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CHLORDECONE : DES 2007, L. BOUTRIN ET R. CONFIANT POINTAIENT DU DOIGT LE LOBBY BEKE

   CHLORDECONE : DES 2007, L. BOUTRIN ET R. CONFIANT POINTAIENT DU DOIGT LE LOBBY BEKE

  12 ans plus tard, tout le monde semble découvrir le scandale du chlordécone (FRANCE-ANTILLES titre même sans rire : "On va de découverte en découverte").

   Or, rien de ce que la pseudo-commission d'enquête parlementaire conduite par Serge LETCHIMY n'est nouveau. ABSOLUMENT rien ! Ni le fait que les services de l'Etat connaissaient parfaitement la dangerosité de ce pesticide organochloré. Ni le fait que des rapports scientifiques avaient mystérieusement disparu. Ni le fait que des produits tout aussi dangereux que le chlordécone mais non homologués, telle la dieldrine, avaient été clandestinement introduits aux Antilles. Ni le fait que des Békés avaient continué à importer et à faire utiliser sur leurs bananeraies le chlordécone bien après 2002.
   A propos des Békés justement, en page 58 et 59 de leur livre, intitulé Chronique d'un empoisonnement annoncé. Le scandale du chlordécone aux Antilles françaises (1972-2002), paru en février 2002__il y a donc douze ans__, on tombe sur un chapitre intitulé:
   "...MAIS LE LOBBY BEKE SEVISSAIT DEJA !"
   Le nom du principal importateur du chlordécone, à savoir DE LAGUARIGUE, est d'ailleurs écrit noir sur blanc dans le livre. Mais commençons la lecture de ce chapitre:
   "C'est, en effet, sous la pression du lobby agricole béké que ces décisions administratives ont été prises. Car on voit assez mal les autorités publiques prendre des décisions qui remettraient en cause les intérêts économiques de ces gros planteurs. Ce lobby béké est très puissant et aujourd'hui, il s'étend des Antilles jusqu'aux couloirs ministériels de Paris. Il s'organise également à Bruxelles autour d'EURODOM, une association française de loi 1901, créée en juin 1989 et censée regrouper "les acteurs collectifs du tissu économique des quatre DOM". En réalité, cette association s'avère être un lobby mis en place par les Békés, financée par les Békés et dirigée depuis Bruxelles par Gérard BALLY, un Béké, qui fait office de délégué général d'EURODOM."
   Tiens, a-t-on jamais entendu parler d'EURODOM au cours des auditions de la commission d'enquête LETCHIMY que ce soit en Martinique ou en Guadeloupe ? AWA ! Curieux, très curieux, ce silence, non ? Une vraie omerta !
   Mais poursuivons la lecture de l'ouvrage de L. BOUTRIN et R. CONFIANT, en page 58 cette fois :
   "La dernière assemblée générale d'EURODOM s'est tenue à Paris le 7 juin 2006, e présence de François BAROIN, Ministre de l'Outremer, qui, pour la circonstance, a prononcé le discours de clôture. Dès la deuxième phrase de son allocution, le ton y était donné : "Le Ministère de l'Outremer a trouvé avec EURODOM un lieu d'expression qui dépasse les intérêts catégoriels et permet de dégager une position commune sur les dossiers économiques de nos départements; Des exemples récents montrent la pertinence de ce travail mutuel auprès des services de la Commission européenne : nous l'avons vérifié avec les récentes positions dégagées par l'association des producteurs européens de bananes (l'APEB).
   "Le message du Ministre de l'Outremer est clair : EURODOM est l'interlocuteur privilégié du gouvernement français. Exit les députés nationaux et européens, élus par le peuple. Pour la défense des intérêts économiques, notamment ceux de la banane, priorité au lobby béké :"
   Or, la commission LETCHIMY a-t-elle souligné le rôle de ce lobby ? A-t-elle cherché à savoir quel rôle il a pu jouer dans l'importation et l'utilisation du chlordécone et surtout de pesticides non homologués par les autorités françaises ? AUCUNEMENT ! C'est dire que le rapport de ladite commission finira dans les archives de l'Assemblée nationale française et que plus personne n'en entendra parler. Par contre, LETCHIMY et le PPM auront probablement grappillé quelques voix en vue des élections municipales de 2020 dans cette île où, hélas, "Neg pa ka li"...
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