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CAHIER DU PATRIMOINE N°30 : Aux sources de la musique martiniquaise

CAHIER DU PATRIMOINE N°30 : Aux sources de la musique martiniquaise

Ce Cahier du Patrimoine, le numéro 30, est consacré à la musique martiniquaise, à sa poétique fondatrice, à ses sources et aux premières évolutions qui annonceront bien d’autres. Ce Cahier donne la parole aux chroniqueurs qui témoignent du patrimoine musical des Caraïbes, des instruments utilisés, des circonstances  dans lesquelles ils s’adonnaient à cette musique.

 

Ces mêmes chroniqueurs ont attesté du cheminement de la musique des esclaves, de la passion de ces derniers pour la musique et pour la danse. Ils n’hésitaient à faire de longs trajets pour s’adonner à des rassemblements autour du tambour. De cette passion est né le bèlè,  dont nous parle Lafcadio Hearn dans Esquisses martiniquaises,  ainsi que des concours organisés entre des tambouyés célèbres. Le bèlè comme vecteur de l’identité martiniquaise et comme activité culturelle, avec ses codes, ses règles et ses références,  ses lieux de réunions, lesquels sont analysés par Edmond Mondésir et Monique Desroches, se définit comme une véritable signature identitaire. Le ladja qui l’accompagne est perçu par David Khatile comme une dynamique de réhumanisation et de reformulation des sens sociaux et symboliques au cours de l’histoire de notre pays.

 

Certaines musiques sont spécifiquement dédiées à des circonstances historiques ou religieuses : c’est ainsi que Lyne-Rose Beuze nous parle des chants qui dénonçaient la traite négrière et l’esclavage, que Sylvie Meslien aborde la question des chants liés à la guerre écrits par des Martiniquais, tandis que Monique Desroches s’intéresse à la musique indienne de Martinique qui a commencé par une musique sacrée à base de tambours pour évoluer ensuite.

 

La musique de Haute taille, les chants et musiques de travail, la musique chouval bwa, celle du carnaval sont ici analysés comme des chants et musiques spécifiques, notamment par David Khatile et Martine Flandrina.

 

Le rythme biguine, comme  mutation des rythmes ruraux Calenda et Bèlè, est d’abord analysé dans son évolution par Jacky Alpha qui nous donne également un texte sur la biguine créole, comme syncrétisme musical et rythmique. Marie-Hélène Léotin dresse un portrait de Léona Gabriel et Claude Marie-Rose celui de Victor Coridun, ce musicien de talent, auteur de tant  de biguines célèbres. André Lucrèce fait, lui aussi, émerger la notion de talent dans trois articles consacrés à Alexandre Stellio, Ernest Léardée, Eugène Delouche et Barel Coppet, qui ont, tous les quatre, fait danser le Tout-Paris des années 1930-1940.

Véronique Elisabeth nous ramène en mémoire les  chansonniers qui animaient les alentours des marchés de Fort-de-France en chantant, tandis qu’André Lucrèce salue le plus célèbre de nos harmonicistes, Jo Amable et le dévoué professeur de violon que fut Paul Calonne. Ce Cahier se termine par un entretien avec Léon Sainte-Rose mené par Alex Pétro et un hommage à Eugène Mona, la voix des mornes, par Martine Flandrina.