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CÔTE D'IVOIRE : LE POINT SUR LA SITUATION, SAMEDI 25 DÉCEMBRE 2010, 20 H GMT.

Avant-propos : jamais, de ma vie, je n'ai été, autant insulté, autant injurié, autant menacé, par des commentaires ou des messages personnels, sur le texte que j'ai écrit sur la Côte d'Ivoire. Ceci prouve au moins une chose : que  la haine qui est en l'homme est bien plus immédiate, infâme, aisée que l'amour et le respect. Je le prends comme un encouragement et demande instamment à mes détracteurs et à ceux qui ont simplement vomi sur moi d'en faire davantage. Déchainez-vous, ma conscience est en paix. Si j'avais voulu faire une analyse de la situation du pays, depuis les années quarante et bien avant, j'aurais très bien pu le faire car j'ai énormément lu sur l'histoire de la Côte d'Ivoire, et mes conclusions auraient été moins tranchées, plus nuancées, autres, que ce que j'ai écrit mais auraient exigé des pages, des pages et des pages. Avec des responsabilités historiques qui ne sont pas essentiellement ivoiriennes, loin s'en faut. Peut-être, n'aurais-je rien écrit. J'ai vécu, quelque mois en Côte d'Ivoire, où je n'ai d'ailleurs pas côtoyé un Français, car là où je vivais il n'y en avait pas, disons donc parmi le peuple, celui qui est sans voix, celui qui n'a rien.

Je ne suis pas vraiment occidental mais bien plus proche de vous, africains, aujourd'hui. Qui sait d'où je suis ? Même moi, je n'en sais rien. Je ne suis, ni un journaliste, ni un militant enragé, ni un polémiste qui en fait carrière, ni un homme politique, ni un diplomate sibyllin mais simplement un homme, humain et libre, ni mandaté, ni rémunéré par personne, un homme de nulle part. J'ai passé beaucoup de temps en Côte d'Ivoire à regarder, à écouter. Vous ignorez aussi, que j'ai fait beaucoup dans ce pays avec mes maigres moyens et mon cœur, pour ceux, bien sûr, qui avaient peu. Mais je n'en suis pas resté là, j'ai essayé, pauvre fou, d'avoir une action à haut niveau, en Côte d'Ivoire et aussi en France. Tout cela n'a abouti à rien, pour deux raisons. D'abord parce que je ne suis rien de bien important, ensuite parce que ma seule préoccupation était le peuple. N'allez pas croire, que dans mon esprit nous avons d'un côté le diable et de l'autre le bon Dieu. Si j'ai choisi le parti pris que vous savez, c'est dans le seul espoir, de ne plus voir ce que j'ai vu en Côte d'Ivoire et que le changement apportera davantage au peuple. Peut-être, n'est-ce qu'un pari, une illusion.

Certes Raphaël Confiant m'a soutenu dans cette curée, mais mollement. Et quelques lignes plus loin, logiquement et il avait raison, il ne s'est pas opposé à ce que l'on me « zappe.» Il est directeur d'un site qu'il a créé, un site généraliste. Comme il ne s'agit pas d'un blog personnel, il lui faut des rédacteurs. J'ai écrit sur ce site plus de textes que lui, de la poésie entre autres, sans que cela ne soulève de  polémique. Et, tous mes textes ont été longuement travaillés. Alors, qui que vous soyez, criez « haro sur le baudet. » Car, au fond, vous aurez, un jour, à commenter … mon silence.

