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Cinéma : Martinique et Guadeloupe ne seraient-elles que des paysages

Cinéma : Martinique et Guadeloupe ne seraient-elles que des paysages

   La semaine dernière l'un de nos collaborateurs guadeloupéens, Frantz SUCCAB, adressait une lettre ouverte au président de la Région Guadeloupe, Ary CHALUS, pour s'émouvoir de subventions importantes accordées à un téléfilm à succès qui se sert de la Guadeloupe comme simple décor alors que des projets de films émanant de Guadeloupéens  restent en souffrance. 

    Cette semaine c'est au tour de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) de voter, dans une belle unanimité, toutes tendances politiques confondues, le même type de subventions pour des films qui prendront la Martinique comme paysage.

   Argument invoqué : cela sera bénéfique pour attirer les touristes.

   On peut en douter car les belles plages de sable blanc, le soleil, les cocotiers etc..., on en voit quasiment tous les jours dans des documentaires consacrés notamment aux îles du Pacifique comme Tahiti, cela sur des chaines comme "VOYAGE" ou "USHUAIA", voire "FRANCE O". La carte postale faussement paradisiaque de l'île de l'éternel été ne fait plus recette. Le touriste moyen va là où sa poche (ses moyens financiers) le mène et il fait confiance à son agence de voyage pour lui dénicher des destinations toujours moins chères. Si la plage de sable blanc avec cocotiers est moins chère à Saint-Domingue qu'en Martinique ou en Guadeloupe, il choisira fort logiquement Saint-Domingue.

   Ce qui, par contre, pourrait motiver des gens à venir chez nous, ce seraient des films faits par nous, des films martiniquais et guadeloupéens, évoquant notre propre vision du monde, nos problématiques particulières et valorisant divers aspects de notre culture créole, cela par le biais de scénarii soigneusement charpentés et d'acteurs choisis tant ici que dans notre émigration en France ou ailleurs. Les cinéma indien, égyptien, nigérian, colombien etc. ont montré la voie, certes avec des moyens considérablement supérieurs à ceux dont nous pourrions disposer, mais qui ont tout de même permis de desserrer l'étau Hollywood d'un côté, Cinéma européen de l'autre.

   Sommes-nous alors condamnés à demeurer "une version absurdemment ratée du paradis" selon le mot féroce d'Aimé CESAIRE ?... 

 

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