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Comme le "Latin-jazz" et "l'Afro-jazz", il existe le "Creole-jazz" (Tony Chasseur) !

Comme le "Latin-jazz" et "l'Afro-jazz", il existe le "Creole-jazz" (Tony Chasseur) !

   Nos musiciens découvrent aujourd'hui une réalité que d'autres domaines culturels connaissent et subissent depuis des lustres : l'indifférence, voire parfois l'hostilité, des décideurs et de l'intelligentsia française envers les cultures créoles. Pour ne prendre que ce seul exemple, l'étude des langues créoles ou créolistique n'existe que dans une seule et unique université française (celle d'Aix-en-Provence) alors qu'elle est présente dans cinq universités allemandes et une bonne quinzaine tant en Angleterre qu'aux Etats-Unis qu'au Canada.

   Nous parlons bien des créoles dits "à base lexicale française", c'est-à-dire nés en différents points du globe suite à la colonisation française et qui sont parlés par des personnes dont les pays sont encore à la date d'aujourd'hui sous tutelle française. En toute logique, la créolistique aurait dû trouver à s'épanouir d'abord au sein de l'université française, sans même parler plus largement des cultures créoles. Or, tel n'est absolument pas le cas ! En France, il vaut cent fois mieux être un indianiste, un sinisant (Chine), un japonisant, un arabisant ou un africaniste qu'un créoliste. Ce qui est, intellectuellement parlant, une aberration puisque les cultures créoles sont issues du mélange, dans le fracas d'une histoire sanglante, de presque toutes les cultures du monde et que l'identité créole est une identité mosaïque qui préfigure celle qui naît de l'actuel processus de mondialisation (ou de globalisation comme disent les anglophones).

   Voici qu'aujourd'hui, nos musiciens se révoltent et qu'un jazzman d'origine guadeloupéenne exerçant à Toulouse, Franck NICOLAS, s'est mis en grève de la fin pour protester contre la non-reconnaissance du jazz créole par les organismes s'occupant des intermittents du spectacle, les organisateurs de spectacles et les directeurs de festival. Le chanteur martiniquais Tony CHASSEUR lui a apporté son soutien ainsi que d'autres artistes antillais connus, rappelant au passage que les racines du jazz américain se trouvent dans la ville créole de la Nouvelle-Orléans. "A côté du Latin-jazz et de l'Afro-jazz, il existe aussi le Creole-jazz", rappelle CHASSEUR qui évoque Mario CANONGE, Alain JEAN-MARIE, Jean-Claude MONTREDON, Grégory PRIVAT, Arnaud DOLMEN ou encore Franck NICOLAS, actuellement donc en grève de la faim.

   Pour les directeurs de festival, continue T. CHASSEUR, tout cela "n'est pas du jazz" parce que ces musiciens utilisent les rythmes de leurs différents pays comme base rythmique !!! Et le pire c'est qu'alors même que ces musiciens brillent sur les scènes internationales, ils sont ignorés par les festivals de l'Hexagone.

   Qu'en disent ceux qui nous proclament à tout bout de champ "Français à part entière" ?...