 

1_ La rue

J'ai eu A.K. Au téléphone. Abidjan est plus calme, plus de pneus brûlés. Quelques barrages. Il n'y a plus d'exactions contre les civils, même si la peur demeure. Le quartier d'Abobo, musulman, très pauvre, pro-Ouattara, a subi la terreur de la part de la police et des milices de Gbagbo. Ailleurs, les magasins marocains ont réouvert leurs portes pour vendre des cadeaux de Noël pour les enfants. Mais toutes les banques sont closes. Difficile de se nourrir aussi. L'armée est discrète, même si les généraux s'affichent toujours autour de Laurent Gbagbo. Selon A.K. Seuls les Jeunes Patriotes, sous les injonctions de leur charismatique leader, Charles Blé Goudé, patrouillent la ville. Ils sont montés vers l'hôtel du Golf, où est réfugié Alassane Ouattara. Mais ont été refoulé par les soldats de la Licorne, troupes françaises sous commandement de l'ONU. Charles Blé Goudé parcourt la ville et ses banlieues, comme le prophète de l'apocalypse, meeting en meeting. Avant hier à Yopougon, hier à Port Bouët. Il harangue, il exhorte, il veut du sang, la ville jonchée de cadavres. On l'applaudit à tout rompre. Les Jeunes patriotes s'en prennent aussi aux convois de l'Onuci. En revanche, ils ont une trouille bleue de la Gendarmerie française, qui, elle, circule partout librement. Ils ont en mémoire le bouclage de la ville d'Abidjan en moins de 2 heures, il y a quelques années. Vincent Bolloré, qui possède la moitié des ports d'Afrique, entre autre, a décidé de fermer toute activité portuaire à Abidjan. Selon A.K. Le Nigeria et l'Algérie sont prêts à intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Pression d'Obama, de la France et de la Cedeao (Communauté Économique des États de l'Afrique de L'Ouest). Dans quelques jours, probablement. A.K. dort mieux. Et puis, un ami fidèle lui a envoyé de l'argent pour manger, mais les autres ...

 

2_ les médias et la communauté internationale

Washington a ordonné l'évacuation du personnel non essentiel de l'ambassade des États-Unis en Côte d'Ivoire en invoquant les risques que les manifestations ne deviennent «violentes». «On ne peut exclure de l'hostilité à l'égard des Occidentaux, y compris des ressortissants américains», dit un communiqué du département d'État. La France a demandé à ses ressortissants de quitter le pays, 1500 sont rentrés sur 15 000. L'UE, de son côté, va imposer des restrictions de déplacement à 19 responsables ivoiriens, dont le président sortant Laurent Gbagbo. «Nous nous attendons à ce que la mesure soit adoptée mercredi et entre en vigueur jeudi, avec effet immédiat», a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission européenne. Alors que Laurent Gbagbo refuse toujours de quitter le pouvoir, et que le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé lundi de six mois le mandat de sa force en Côte d'Ivoire, défiant ainsi le président sortant, la situation semble de plus en plus tendue. Et cette situation pourrait continuer de se dégrader, selon Michel Galy, politologue et rédacteur pour la revue Culture et Conflits, qui affirme que «un scénario catastrophe est assez probable». Celui auquel le spécialiste s’attend? «Un scénario à la rwandaise, ce qui signifierait que les quartiers d’Abidjan pro-Gbagbo, comme Youpougon, et ceux comme Abobo, pro-Ouattara, entrent en conflit direct». Avec au milieu la force de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), qui risque désormais de se retrouver dans la même situation que l’Ecomog en Sierra Leone. Cette dernière, rappelle l’expert, «bien que mandatée par l’ONU, était devenue une faction parmi d’autres dans le conflit». Cependant, le politologue entrevoit une possible sortie de crise, via les négociations «à tout-va» qui ont lieu entre différents acteurs depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Ainsi, «après l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, le Gabonais Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine, ou encore l’Eglise catholique font la navette entre les deux présidents pour trouver un point d’accord», explique-t-il. Il rappelle en effet que les «casques blancs» de la communauté catholique Sant’Egidio ont déjà par le passé aidé à régler d’autres conflits, comme au Mozambique ou au Burundi. Objectif de ces négociations? Trouver une combinatoire entre les gouvernements Gbagbo et Ouattara. Et pour cela, trois solutions possibles: soit l’un des deux hommes est nommé président et l’autre Premier ministre, soit les deux présidents se succèdent au pouvoir –ce qui «n’est pas très réaliste», selon Michel Galy–, soit, enfin, Alassane Ouattara exerce son pouvoir sur la zone nord, et Laurent Gbagbo fait de même sur la zone sud, Abidjan compris.

