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CE TERRITOIRE OU L'ON A VOTE A 78,89% CONTRE UNE POUSSIERE D'...AUTONOMIE

CE TERRITOIRE OU L'ON A VOTE A 78,89% CONTRE UNE POUSSIERE D'...AUTONOMIE
   Ils sont marrants nos politologues locaux à l'approche des prochaines municipales.
 Nos blogueurs, commentateurs-whatsap, youtubeurs et autres philosophes, voire même grands révolutionnaires des réseaux (a-)sociaux. C'est à se demander s'ils sont diplômés de l'Institut d'Etudes Politiques de Fond-Zombi ! A moins que ce ne soit de Science Po Morne Caco. 
  Ou alors s'ils font tout simplement exprès par malhonnêteté intellectuelle.
 Car enfin, nous sommes dans un territoire qui le 10 janvier 2010 a voté à presque 80% contre l'Article 74 c'est-à-dire contre une poussière d'autonomie. Nous disons bien "un territoire" et non "un pays" car un pays est une entité qui dispose d'un drapeau, d'un hymne national, d'un président, d'un gouvernement et d'un siège à l'ONU. C'est le cas de pays de taille comparable comme Barbade, Antigue, l'île Maurice, Malte, le Vanuatu ou les Seychelles. Ce n'est pas le cas de la Martinique par...
   ...par la volonté des Martiniquais.
  Eh oui, le 10 janvier 2010, on n'a pas constaté l'habituelle abstention (par exemple, nos chers députés martiniquais actuels ont tous été élus par à peine 25% du corps électoral !), mais à un vote plutôt conséquent : 55,35%. Plus précisément, près de 160.000 électeurs martiniquais ont dit un "NON" catégorique à cette poussière d'autonomie contre seulement 35.000 "OUI". On ne saurait donc invoquer l'abstention pour expliquer pareil vote. Sauf si on sort de Sciences Po Morne Caco ou si l'on est malhonnête intellectuellement.
   Que faire (pour paraphraser LENINE) alors face à un tel résultat ?
   Eh bien, d'abord en prendre acte, avaler sa salive, retenir sa colère ou son indignation et se retrousser les manches pour essayer de sortir la Martinique de l'ornière et continuer vaille que vaille (en dépit des Békés, en dépit de l'économie de comptoir, en dépit d'un Etat français de plus en plus je-m'en-foutiste) à construire ce qui doit l'être et cela dans tous les domaines. Pour ce faire, il est clair qu'aucun parti ne peut le faire à lui tout seul. Des alliances sont nécessaires. Obligatoires même. L'EMPN, mené par le PPM en est une. Le GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS en est une autre, mené par le MIM.
   Les électeurs martiniquais ont voté à 56% pour cette deuxième alliance laquelle a infligé 15.000 voix d'écart à la première en décembre 2015. 
   La première, EMPN, a hurlé à une alliance "contre-nature", "démagogique", celle de "la carpe et du lapin" et bla-bla-bla. Oubliant que dans ses rangs on comptait "OSONS OSER" de Pierre PETIT et le Parti Régionaliste Martiniquais de la très macroniste Chantal MAIGNAN. C'est la fameuse parabole de la paille et de la poutre que l'on trouve dans les Ecritures (dites "Saintes"). Bref...
   Quelque chose a-t-il changé depuis la consultation de 2010 ? Une autre consultation du même type donnerait-elle un résultat inverse en 2020 ? C'est peu probable. Très peu probable. Les anti-chlordécone, par exemple, était 300 lorsqu'ils défilaient dans les rues de Fort-de-France en 2007 à l'instigation de l'Association NON AU CHLORDECONE créée par Louis BOUTRIN. Ils sont 50 aujourd'hui lorsqu'ils bloquent 1 supermarché béké (oui, 1, car pendant ce temps les 12 autres supermarchés du territoire sont ouverts et fonctionnent normalement). Il n'y a donc aucun signe qui montre que les Martiniquais aient changé d'avis sur la question de l'autonomie (ne parlons même pas de l'indépendance !).
  C'est la faute à qui ?
  A tout le monde ! Aux autonomistes qui lorsqu'ils sont au pouvoir ne font pas avancer l'idée d'autonomie d'1 millimètre. Aux indépendantistes qui lorsqu'ils sont au pouvoir ne font pas avancer l'idée d'indépendance d'1 millimètre. Aux marxistes révolutionnaires, aux noiristes, panafricanistes et autres qui refusent le système électoral et le verdict des urnes, se complaisant dans une dénonciation somme toute confortable du "colonialisme". Tout ce monde-là tourne en rond dans "la calebasse de l'île" (A. CESAIRE).
  Personne ne voit d'issue.
 Car les faits sont têtus, comme disait LENINE (à moins que ce ne soit TROTSKY). Et le fait principal en Martinique c'est 78, 89% de gens opposés à toute forme d'autonomie, même la plus "light". Donc il faut faire avec. Donc aucune alliance électorale, aucun pacte de gestion n'est contre-nature. L'alliance PPM/OSONS OSER et Parti Régionaliste Martiniquais n'a rien de choquant. Pas plus que n'est choquant l'alliance GRAN SANBLE/BA PEYI-A AN CHANS. Pas plus que toute autre alliance d'ailleurs. N'aurait été choquante que l'alliance avec un parti béké mais la caste békée a abandonné la sphère politique après le fameux "bout de chemin avec l'Usine" entre LAGROSILLIERE et CLERC au début du siècle dernier.
   Aucune alliance entre Martiniquais non-Békés n'est choquante.
  Sinon, pour en revenir au sujet évoqué au tout début de cet article, les élections municipales n'ont pas vocation a conduire un pays vers l'autonomie et encore moins vers l'indépendance. Seule une consultation à propos de l'une ou l'autre, seule une consultation spécialement consacrée à l'une ou l'autre, serait en mesure d'enclencher un processus autonomiste ou indépendantiste.
 Pour l'heure, l'intérêt supérieur de la Martinique est de continuer vaille que vaille à consolider ce qui peut l'être, à contrer les tendances mortifères qui se manifestent régulièrement et surtout à construire ce territoire avec l'espoir qu'il deviendra un jour un...pays. De préférence comme Barbade ou l'île Maurice...

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