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CÔTE D'IVOIRE: LE POINT SUR LA SITUATION, VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2010, 20H GTM

A la mémoire du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer,
ex-collaborateur d'Antilla, assassiné dans les sous-sols de la Présidence par les sbires de Simone Gbagbo, (épouse officielle de Laurent Gbagbo), pour avoir mis à jour les malversations de cette dernière, dans le commerce du cacao. Son corps n'a jamais été retrouvé.

 

Selon les spécialistes des crises africaines, la Côte d'ivoire connait le pire scénario que l'on pouvait imaginer, celui que connut le Kenya et le Rwanda. Les élections « démocratiques », dont le second tour a eu lieu le 28 novembre 2010, ont abouti à la victoire des deux candidats en lice, le président sortant Laurent Gbagbo (FPI, Front Populaire Ivoirien) et le candidat de l'opposition, Alassane Ouattara (RHDP, Rassemblement Houphouëtiste Démocratique pour la Paix).

La CEI (Commission électorale indépendante, composée de membres de tous les partis en présence) a donné, assez largement vainqueur Alassane Ouattara. Le Conseil constitutionnel, composé de proches du Président sortant, ayant invalidé de nombreux résultats, notamment dans le nord du pays, pro-Ouattara, a  promulgué la réélection de Laurent Gbagbo.

Les deux Présidents ont prêté serment et composé leur gouvernement. Guillaume Soro, imposé comme Premier ministre de Laurent Gbagbo, après les accords de Marcoussis, a été nommé Premier ministre de Alassane Ouattara.

1_Qui sont-ils sommairement ?

Laurent Koudou Gbagbo, fut un remuant opposant à Félix Houphouët-Boigny, qui l'envoya en exil à Paris en 1985. Il reçut là, le soutien et la formation du PSU français, (Parti Socialiste Unifié), et devint notamment ami de Monsieur Afrique du PS, Guy Labertit, et de nombreux socialistes comme Jack Lang. De retour en Côte d'ivoire, « l'arbre ne se fâche pas contre l'oiseau » avait dit le vieux Houphouët, il acquiert du poids politique. Mais en février 1992, suite à des manifestations étudiantes, où il prend une part active, il est arrêté par le Premier ministre d'Houphouët, … Alassane Ouattara. Henri Konan Bédié, succède à Houphouët, à la mort de ce dernier. Il est renversé par le général Gueï, fin 1999. Aux élections présidentielles qui suivent, 22 octobre 2000, Laurent Gbagbo sort vainqueur face à Guéï (300 morts). Le général Guéï sera assassiné en 2002, à Abidjan, pendant la rébellion du nord. L'ordre ne pouvait venir que de la Présidence qui en a fait un système. En 2002, éclate dans le nord du pays une rébellion, destinée à renverser Laurent Gbagbo. Les rebelles lourdement armés, par le Burkina-faso, par un financement, que Guy Labertit, attribue à la France (Abidjan-sur-Seine, Fayard), déclenchent une guerre de plusieurs mois, qui mobilisera la France (Opération Licorne) et l'ONU (mise en place de l'ONUCI). La situation est stabilisée après plusieurs accords dont ceux de Marcoussis, qui imposent un gouvernement hybride. Mais en 2004, Gbagbo lance une offensive vers le nord (Bouaké). Les bombardements de l'armée ivoirienne font 9 morts parmi les troupes d'interposition françaises. En riposte, la France détruit l'aviation ivoirienne. S'ensuivent une série de pillages et la chasse aux Français par les jeunes partisans de Gbagbo (les patriotes). Le 43 ème BIMA, stationné près d'Abidjan, boucle la ville en 2 heures, par voie terrestre, maritime et aérienne, pour éviter les débordements des communes périphériques de la ville. Tout cela part de l'idée, qui n'est pas fausse, que l'indépendance n'a pas mis fin à la colonisation. Mais Laurent Gbagbo en a fait une théorie, après la restauration d'un racisme inter-ethnique, dans le pays, il n'a de cesse dans ses meetings de fustiger la France, par un comportement ouvertement  anti-français, même si économiquement, il ménage les investisseurs français, Bouygues, Bolloré, etc. Les accords de Ouagadougou, semblent ramener le calme avec la nomination de Guillaume Soro, Premier Ministre neutre. Les élections présidentielles étaient prévues en 2005. Elles auront lieu en 2010. Le système Gbagbo, s'appuie, sur l'ethnicité, la sienne d'abord, les bétés, sur une corruption généralisée, le culte de la personnalité, la démagogie, l'enrichissement personnel, les exécutions sommaires, le délitement de l'économie et la cession de pans entiers de celle-ci au secteur privé, sans compter le recours de plus en plus fréquent aux entreprises chinoises. En 10 ans de régime, guerres, chute du cours du cacao pour le premier exportateur mondial et gestion autocratique, la « Suisse africaine », comme on nommait la Côte d'ivoire, sous Houphouët-Boigny, (qui créa le mot « Françafrique »), est devenue, comme je l'ai constaté à Abidjan, « le New-York africain », il y a peu, une ville en loques, défoncée, où croissent résignation, pauvreté, mendicité, déliquescence des systèmes de santé et d'éducation, délinquance, chômage, un pays ruiné malgré ses richesses et surtout devenue une voyoucratie, une dictature, sans état d'âme...

