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CHLORDECONE : 30 000 EUROS POUR QUITTER LA PECHE AUX ANTILLES

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Six ans après les premières mesures d’interdiction de pêche liées à la pollution au chlordécone (insecticide utilisé dans les bananeraies de 1972 à 1993), le plan d’indemnisation a été présenté le mardi 15 décembre par l’État, en Guadeloupe, avec les collectivités locales. Certains jugent ce plan encore insuffisant. La circulaire du 3 décembre détaille l’aide sociale allouée aux marins de Guadeloupe et Martinique touchés par cette pollution dans le cadre du plan chlordécone III (2014-2018). Les marins d’au moins 50 ans ou avec au moins 25 annuités Énim bénéficieront d’une aide plafonnée à 30 000 euros s’ils quittent le métier.

En Guadeloupe, l’État mobilise 1,74 million d’euros pour indemniser 58 professionnels, sur un total de 164 pêcheurs. Le conseil régional ajoute 1,19 million d’euros pour ceux ne répondant pas aux critères, qui percevront 15 000 euros ou 10 000 euros.

En Martinique, l’État accorde 1,5 million d’euros. « Mathématiquement, cela ne permet d’indemniser que 50 pêcheurs, déplore Olivier Marie-Reine, président du comité martiniquais. Or 506 ont été recensés. »

Des « brigades bleues »

En Guadeloupe, l’État et les collectivités locales s’engagent aussi à hauteur de 8,3 millions d’euros pour cinq ans pour créer dès janvier des « brigades bleues », chargées de surveiller les zones d’interdiction de pêche. Elles seront composées des marins indemnisés pour cesser la pêche. Ce dispositif rencontre un accueil sceptique.

Toujours en Guadeloupe, un fonds d’investissement dédié au financement de navires de pêche pourrait être créé avec le concours du Crédit maritime. Bien doté (3 millions d’euros selon des sources concordantes), il ferait appel à des contributeurs privés.

Enfin, les pêcheurs de Guadeloupe et Martinique souhaitant se diversifier ou se reconvertir pourront bénéficier des aides européennes (Feamp) : 1,8 million d’euros sont mobilisables d’ici à 2020.

« Il s’agit d’un accord satisfaisant », estime Jean-Claude Yoyotte, président du comité des pêches de Guadeloupe. Contrairement à son homologue martiniquais, qui dénonce deux poids deux mesures entre les îles. Pour Patrick Royan, du collectif des entreprises de pêche de Guadeloupe, « pas question d’accepter 30 000 euros. En réalité, vu le niveau d’endettement social et fiscal des gars, l’État va récupérer d’une main ce qu’il donne de l’autre. »

 

Plus d’informations dans « le marin » du 18 décembre 2015.

Post-scriptum: 
Rassemblement de pêcheurs. Photo Eric Stimpfling

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