Cependant, une telle partition signifierait que l’unité que devait consacrer l’élection présidentielle a échoué, rappelle le politologue. D’autant plus que les ultimatums lancés ces derniers jours, de la France en particulier, risquent de réduire à néant ces négociations. «Il y a deux pouvoirs de fait, il faut désormais chercher des médiations, comme l’a proposé Dominique de Villepin», affirme Michel Galy. Ce dernier ferait d’ailleurs un bon médiateur, selon lui, dans la mesure où il semble bien s’entendre avec Laurent Gbagbo.

Véritable main tendue ou volonté de gagner du temps ? Mardi soir, Laurent Gbagbo s'est en tout cas dit prêt à accueillir un «comité d'évaluation» international, tout en réaffirmant à la télévision d'État ivoirienne RTI qu'il avait remporté l'élection présidentielle.
Ce comité, dirigé par un représentant de l'Union africaine, comprendrait des représentants de la Cedeao, de l'OUA, de la Ligue arabe, des Nations unies, des États-unis, de l'Union européenne, de la Russie et de la Chine, a-t-il précisé. Ce comité aurait pour mission «d'analyser objectivement» le processus électoral «pour un règlement pacifique de la crise», a-t-il expliqué.


Laurent Gbagbo, qui refuse de quitter le pouvoir après un scrutin remporté le 28 novembre selon la communauté internationale par son rival Alassane Ouattara, subit des pressions de plus en plus fortes.

«J'ai remporté le scrutin, je suis le président de la République de Côte d'Ivoire», a-t-il cependant réaffirmé mardi soir, soulignant que «l'État fonctionne». Selon lui, «la communauté internationale déclare la guerre à la Côte d'Ivoire». «Cela n'est pas acceptable et cela ne sera pas accepté», a-t-il mis en garde.

Il a estimé que tôt ou tard, la force de l'Onu et le dispositif français Licorne «partiront» et a appelé le camp de son rival Alassane Ouattara à quitter l'hôtel d'Abidjan où il est actuellement retranché.


«Je ne veux plus que le sang soit versé, je ne veux plus de guerre», a expliqué Laurent Gbagbo dans son discours, retransmis à Paris par la chaîne i>Télé. «Je suis donc prêt dans le respect de la Constitution (...) à accueillir un comité d'évaluation post-électoral» (sic), a ajouté le président sortant.

Au-delà des larmes que cette intervention m'a arraché, je la trouve assez fort de café. NDLR

Jeudi, le Premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, en appelle à la Cour pénale internationale...Les journées se suivent et se ressemblent en Côte d'Ivoire.  le Premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, a estimé que Laurent Gbagbo devrait être traduit devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les événements survenus dans le pays depuis le scrutin présidentiel et qui ont fait près de 200 morts selon l'Onu. Désigné vainqueur par un Conseil constitutionnel acquis à sa cause, le chef de l'État sortant, Gbagbo, résiste aux pressions de la communauté internationale qui souhaite le voir céder le pouvoir à Ouattara, proclamé vainqueur par la commission électorale et réfugié à l'hôtel du Golf.

Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes Patriotes, proches de Laurent Gbagbo, a appelé jeudi à un rassemblement le 29 décembre à Abidjan pour dénoncer l'ingérence étrangère dans les affaires ivoiriennes. «La place de Gbagbo n'est pas au palais présidentiel mais à la Cour pénale internationale», selon Soro. Dans un entretien publié jeudi dans le quotidien français Libération, Guillaume Soro espère l'envoi d'une mission de la CPI dans le pays pour «établir la responsabilité des uns et des autres et que tous ceux qui sont impliqués d'une manière ou d'une autre soient transférés à La Haye». «Nous espérons vivement que la communauté internationale ne prenne pas trop de temps pour se rendre compte que la place de Gbagbo n'est pas au palais présidentiel mais à la Cour pénale internationale de La Haye», a-t-il ajouté.
Réuni à Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a adopté jeudi soir une résolution condamnant les violences politiques et préconisant l'ouverture d'une enquête sur l'ensemble des crimes commis et la protection des civils.