gbagbo

Son Altesse Sérénissime Laurent Koudou Gbagbo, prêtant serment le 4 décembre 2010, comme Président de la République de la Côte d'Ivoire, démocratiquement réélu, par le Conseil constitutionnel.

Alassane Dramane Ouattara (ADO), ancien Premier ministre de Houphouët-Boigny, devient l'année suivante directeur général-adjoint du FMI. Par son parcours professionnel au sein de grandes institutions financières dont le poste de gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest à Dakar, celui de directeur du département Afrique au FMI à Washington, il jouit d'une bonne réputation auprès des organisations financières internationales. Il est très populaire dans le Nord du pays. Depuis son éviction du pouvoir, il a été « l'éternel candidat refusé à la candidature suprême », d'abord sous Bédié selon le concept « d'ivoirité », repris sous Gbagbo qui a mis en avant « ses origines douteuses ». Né à Yamassoukro, son père Dramane, commerçant et transporteur prospère, est un descendant de Sékou Oumar Ouattara (1665-1745), fondateur de l’empire Kong, au début du XVIII ème siècle, à cheval sur le Mali, le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’ivoire. Il est nommé en 1999 Président du RDR, (Rassemblement des Républicains). Il choisit, sous Gbagbo, un exil à Paris où il tisse des liens... Il rentre en 2006, espérant des élections prochaines, qui auront lieu finalement en 2010 et dont il sort vainqueur, au second tour, (le PDCI de Henri Konan Bédié (Parti fondé en 1946 par Houphouët-Boigny à l'Etoile du sud à Treichville NDLR) étant  en perte de vitesse, (24 % des voix au premier tour) sous l'étiquette RHDP (Rassemblement Houphouëtiste Démocratique pour la Paix), le 2 décembre 2010, au second tour, par 54,45 % des voix, après le décompte fourni par la CEI au Conseil constitutionnel, qui l'invalide, et à l'ONU qui le valide.

Ouattara

Alassane Dramane Ouattara, Président actuel de la Côte d'ivoire, élu démocratiquement par le peuple ivoirien.

 

2_ État des lieux depuis le 2 décembre 2010.

L'ONU, puis la communauté internationale, ont reconnu immédiatement Alassane Ouattara comme nouveau Président de la Côte d'ivoire. Mais le Conseil constitutionnel, composé des amis de Laurent Gbagbo, a inversé le résultat des urnes. Et Gbagbo a prêté serment le 4 décembre 2010, le même jour qu'Alassane Ouattara, retranché à l'Hôtel du Golf, à Abidjan,  et sous la protection de l'ONUCI. Ouattara a reconduit Guillaume Soro dans ses fonctions de Premier Ministre et ce dernier a formé son gouvernement. Laurent Gbagbo a également formé un gouvernement. La pression internationale s'est accentuée, États-Unis, France, UE, secrétariat de l'ONU. La Côte d'ivoire a été exclue de l'UA (Union Africaine), de la CEDEAO (Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest). Les organismes bancaires internationaux et africains en particulier, ont également décidé de n'accorder leurs fonds qu'au gouvernement de Alassane Ouattara. Le Président Sud-africain est venu en médiateur, sans succès. Laurent Gbagbo a fait fermer les frontières, terrestres, maritimes et aériennes et dénonce toute ingérence étrangère. Isolé internationalement, désavoué par ses meilleurs amis étrangers, dont Jack Lang, (avec lequel ils ont joyeusement fréquenté ensemble la rue Princesse à Yopougon, réputée pour ses bordels NDLR), Laurent Gbagbo, ne peut compter que sur deux éléments, l'armée et le temps. L'armée, car les généraux, probablement grassement payés par le matelas dont dispose Gbagbo, peut quadriller les grandes villes, le temps car la communauté internationale, après les rodomontades peut se détourner de cette partie du monde. C'est pourquoi Alassane Ouattara a tout intérêt, comme il l'a fait le jeudi 16 décembre à « marcher » sur la télévision d'État et la Primature, et à renouveler la tentative chaque jour. Jeudi 16 décembre entre 7 et 30 morts, selon les sources. Les rebelles du nord qui, n'ont jamais été réellement désarmés, ont repris les armes ce jeudi, face aux 700 policiers envoyés par Gbagbo sur la zone délimitée par les accords de Marcoussis.

