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Chlordécone : la "réparation" des dégâts par le...sport

Chlordécone : la "réparation" des dégâts par le...sport

   Il serait bon que les hauts personnages de la République Une et Indivisible fassent l'effort de visiter plus souvent l'île aux fleurs. Cela nous permettrait, en effet, d'assister en direct aux bouffonneries de nos chers (ères) parlementaires autrement dit députés et sénateurs.

   La première visite officielle d'Emmanuel MACRON en a apporté son lot. Par exemple, des clampins qui n'ont jamais ouvert leur grande gueule depuis plus d'une décennie que le scandale du chlordécone a éclaté, et qui, pour l'une d'elles, a même voté pour la prolongation de l'épandage arien à l'époque du Conseil régional, se sont permis de donner des leçons à des gens qui, eux, ont mouillé leur chemise sur ce dossier. Leçons administrées évidemment grâce à la complicité active de certains médias. Du grand n'importe quoi !

   Mais le plus comique est la déclaration suivante faite par l'un (e) de ces parlementaires à 7.000 euros de salaire mensuel à notre Pravda locale, l'unique quotidien d'une ile beaucoup plus peuplée que la Barbade laquelle pourtant en compte deux. Voici :

   "Le Président a parlé de réparation. Je propose que pour les personnes atteintes de cancers, leurs médecins puissent leur prescrire du sport qui serait remboursé par la Sécurité sociale. C'est un exemple concret de réparation."

   Allez, amis lecteurs, on se frotte les yeux et on relit ! Non, vous ne rêvez pas !

   Un (e) parlementaire martiniquais (e) voit dans la pratique sportive pour ceux à qui le chlordécone a infligé un cancer de la prostate , du foie ou du myélome, la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, un bon petit jogging matinal ou un petit "football-couloir" remboursé par la Sécu. Et pour lui/elle, cela relève de la réparation !!! Pareille ineptie serait comique si elle n'était pas une insulte aux milliers d'ouvriers agricoles contaminés durant des décennies qui souffrent dans leur chair, sont condamnés ou sont déjà décédés. Car enfin, médicalement parlant, la pratique sportive n'apporte rien d'autre qu'un léger mieux être psychologique à un cancéreux. Elle ne peut en aucune façon arrêter la progression des métastases à travers son corps !

   Ensuite, politiquement, cette ineptie est grave car elle rabaisse ou réduit la réparation des dégâts causé par l'Etat français, les Békés et les parlementaires nègres qui ont voté la reconduction du chlordécone à quasiment rien du tout. Elle est du même tonneau que cette réclamation faite par un noiriste, il y a quelques années de cela, à un Béké pour exiger de lui que ce dernier paie son voyage de retour à la Terre-Mère, en Afrique donc. Et le noiriste de préciser "3.000 euros", ce à quoi notre Béké a eu beau jeu de rigoler dans la presse en disant, à juste titre, que ce n'était vraiment pas cher payé et que c'était avoir une bien piètre idée du calvaire enduré par ses ancêtres que de réclamer une somme aussi ridicule.

   C'est aussi une bien piètre idée du calvaire enduré par les milliers d'ouvriers agricoles de la banane que de considérer qu'un jogging ou un "football-couloir" remboursé par la Sécu est un "début de réparation". Il est vrai que le salaire moyen desdits ouvriers tourne autour de 700 euros mensuels, pas 7.000. Cela montre en tout cas le niveau mental (on n'ose pas dire "intellectuel") de nos chers (ères) parlementaires martiniquais.

   Fout Matinik an chien, mésié-zé-danm !...

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