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Bibliothèque Schœlcher : la risible colère de Serge Letchimy

Raphaël CONFIANT
Bibliothèque Schœlcher : la risible colère de Serge Letchimy

   Lorsqu'un auteur est convié à présenter un livre à la Bibliothèque Schœlcher, il est d'usage, de tout temps, de mettre en vitrine deux jours avant ses principaux ouvrages afin d'attirer le gens qui visitent ce lieu (public). Une fois la conférence achevée, le lendemain, ladite vitrine est remplacée et les ouvrages du prochain auteur à intervenir sont alors mis en place. Les choses ont toujours fonctionné ainsi et depuis plus de trois décennies que je publie, chaque fois que je suis invité, les employés de ladite bibliothèque me font une vitrine comme pour tous les autres auteurs.

   Précision : AUCUN AUTEUR N'EST SOLLICITE PAR LES EMPLOYES POUR DONNNER SON AVIS SUR LA VITRINE. Il la découvre le jour de sa conférence. Invité à présenter mon dernier livre sur Frantz FANON le vendredi 1er décembre, je découvre donc la vitrine qui m'est consacrée. Or, la veille, un écrivain martiniquais qui assistait à une présentation d'un autre livre, toujours dans cette même bibliothèque, me téléphone pour me dire que le député Serge LETCHIMY "a fait un caca nerveux" en découvrant la vitrine qui m'était consacrée. Motif : les employés de la Bibliothèque Schœlcher avaient mis côte à côte deux de mes livres que séparent...24 ans : "Aimé CESAIRE. Une traversée paradoxale du siècle" (1992) et "Alfred MARIE-JEANNE. Une traversée verticale du siècle" (2016). Et en-dessous de ceux-ci, une dizaine d'autres de mes ouvrages. S. LETCHIMY se serait indigné, aurait protesté, aurait exigé de savoir qui avait commis pareil crime de lèse-majesté etc...

   Quand cela me fut rapporté, je me suis contenté de sourire, me disant qu'il ne sait sans doute pas que ce sont les employés des bibliothèques qui préparent les vitrines des auteurs qu'ils invitent et aucunement les auteurs invités. Sauf que deux jours, plus tard, on m'envoie l'enregistrement-audio que vous pouvez écouter plus bas, dans lequel, sur RADIO SUD-EST, le même Serge LETCHIMY revient sur cette histoire de vitrine et d'ouvrages mis côte à côte et se livre à une vibrante dénonciation de ce qui à ses yeux "est une manipulation obscène" et "digne de Cuba ou du Zimbabwe". Il évoque ensuite "les enfants des écoles et les touristes du monde entier qui fréquentent la Bibliothèque Schœlcher" et que l'on a cherché à manipuler. Bref, c'est un véritable scandale ! Il va même plus loin en déformant le titre de mon livre sur CESAIRE, comme on peut l'entendre dans l'enregistrement-audio, en déclarant que j'aurais écrit "traversée horizontale de CESAIRE" par rapport à la "traversée verticale de MARIE-JEANNE". Or, c'est complètement faux : le titre de mon livre indique "traversée paradoxale". Si S. LETCHIMY pense que "horizontale" et ""paradoxale" sont synonymes, c'est son problème. Je n'y peux rien !

   Pourquoi tant de raffut pour une vitrine qui est restée deux jours en place (la veille de ma conférence et le jour même) ? Pourquoi parler de "dictature de la pensée émanant de la CTM" ? S. LETCHIMY s'imagine-t-il que la CTM a du temps à perdre à s'occuper du livre et des écrivains ? Et surtout à donner des ordres pour la confection de vitrines ? Si pareille chose pouvait arriver, cela aurait plutôt été sous le règne de LETCHIMY pendant lequel, je le reconnais__"Rayi chien mé di dan'y blan"__une plus grande attention (Salon du Livre, par exemple) était prêtée à la chose écrite. D'ailleurs, c'est à l'époque du dernier Conseil régional, sous son règne donc, qu'a eu lieu ledit Salon du Livre et si peu fanatique, contrairement à l'image qu'il a voulu donner de moi sur RADIO SUD-EST, non seulement j'ai accepté de participer à la préparation de ce salon quand je fus sollicité, mais j'ai aussi proposé la création d'un Prix littéraire auquel j'ai donné un nom (le Prix Gilbert GRATIANT) et pour lequel j'ai proposé comme président l'écrivain haïtien Dany LAFFERIERE. .

   Contrairement donc à ce que semble croire S. LETCHIMY, je sais parfaitement distinguer ce qui relève de l'intérêt partisan et de l'intérêt général de la Martinique. Quand il soutient les mafieux du CEREGMIA, je condamne sans réserve ; par contre, quand il s'insurge contre le fait qu'AIR FRANCE supprime les vols Roissy-Martinique, ce qui nous prive, contrairement à la Guadeloupe, des touristes d'Europe du Nord, non seulement j'approuve mais je publie sa lettre ouverte sur mon site-web, MONTRAY KREYOL. Je n'ai d'ailleurs pas d'ennemis politiques, mais des adversaires. Mes seuls ennemis sont les mafieux, les corrompus, ceux qui détournent l'argent public etc...Car c'est la corruption généralisée qui a miné les indépendances en Afrique noire, plongé ses peuples dans la misère au point de préférer risque de se noyer en Méditerranée au lieu de rester au pays et transformé leurs présidents en réparateurs de climatisation.

   Cette histoire de vitrine est donc une tempête dans un verre d'eau (c'est pourquoi cet article figure dans la rubrique "RIGOLADRI" de MONTRAY KREYOL), mais elle fera ses (petits) dégâts ici et là puisque ceux qui ont écouté RADIO SUD-EST ne liront pas forcément le présent article et ne sauront pas ce qui s'est réellement passé. Ils croiront dur comme fer qu'outre le TCSP, outre ALBIOMA, outre le PARC NATUREL, outre les problèmes du BTM, ceux de l'hôpital etc..., la CTM et son président ont le loisir de donner des ordres pour la confection d'une...vitrine !

   Risible, oui...

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