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CHRLORDECONE : UN GENOCIDE PAR STERILISATION (1è partie)

CHRLORDECONE : UN GENOCIDE PAR STERILISATION (1è partie)
 
   En 2007, il a donc 13 ans, L. BOUTRIN et R. CONFIANT, paraphrasant A. CESAIRE, dénonçaient un "génocide par stérilisation".
 Rappelons que leur ouvrage, Chronique d'un empoisonnement annoncé. Le scandale du chlordécone aux Antilles françaises (1972-2002), s'est appuyé sur trois sources principales : des rapports rédigés (et dissimulés à la population) par les propres services déconcentrés de l'Etat français (rapport SMINOFF, rapport DE KERMADEC etc.) ; les articles sur le chlordécone de l' American Cancer Institute et ceux de divers scientifiques français ; des enquêtes de terrain auprès d'ouvriers agricoles du Lorrain, de Basse-Pointe, du St-Esprit etc...
  Voici donc ce qu'écrivaient les deux écologistes au sujet de ce qu'ils appelèrent "un génocide par substitution". C'est en page 143-146 de l'ouvrage en question...
 
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 "Les travaux menés à Montpellier par le professeur SULTAN font apparaître une forte augmentation des malformations congénitales chez les enfants exposés aux pesticides : augmentation de la cryptorchidie (non descente des testicules) et une diminution de la spermatogenèse (-50% depuis les années 50). En dehors de l'effet cancérigène, il existe donc un effet "oestrogénique" de ces produits toxiques, provoquant la stérilité et la féminisation des embryons mâles.
  Dans tous les pays occidentaux, sur 15% de couples stériles, la moitié est liée à des stérilités masculines. Les pays d'Europe, qui ont un taux de natalité inférieur à 2, pourraient ne pas connaître de renouvellement de la population dans les cinquante ans à venir.
 Qu'en sera-t-il aux Antilles d'ici quelques décennies ? Sommes-nous menacés par une nouvelle forme de génocide : le génocide par...stérilisation ? La question peut surprendre, voire choquer, mais les chiffres ont de quoi nous interpeller. En effet, en Martinique, les indicateurs socio-sanitaires publiés par l'AR révèlent que l'indice de fécondité est actuellement de 2 enfants par femme (2000 et 2001) après être descendu à 1,8 entre 1993 et 1996. Cet indice est donc très proche du seuil de remplacement des générations qui est de 2,1 enfant par femme.
 L'exposition chronique aux pesticides organochlorés et au chlordécone a-t-elle eu une incidence sur ces nombreuses observations ? Seule une étude épidémiologique menée par des experts indépendants pourrait confirmer ou infirmer une telle hypothèse.
  A ce jour, nombre de pesticides organochlorés peuvent perturber le système endocrinien et ceci à très faible dose puisqu'il a été reconnu qu'une très faible quantité de produit chimique synthétique suffisait pour avoir un effet important. L'exposition de la femme enceinte notamment peut perturber la formation et le développement du fœtus et avoir des conséquences graves après la naissance. Il est désormais établi que le fœtus en développement et le bébé sont extrêmement sensibles aux effets des pesticides. Plusieurs études menées chez des populations d'ouvriers agricoles ou dans l'environnement des plantations traitées aux pesticides sont venues le confirmer. On a pu observer également que l'exposition du fœtus à des pesticides à certaines périodes de la grossesse pouvait conduire à un avortement spontané, à des retards de croissance ou à des handicaps de naissance.
  Une étude américaine publiée en avril 1998 révèle que la proportion de bébés mâles, par rapport à l'ensemble des nouveaux-nés, était en train de décliner doucement depuis 20 ans dans de nombreux pays industrialisés ou en voie d'industrialisation. Les auteurs de ces recherches suspectent ces pesticides de modifier le sexe de l'enfant à naître après exposition du fœtus à certains produits chimiques dont les pesticides. Pour asseoir cette assertion, ces mêmes scientifiques expliquent :
   "Entre la 6è et la 9è semaine de grossesse l'embryon mâle poursuit sa différenciation sexuelle, sous l'influence des hormones sécrétées par les gonades (glande génitale mâle). Si une substance étrangère à l'embryon vient perturber ce processus hormonal à ce stade, la transformation peut être arrêtée et un bébé femelle peut naître." (Devra Lee DAVIS and al. "Reduced ratio of male to female births in several industrial countries", Journal of The American Medical Association, vol. 279, n° 13, pp. 1018-1023, 1998)
   Ces observations sont à rapprocher du changement de sexe observé également chez certains animaux. L'histoire des alligators du lac Apoka en Floride en est une bien triste illustration. Contaminés par des doses massives de DDT en 1980, à la suite d'un accident survenu dans une usine de produits chimiques, Ils ont donné naissance à des rejetons souffrant de féminisation avec anomalies des ovaires chez les femelles et anomalies testiculaires chez les mâles."
 
   Voici donc la première partie du chapitre du livre de L. BOUTRIN et R. CONFIANT consacré à cette question. La deuxième partie sera publiée bientôt sur notre site-Internet...
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