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Comment Dessalines a traité les Polonais. Histoire passionnante.

Comment Dessalines a traité les Polonais. Histoire passionnante.

En décembre 1801, des Polonais acceptent d'intégrer l'armée française et en contre partie, Bonaparte leur promet de reconstituer la République polonaise. Le 16 mai 1802, Bonaparte les envoie à Saint-Domingue, l'actuelle Haïti, pour combattre aux côtés des soldats français contre l'armée indigène noire dirigée par le général Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation haïtienne.

Certains historiens haïtiens et étrangers disent que c'était contre leur volonté que les soldats polonais étaient arrivés dans la colonie française de Saint-Domingue, c'est-à-dire, ils auraient été forcés. En revanche, pour nous autres comme pour beaucoup d'autres chercheurs, nous pensons que c'est l'inverse qui est vrai. Parce que, tenez-vous bien, les Polonais voulaient la reconstitution de la République polonaise et pour l'obtenir, ils devaient obligatoirement se battre pour la France soit en Europe soit dans les colonies françaises où il existait des conflits armés. C'est un argument solide, n'est-ce pas?

"Nul n'est digne d'être Haïtien s'il n'est bon père, bon fils, bon époux, et surtout bon soldat". 

Empereur Jean-Jacques Dessalines, Constitution Impériale de 1805

Mais, que s'est-il arrivé aux Polonais à Saint-Domingue? Comment le général de l'armée indigène d'Haïti, Jean-Jacques Dessalines, les a-t-il traités pendant et après la guerre de l'indépendance? Pourquoi? Une histoire passionnante.

En effet, en juin 1802, une quantité de 2 270 soldats polonais arrivent au Cap-français, l'actuel Cap-Haïtien, pour renforcer l'armée française déjà sur place. En septembre, un total de 2 500 autres soldats polonais arrivent au Port-Républicain, l'actuel Port-au-Prince. Cest la 3ème demi-brigade polonaise qui s'embarque à Toulon et devient à Saint-Domingue, la 113ème demi-brigade d'infanterie de ligne. Le chef de brigade est un certain Bernard.

En octobre 1802, 115 Polonais du 2e bataillon à Saint-Marc, tuent 400 noirs non armés. Le 8 novembre, la deuxième demi-brigade polonaise envoyée à Saint-Domingue sous les ordres du général Vincent Axamitowski, y arriveront le 24 janvier 1803. L'histoire nous dit qu'une fièvre jaune, ajoutée au climat chaud, tue une quantité importante de ces soldats et l'une des premières victimes est le général Jablonowski. Il est mort à Jérémie le 29 septembre 1802, à l'âge de 32 ans.

L'histoire rapporte qu'au début de 1803, une centaine de soldats polonais stationnés à Port-au-Prince et à Saint-Marc désertent les troupes françaises parce que Napoléon Bonaparte refuse d'honorer sa promesse envers eux, celle de reconstituer la République polonaise s'ils venaient se battre pour la France à Saint-Domingue. Ils ont l'impression que Bonaparte les envoie mourir à Saint-Domingue et ne tiendra jamais sa promesse envers eux. Convaincus qu'ils sont piégés, certains vont jusqu'à préférer  la mort plutôt que de faire feu sur les soldats de l'armée indigène. Voilà pourquoi le 18 novembre 1803, plus de 120 soldats polonais se rangeront aux côtés des troupes indigènes à Vertières contre l'armée française.

Le 29 mars 1803, une troisième demi-brigade polonaise arrive à Saint-Domingue et est déployée au Môle Saint-Nicolas, à Saint-Marc, au Port-Républicain et à la Vallée de Jacmel, afin de rétablir les réseaux de communications coupés par l'armée indigène. Le général polonais Ludwik Mateusz Dembowski qui est arrivé à Saint-Domingue avec sa famille, se distingue. Le 23 octobre, il est nommé adjudant-commandant par le général Rochambeau qui le charge de diriger les avant-postes du Cap.

Suite à la bataille de Vertières, Dembowski devient otage de Dassalines, mais est relâché après la signature de la capitulation des Français par Rochambeau le 20 novembre. Après sa libération par Dessalines, Dembowski écrit à son père pour partager son expérience. Voici ce qu'il dit: "J'ai eu l'occasion de connaître le chef de ces insurgés (Dessalines), ayant été envoyé en otage pour vingt-quatre heures. Malgré leur grande sauvagerie en tout généralement, ils m'ont assez bien accueilli, et malgré la grande ignorance qu'on leur suppose, ils raisonnent juste dans leur sens".

Mais, au lendemain de la proclamation de l'Indépendance d'Haïti, comment le nouveau gouverneur à vie, Jean-Jacques Dessalines, a-t-il considéré les Polonais?

Au lendemain de la proclamation de l'indépendance d'Haïti en janvier 1804, plus de 400 Polonais restent dans le pays avec l'autorisation directe de Dessalines qui leur donnera des terres pour travailler dans l'Agriculture. Le 20 mai 1805, l'Empereur Jean-Jacques Dessalines publie une Constitution qui octroie aux Polonais et aux Allemands la nationalité haïtienne par son article 13.

Même lorsque certains Polonais voudront quitter Haïti pour rejoindre les membres de leur famille en Europe, Dessalines organisera lui-même leur voyage pour s'assurer qu'ils seront en sécurité. Mais à la fin, ceux qui voulaient retourner en Europe sont obligés de revenir en Haïti pour s'installer définitivement sur la terre de Dessalines afin d'éviter d'être mis en esclavage soit à la Jamaïque, soit à la Martinique ou à la Guadeloupe. Ils reçoivent des terres et la nationalité haïtienne. Ils s'intalleront notamment à Cazale, à Fond-des-Blancs, à la vallé de Jacmel et à Port-Salut.

Pour études complémentaires, PROFILE AYITI vous recommande "Études sur l'Histoire d'Haïti, tome 6, Beaubrun Ardouin; Propos d'Histoire d'Haïti, Rulx Léon; Il était une fois, Haïti, Eddy Mésidor; Description de l'île de Saint-Domingue", écrit par le colonel polonais Kazimierz Lux, lui-même était à Saint-Domingue".

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Notes de Charles Philippe BERNOVILLE

Président et directeur des recherches.

 

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