Lors d'une séance extraordinaire convoquée à la demande de pays africains, les pays membres du Conseil ont condamné les graves atteintes aux droits de l'homme et «les atrocités» commises depuis le second tour de la présidentielle, le 28 novembre, et fait part de leur crainte d'une escalade de la violence.

Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) affirme disposer d'accusations étayées faisant état de la mort d'au moins 173 personnes dans des violences et des arrestations pendant la période allant du 16 au 21 décembre. L'ambassadrice des États-Unis auprès du HCDH, Betty E. King, a parlé pour sa part de près de 200 personnes tuées dans les violences qui ont suivi le deuxième tour du scrutin.

Depuis l'hôtel du Golf où il est retranché, Guillaume Soro a appelé mercredi le Conseil de sécurité des Nations unies à envisager la force pour contraindre Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Une telle initiative doit relever des pays africains, a estimé jeudi le ministre français de la Coopération.«La communauté internationale, qui a ratifié les résultats en Côte d'Ivoire, est représentée par la force de l'Onu, l'Onuci, et je ne vois pas l'Onuci déclarer la guerre à une partie de la Côte d'Ivoire contre l'autre partie», a dit Henri de Raincourt au micro de RFI.

Jeudi 22 encore, le président français Nicolas Sarkozy a réitéré le soutien de Paris à la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest qui devait se réunir vendredi à Abuja pour trouver une issue à la crise ivoirienne. Un possible renforcement des 10.000 casques bleus de l'Onu déployés en Côte d'Ivoire (Onuci) pour parer à toute action des partisans de Gbagbo est actuellement discuté aux États-Unis. ( Reuters )

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) s'est réunie ce vendredi 24 au Nigeria... Quels sont les moyens d'amener Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à Alassane Ouattara? C’est ce à quoi les États voisins de la Côte d'Ivoire réfléchissent ce vendredi à Abuja, la capitale du Nigeria, lors d'un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao). La presse ivoirienne rapporte que le pays attend avec impatience les résultats de cette réunion, la seconde en deux semaines. Certains journaux disent que la Cedeao pourrait envisager le déploiement de sa force d'intervention, l'Ecomog. Les chefs d'État de la Cedeao ont refusé de s'exprimer avant leur rencontre. La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a publié vendredi un communiqué au terme d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement au Nigeria sur la situation en Côte d'Ivoire, demandant au président sortant ivoirien Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Les dirigeants des pays de la Cedeao ont juré d'utiliser la force légitime si M. Gbagbo refuse la demande s'il refuse la demande de l'organisation sous-régionale. Les chefs d'État ouest-africains ont exprimé leur forte inquiétude sur les nombreuses pertes de vie depuis le 7 décembre, avertissant les responsables qu'ils feraient l'objet de jugement international pour les violations des droits de l'homme, dit le communiqué. Ils ont demandé à M. Gbagbo de transférer immédiatement le pouvoir, de façon pacifique, au président élu Alassane Ouattara. Ils ont également apporté leur soutien aux sanctions imposées par des organisations régionales et internationales à M. Gbagbo et ses associés, incluant les restrictions de voyage et le gel des avoirs financiers, ajoute le texte. Les dirigeants présents à Abuja ont affirmé que la Cedeao, dont la Côte d'Ivoire est membre, n'aura pas d'autre choix que d'adopter des mesures, y compris l'utilisation de la force légitime pour aider le peuple ivoirien à atteindre leur but, dit le communiqué. Ils ont en même temps décidé d'envoyer une délégation de haut rang en Côte d'Ivoire à la recherche d'une solution pacifique dans le pays. Il ont par ailleurs demandé au président de la Commission de la Cedeao de convoquer sans délai une réunion du Comité des chefs d'état-major pour étudier d'éventuelles actions, y compris le renforcement de la sécurité sur la frontière entre le Liberia et la Côte d'Ivoire. La Cedeao, qui comprend 15 pays membres, avait suspendu la Côte d'Ivoire lors de son sommet du 7 décembre à Abuja, déclarant reconnaître Alassane Ouattara comme vainqueur de l'élection présidentielle ivoirienne.
 
