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COLLOQUE SUR LE ZOUK (CAMPUS DE SCHOELCHER) : MUSIQUE ET QUETE IDENTITAIRE

COLLOQUE SUR LE ZOUK (CAMPUS DE SCHOELCHER) : MUSIQUE ET QUETE IDENTITAIRE

   La première journée du colloque organisé sur le phénomène zouk à la Faculté des Lettres et Sciences humaines a été riche d'enseignement sur l'origine du mot "zouk" lui-même et sur ses différentes significations et implications a sein de nos sociétés.

  En effet, après la présentation de trois pièces musicales par Jocelyn JONAZ, diverses interventions ont souligné le fait que l'avènement du zouk a correspondu à la montée d'un fort sentiment identitaire dans des territoires qui pourtant, en 1946, avaient été transformés en "Départements d'Outremer" à l'aide d'une loi dite "d'assimilation". Apparu au milieu de années 80, en même temps que le Mouvement littéraire de Créolité et le groupe "Fromager" rassemblant des plasticiens martiniquais désireux de sortir de l'académisme, le zouk a, selon Raphaël CONFIANT, répondu à une demande sociale et sa portée dépasse celle d'une simple expression musicale. Quoique sans rapports explicites à l'époque, ces trois courants ont progressivement convergé avec une exploration inédite de l'imaginaire créole.
   L'autre apport important du zouk, outre sa dimension musicale novatrice, est, selon Corinne MENCE-CASTER, le recours à toute l'énergie que transporte la langue créole et en particulier ses métaphores que des interprètes comme Jocelyne BEROARD ou Patrick SAINT-ELOI ont su utiliser et magnifier alors qu'avant eux, le créole était utilisé sans grande recherche. Ce faisant la chanson de zouk a rompu avec les lamentions de la femme délaissée ou abandonnée par son amoureux pour mettre en avant la femme-djok qui n'a plus peur d'affirmer ses sentiments. Ensuite, Freddy MARCIN a expliqué que le zouk était un exemple fascinant d'hybridité musico-linguistique dont on n'a peu d'exemples à travers le monde. Suite à ces interventions, des membres du groupe KASSAV', en particulier Pierre-Edouard DECIMUS, son fondateur, et la chanteuse Jocelyne BEROARD ont pris la parole pour donner des précisions sur la trajectoire, au départ difficile, du groupe et comment celle-ci leur a permis de rayonner à travers le monde entier malgré l'utilisation de la langue créole.
   L'après-midi de ce mercredi 18 juin ont été présentées deux communications fort intéressantes : celle de Francois BIYELE qui a réfléchi sur les notions de "local" et de "global" en rapport avec le phénomène zouk et celle d'Alain MAURIN, professeur de Sciences Economiques sur le campus de Fouillole, qui s'est penché sur la naissance des industries culturelles et créatives aux Antilles et en Guyane. Puis, la journée s'est achevée avec la présentation par l'écrivain Judes DURANTY, dit JID, du premier et seul roman jamais consacré au zouk. Roman en créole, traduit en français et qui porte les titres de : Zouki bel zouti et Zouki d'ici-danse. Un vrai moment de bonheur !
  Suite du colloque ce jeudi 19 juin, cette fois dans la salle de délibérations de la mairie de Schoelcher, coorganisatrice du colloque...
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