Des tractations ont bien eu lieu. Il a été proposé à Laurent Gbagbo de diriger l'UA et surtout qu'aucune poursuite ou sanction ne seraient prises à son encontre et à celle de ses collaborateurs qui savent être passibles comme lui de la Cour pénale de la Haye. Gbagbo refuse tout, affirmant qu'il a « une mission à accomplir ». Les proches de Gbagbo vivent dans la peur. S'ils trahissent, ils savent ce qui les attendent, s'ils restent fidèles, ils savent ce qu'ils risquent. Jeudi, l'UE a menacé de geler les avoirs de Gbagbo et de ses proches et de refuser tout visa. La France a préféré rester en retrait. Les forces françaises rangées auprès de celles de l'ONUCI, (plus de 7000 hommes) n'ont pas mandat d'intervenir mais d'assurer le maintien de l'ordre. En réalité, à Abidjan, elles assurent la protection d'Alassane Ouattara. Il existe naturellement des intermédiaires (go-between) entre les deux Présidents, sans qu'aucun résultat n'ai été obtenu à ce jour. Et la rue ? La ville d'Abidjan est quadrillée par l'armée, la Police et la Gendarmerie. Les Français se terrent, les ivoiriens aussi. Les Français (15 000) ont de mauvais souvenirs. Parmi les ivoiriens, chacun sait que les forces pro-Gbagbo tireront sur la foule seulement armée de bâtons. Le principal réseau de communications a été coupé à l'international. On ne va plus travailler, on reste chez soi à écouter RFI. Les quartiers populaires pro-Ouattara, les quartiers les plus pauvres aussi, Abobo, Adjamé, etc sont quadrillés par l'armée avec ordre de tirer à vue, au moindre attroupement (AFP).

Jeudi, plusieurs centaines de personnes avaient donc répondu à l’appel d’Alassane Ouattara leur demandant d’accompagner Guillaume Soro. Le Premier ministre du président désigné par la Commission électorale indépendante (CEI) avait annoncé lundi son intention de se rendre à la RTI, la Radio-télévision ivoirienne installée à Abidjan, avec son gouvernement et ses partisans pour y mettre en place un nouveau directeur général. Mercredi, Patrick Achi, porte-parole d’Alassane Ouattara, s’est pourtant voulu rassurant, persuadé que « les forces de défense et de sécurité ivoiriennes » ne tireraient pas « sur leur propre population et sur leur gouvernement légitime ». Des déclarations auxquelles le gouvernement de Laurent Gbagbo a rapidement réagi. Gnonzié Ouattara, ministre de la Communication du gouvernement nommé par Gbagbo, a considéré mercredi cette manifestation comme « de la provocation et de l’intimidation ». Plus menaçant, Charles Blé Goudé, chef des patriotes favorables à Laurent Gbagbo et fer de lance des manifestations anti françaises de 2003 et 2004 à Abidjan a comparé mercredi devant quelque 3000 jeunes ces déclarations à une déclaration de « guerre » . Le sinistre, Charles Blé Goudé, chef des Patriotes, auto-proclamé, porte-parole officiel de la jeunesse (85 % de la population), monnaye ses interventions auprès de Laurent Gbagbo. Il a été adjoint au directeur de campagne de Gbagbo et aujourd'hui, ministre de la jeunesse et de l'emploi du gouvernement Gbagbo. Il est aussi un démagogue hors-pair, qui s'est largement enrichi, dans le collimateur de l'ONU, pour des exactions qui n'en font plus « l'idole des jeunes ivoiriens », loin de là. Le responsable de la puissante Fédération estudiantine de Côte D’Ivoire (Fesci), Augustin Mian, assurant que ses membres étaient « prêts à donner leur vie pour sauver leur nation contre une nouvelle race d’impérialistes ».
Quelques témoignages des ivoiriens de France, (qui ont la chance d'y vivre et de pouvoir s'y exprimer librement, NDLR) :
Dans plusieurs commerces ivoiriens de Paris, on préfère d’ailleurs ne pas prendre parti. «Ici, on ne parle pas de politique, allez plutôt voir à l’ambassade de Côte d’Ivoire», répond-on dans une épicerie du 18e arrondissement. Dans une autre, les propos sont évasifs: «Il ne se passe rien, il y a deux présidents, un pour les noirs, un pour les blancs, pour la Françafrique». «Le peuple ivoirien veut seulement la paix, quel que soit le président.» Certains parlent tout de même. «Cela fait vingt ans que je vis en France, mais j’ai tout le monde là-bas, c’est pour ça que j’ai peur», confie Jean-Jacques. Selon lui, «c’est clair qu’il faut que Laurent Gbagbo parte, parce que là ça sent mauvais, ça va exploser». Paradoxalement, ce chef d’entreprise à Rennes aurait voté pour le président sortant, parce qu’Alassane Ouattara est musulman et qu’il est «responsable du coup d'État manqué en 2004». «Cela me gênait un peu», précise-t-il. Et puis le problème, «c’est qu’Alassane Ouattara, il se cache dans son bunker, et pendant ce temps-là, c’est le peuple ivoirien qui meurt». Pour autant, Jean-Jacques estime que, dans le même temps, Laurent Gbagbo «a fait son règne, il a fait deux mandats de cinq ans, c’est quand même beaucoup, on veut du changement». Au final, «le peuple ivoirien veut seulement la paix, quel que soit le président», conclut-il.
 