Le camp d'Alassane Ouattara, reconnu président de la Côte d'Ivoire par l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi 23, a jugé que la communauté internationale devait envisager l'emploi de la force pour contraindre Laurent Gbagbo à céder le pouvoir. Alors que Charles Blé Goudé, chef des Jeunes Patriotes, mouvement de partisans de Laurent Gbagbo, a prévenu que l'envoi d'une force militaire pourrait relancer la guerre civile qui a coupé le pays en deux en 2002-2003. Michèle Alliot-Marie, la ministre française des Affaires étrangères, a réclamé vendredi «une transition qui se fasse sans violence». «M. Gbagbo a encore la possibilité de sortir par le haut de cette situation en reconnaissant ce que sont les résultats et en transmettant le pouvoir dans les conditions normales», a-t-elle déclaré, en laissant entendre que les responsables des violences signalées à Abidjan pourraient être poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI).

La communauté internationale tente aussi d'organiser une asphyxie financière de Laurent Gbagbo. Après la Banque mondiale, qui a gelé mercredi 22 le transfert de 800 millions de dollars à destination de la Côte d'Ivoire, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a décidé jeudi de ne plus reconnaître l'autorité de Laurent Gbagbo. Elle a dit que l'accès à ses fonds serait réservé aux représentants du «gouvernement légitime» d'Alassane Ouattara. Pour les observateurs, ces décisions pourraient mettre Laurent Gbagbo, qui contrôle l'armée, dans l'impossibilité de verser les salaires, notamment aux troupes. L`UEMOA demande à la BCEAO d'autoriser uniquement les représentants du président ivoirien légitimement élu, Alassane Ouattara, à gérer les comptes du pays

A la demande de la France, le bâtiment de guerre néerlandais Amsterdam a pris la direction de la Côte d'Ivoire pour fournir un appui logistique aux forces navales françaises dans la région et aider à évacuer des ressortissants européens si nécessaire, a annoncé le ministère néerlandais de la Défense. A Paris, un porte-parole de l'état-major des armées a dit que le soutien logistique demandé au navire néerlandais concernait un bâtiment français dans le golfe de Guinée, dont la présence n'est pas liée à la situation en Côte d'Ivoire.

Samedi 25, la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest a tapé du poing sur la table... La Cedeao perd patience. La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest a annoncé jeudi l'envoi en Côte d'Ivoire d'un émissaire pour faire savoir au président sortant, Laurent Gbagbo, qu'il doit céder le pouvoir, faute de quoi il s'expose à une «force légitime». La Cedeao a averti à l'issue d'un sommet extraordinaire à Abuja, capitale du Nigeria, qu'elle réunirait les chefs d'état-major des 15 pays membres pour préparer une éventuelle intervention au cas où Gbagbo ne s'inclinerait pas. (Reuters)

Voici maintenant une simple illustration de la méthode Gbagbo utilisée à la MACA : Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan. La triple peine de la MACA est décrite par le grand reporter Jean-Paul Ney, (alors retenu en otage à la MACA, par le président Laurent Gbagbo pour avoir approché la rébellion) comme étant d’abord celle de l’arrivée en prison, les hommes sont déshabillés, déshumanisés. Ensuite ils doivent payer pour ne pas dormir debout ou recroquevillés dans des toilettes immondes. La troisième peine c’est la faim, les mauvais traitements et l’hygiène déplorable, les maladies, le sida…Gbagbo, par ailleurs, exhortait, dans ses meetings, au racisme ethnique et ouvertement au racisme anti-français. Il résolvait, en outre, les frondes populaires en faisant tirer sur la foule. Tel était le dialogue syndical.

