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Canne à sucre « Le sucre a perdu le tiers de sa valeur sur le marché mondial »

Manuel Marchal
Canne à sucre « Le sucre a perdu le tiers de sa valeur sur le marché mondial »

Les prix historiquement bas du pétrole rend beaucoup moins intéressant de produire de l’éthanol au Brésil. Cela pousse à produire plus de sucre. La production brésilienne pourrait augmenter de plus de 18 % pour atteindre plus de 35 millions de tonnes. Ce sucre sera moins cher à l’exportation en raison de la dévaluation de la real, monnaie brésilienne, par rapport au dollar. C’est un brutal bouleversement du marché sur lequel est vendu le sucre réunionnais.

Timothé Masson, économiste chargé des marchés à la CGB, syndicat des betteraviers français, indique à Terre Net que « le sucre a perdu le tiers de sa valeur sur le marché mondial ». « Le coeur de la crise est avant tout lié à la crise du pétrole qui fait qu’au Brésil, il est plus intéressant de faire du sucre qu’on déverse sur le marché mondial (...) que de l’éthanol domestique qui s’est complètement écroulé à cause du pétrole ».

Plus de 35 millions de tonnes de sucre cette année au Brésil

A cela s’ajoute la dévaluation du real par rapport au dollar qui rend les produits brésiliens encore moins cher. « La perspective est que le change continue de soutenir la compétitivité du sucre brésilien sur le marché extérieur », souligne ce rapport, selon lequel la production brésilienne de sucre devrait atteindre 35,3 millions de tonnes, en hausse de 18,5 % par rapport à 2019-2020, indique Terre Net. « Ça veut dire que sur le très court terme, les Brésiliens sont beaucoup plus compétitifs, ils peuvent vendre sur le marché mondial moins cher en dollars, ils auront la même quantité en reals », selon M. Masson.

L’Afrique du Sud et la Thaïlande sont concernées par la même tendance que pour le Brésil.

Du côté des industriels du sucre européen interrogé par Terre Net, ce n’est pas encore l’inquiétude. Cristal Union s’est adapté : « Nous avions annoncé, déjà, au mois de décembre, dans nos réunions internes et avec les agriculteurs, que nous avions changé de "business-model", pour devenir plus européens, plus flexibles, plus agiles, et moins sur le marché mondial », selon Alain Commissaire, directeur général. Pour SüdZucker, premier producteur mondial, les prix du marché européen ne baissent pas : de 300 euros la tonne dans l’UE en 2019, ils étaient à 370 euros fin février.

Demande d’une clause de sauvegarde

C’est surtout l’éthanol brésilien qui suscite l’inquiétude pour le moment : « le Brésil produit fatalement de l’éthanol. Il ne faudrait pas qu’on se retrouve avec une pression anormale sur nos marchés qui viendrait du fait que le real est dévalué, et qu’avec des excédents chez eux, tout ça se déverse en Europe. Là, ça pourrait être un véritable sujet pour nous », souligne M. Commissaire.

25 % des betteraves récoltées en France servent en effet à fabriquer de l’éthanol. Si de l’éthanol bon marché venu du Brésil inonde l’Europe, alors ces betteraves seront probablement utilisées pour produire du sucre, et donc tireront les prix vers le bas. D’où la demande des industriels d’établir une clause de sauvegarde pour limiter les importations d’éthanol en provenance du Brésil et des Etats-Unis.

M.M.

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