencontre de Ajénor Granfal. « misié té agoulou ki té ni grangou, mé tou an gro….an non di : lapéti fanm. » Personnage emblématique d’une petite bourgeoisie de l’époque qu va faire comme une certaine race d’homme qui se fourvoie en couillonnant les femmes. Ont-ils disparus ? N’étaient-ils que du sud ? L’auteur laisse le lecteur y répondre. L’auteur à travers le personnage Marie-Klara semble nous dire : Fanm ka tonbé pa janmen désespéré. Maria-Klara ka tonbé mé kon an chatenn. Sé lè i ké pati ayé i ké dékouvè fos mizik bèlè lisid la. Comme dans la strophe d’un bélé mise en exergue l’héroïne va noyer son enfant. Le lecteur va sans doute s’interroger sur cet acte. Cette « noyade » est-ce une offrande à une divinité qui aurait disparue du paysage du sud ? Est-ce un crime réel ? C’est une incursion dans le mystique avec l’énigmatique Papa Simbi, divinité de l’eau dont on ne soupçonne même pas l’existence. La sécheresse du sud ne viendrait elle pas de l’oubli de cette divinité ? Akondi pawol la « sa ou pa sav gran pasé’w » Ce roman d’une centaine de pages va permettre au lecteur de faire un voyage certes rapide mais profond. Il aura tout le loisir de revenir sur cette belle écriture créole comme dans Mango Vèt. Dans Mémwè latè GHL nous rappelait déjà combien ce thème lui était cher avec Bèlè lisid il nous convie à une lecture créole d’une grande fluidité. Quelques mots « rare » mais authentiques peuvent nous ralentir mais le lexique est là pour suppléer cette incompréhension passagère. L’auteur avec fluidité nous offre des quintes de rire de tanzantan, lwenzalwen comme ce passage à la page 38 où le personnage se voulait un français plus français tu meurs ! « Kifè délè menm, lakrent mété an mo kréyol andidan plodari fransé té ka moun di : « Petite Volure » pou Tivoli, tutulaire pou titulaire, Albeur pour Albè, Jules menm lè prénon an sé té Gilles ». Les publications créoles sont rares « kon neg a zié blé », ou encore comme des «zé bourik » plongez-y allègrement, bravman pour encourager ceux qui au-delà de l’écriture pose véritablement un acte militant. Georges-Henri Léotin a publié aux Editions DEZAFI sa propre maison d’édition asiré pa pétet zot ké pasé an bel moman litérati kréyol. Sipòté Joko sé rédé an Léoten pou tout chantèz bèlè lisid kontel Espénizàn. Mési Joj-Anri Jid

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