 Cote d'ivoire - Prison d’Abidjan: Ces images que Gbagbo voudrait oublier

 

Reportage touristique sur la Côte d'Ivoire, réalisé en 2008, sous le régime de Laurent Gbagbo, ( par le grand reporter Jean-Paul Ney )

 

A l'heure qu'il est, 20 h GMT, on fait état d'un départ de 14 000 ivoiriens vers le Liberia. S'agit-il d'ivoiriens qui fuient le danger ou de partisans pro-Gbagbo comprenant qu'il faut changer d'air. Nombreux ont été bloqués par les forces pro-Ouattara. Il semble aujourd'hui qu'une intervention militaire de la Cedeao se rapproche de plus en plus. Sans compter le TPI pour les exactions et atrocités perpétrées par les forces loyalistes à l'encontre de 173 ivoiriens selon l'ONU. « Inacceptable » a répondu Laurent Gbagbo. Il a bien raison, mais qu'est ce qui est acceptable, quand on s'appelle Laurent Gbagbo ? Tout ! Par ailleurs, Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement de Gbagbo, lors d'une interview à Radio France Internationale, a déclaré ce samedi  : «Nous sommes surpris que pour un contentieux électoral, il y ait tant d'escalade en matière de sanctions et de prises de positions contre la Côte d'Ivoire»,  «Cela est très injuste», a-t-il ajouté en s'élevant contre «un complot international» dirigé par la France contre la Côte d'Ivoire. «Nous sommes prêts à toutes les formes de discussion sur la base du droit constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire», a encore dit le porte-parole du gouvernement Gbagbo. Interrogé sur l'envoi éventuel d'une force africaine dans le pays, il a répondu: «Je crois qu'ils n'iront pas jusque là.» Très injuste, car Laurent Gbagbo s'y connait en matière de justice … expéditive. Et puis, il y a eu des sommations. Oui, oui, ça existe. Évidemment, c'est un complot ourdi par la France, accompagnée de 191 États, membres de l'ONU. Injuste, inacceptable, certes, mais va falloir raccrocher les gants, Monsieur l'ex-Président à vie, car le K.O. n'est pas loin et vous le savez ...En boxe anglaise, c'est le combat de trop.

 

3_ NDLR

Je m'excuse auprès de Monsieur le ministre Charles Blé Goudé, d'avoir, au nom de la non-violence, estimé qu'une balle en plein front mettrait un terme à son pèlerinage, à son enseignement pacifiste, modéré, anti-raciste, œcuménique, conciliateur, lors de ses nombreux meetings. Pourtant un décompte macabre de ses exactions et de ses exhortations à d'autres exactions montrerait qu'il ne s'agissait pas d'un acte de violence que j'appelais de mes vœux mais réellement  d'un acte de non-violence, de non-déchainement de la violence. Un peu comme on abat un animal atteint de la rage et donc dangereux, contagieux.

Enfin, l'indignation m'a toujours paru suspecte. A cette heure, tous les ivoiriens sont indignés, de quelque bord qu'ils soient. Elle est un réflexe et non une réflexion. Il y a toujours eu, je l'ai déjà dit depuis fort longtemps, un homme indigné dans chaque criminel. Une morale, une éthique, est en chacun de nous. Mais de qualité très variable. Le bien, le mal, nous en avons tous une idée vague. Certains, toutefois, s'en moquent complètement, en rient même. Car tout cela n'est pas indispensable à la vie. Une morale élevée cependant exige beaucoup de réflexion, souvent un combat implacable contre soi-même, sans échappatoire ni duperie. Combat dont on ne sort jamais, réellement vainqueur, orgueilleux, vaniteux, triomphant mais humble et tolérant, car l'homme est faillible, sa volonté connait souvent des faiblesses.

Je disais simplement cela à l'attention des chiens qui aboient … qui ne savent qu'aboyer … puisque ce sont des chiens …

 

Thierry Caille

 

Photo du logo : la lumière à Abidjan, mais les ombres ...

 

 

 

Commentaires

redaction | 27/12/2010 - 03:50 :

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