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Corse : les nationalistes s’installent à la tête de la collectivité unique

AFP
Corse : les nationalistes s’installent à la tête de la collectivité unique

   C’est fait. Le dirigeant indépendantiste Jean-Guy Talamoni a été élu sans surprise mardi président de l’assemblée de la nouvelle collectivité territoriale unique de Corse, avec 40 voix sur 63. Les nationalistes, qui avaient obtenu 57 % des suffrages le au second tour des élections territoriales du 10 décembre, y disposent de la majorité absolue.

   Une victoire dédiée aux «prisonniers et recherchés»

   Longuement applaudi, Jean-Guy Talamoni, président sortant de l’ancienne assemblée, a dédié en langue corse sa victoire aux « prisonniers et recherchés » et « à tous ceux du Front de libération nationale de la Corse, armée invaincue, née il y a quarante ans pour défendre le peuple corse à une époque où la démocratie n'existait pas sur cette terre ».    Sur les 63 élus de de la nouvelle assemblée, 40 ont voté pour lui. Les candidats de droite Jean-Martin Mondoloni et Valérie Bozzi, qui sont restés stoïque pendant le discours d’investiture, ont respectivement obtenu 10 et 6 voix. Jean-Charles Orsucci (LREM), 6 voix. Un votant s’est prononcé pour l’autonomiste Gilles Simeoni, qui n’était pas candidat à la présidence.

   Gilles Simeoni à la tête de l’exécutif

   Les élus de l’assemblée ont ensuite élu ensuite les membres du Conseil exécutif, sorte de « mini-gouvernement » corse de 11 membres. Là aussi comme prévu dont la présidence revient à l’autonomiste Gilles Simeoni, l’autre grand vainqueur de élections territoriales des 3 et 10 décembre. L'ex-maire de Bastia, élu avec 42 voix sur 63, et massivement applaudi, y compris par ses opposants. Dans son discours, a présenté ses voeux « d'abord à celles et ceux qui sont dans des situations personnelles ou familiales difficiles », soulignant que la « précarité économique et sociale » et « l'exclusion » «frappaient durement» l'Ile de Beauté. Un projet social que Jean-Guy Talamoni avait également défendu peu de temps auparavant. « Aux jeunes, incertains quant à leur avenir, je veux dire que nous travaillons depuis deux ans pour leur assurer, pour reprendre les mots du Pape François : le travail, le toit, la maîtrise de la terre », avait ajouté le dirigeant indépendantiste.

   «Un geste politique fort» attendu de Paris

   Mardi à la mi-journée, le ministère de l'Intérieur a annoncé la visite en Corse vendredi 5 janvier de la ministre Jacqueline Gourault, nommée le 12 décembre dans la foulée des élections territoriales à la fonction informelle de «Mme Corse ». Devant l’Assemblée de Corse, Gilles Simeoni, a déclaré en français attendre « un geste politique fort » de Paris, estimant que le président Macron pouvait «être l'homme d'Etat qui conduira à une solution politique négociéeé». « Jamais il ne s'est trouvé une situation aussi favorable au règlement durable et négocié d'un conflit politique qui dure depuis un demi-siècle. Que Paris l'entende et le comprenne ! », a-t-il poursuivi. « Nous sommes des interlocuteurs raisonnables et pondérés, dont la légitimité démocratique et politique est forte et incontestable », a-t-il encore souligné. Dans l’entretien accordé au Parisien, Jean-Guy Talamoni, avait estimé qu'« à l'heure actuelle, ni le président de la République, ni aucun membre de son gouvernement, ne sont vraiment au courant de la question corse ».

   L'objectif affiché des deux dirigeants est un statut d'autonomie de plein droit pour l'île d'ici trois ans, et sa mise en oeuvre effective en dix ans.

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