Inquiétude partagée chez les pro-Gbagbo et pro-Ouattara

Du côté du camp du président sortant, on n’en démord pas, Laurent Gbagbo a gagné et on ne comprend pas la position française officielle. «Nicolas Sarkozy n’a pas à dire quoi que ce soit, la Côte d’Ivoire n’est pas une sous-préfecture de la France», juge Abel Naki, directeur adjoint de la campagne de Laurent Gbagbo en France. Très inquiet quant à la tournure des événements, il estime que c’est la communauté internationale, et l’ONU en particulier, qui attise le feu en Côte d’Ivoire. «La situation actuelle est grave, des jeunes gens sont en train de mourir, l’opinion internationale doit accepter le résultat validé par le Conseil constitutionnel», clame Abel Naki. «Nous ne voulons pas d’un Rwanda bis», ajoute-t-il.

 Si l’opinion est totalement inverse, l’inquiétude est partagée dans le camp français d’Alassane Ouattara. «On vit la situation mal, très mal, on est sur les nerfs, on ne dort pas», réagit une porte-parole. «On est énervé par le comportement de Laurent Gbagbo, il n’est plus président, et tant qu’on ne l’arrêtera pas, il va continuer», résume-t-elle.

3_Vendredi 18 décembre 2010
Nicolas Sarkozy a sommé Laurent Gbagbo (et sa femme, Simone Gbagbo) de quitter « un pouvoir qu'il usurpe » avant la fin de la semaine sous peine de se voir nommément ( tous les deux) infliger des sanctions (donc dans 2 jours). Ce même vendredi, le PS français, enfin et tardivement, appelle au départ de Gbagbo, tout comme Abdou Diouf, seul Président africain à avoir accepté sa défaite électorale, donc une alternance. C'était en 2000 au Sénégal. A  ce titre, il devint Président de la francophonie. À 14 h 44 GMT, il semble que l'appel du camp Ouattara à marcher et à manifester n'ait pas été suivi. Les rues d'Abidjan sont vides et calmes. Deux cadavres sont découverts, à Abobo ; le quartier est sous haute surveillance. Les forces pro-Gbagbo n'hésitent pas à bloquer celles de l'ONUCI. A 17 h GMT, l'ordre règne sur Abidjan. A 16 h 40 GMT, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, juge que le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo conduirait à une «parodie de démocratie». « Il faut qu’Alassane Ouattara puisse prendre ses fonctions », a insisté Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse.
18 h GMT : Pessimisme chez les pro-Ouattara? D'après l'envoyé spécial du Nouvel Obs, qui a parlé à des Ivoiriens soutenant Ouattara, ces derniers sont déçus et ont peur. Ils n'ont pas d'armes pour se défendre alors que Gbagbo a des soldats armés pour le défendre.
18 h 40 GMT : Au moins un État africain a proposé d'accueillir Laurent Gbagbo si le président ivoirien sortant, qui refuse sa défaite face à Alassane Ouattara, accepte de quitter son pays, a déclaré le diplomate américain William Fitzgerald, chargé des affaires africaines au département d'État.  «Il y a au moins un État africain qui a proposé un départ « en douceur » mais c'est à Gbagbo que revient la décision», a dit Fitzgerald dans une interview à Reuters.
20 h GMT : Ce vendredi, il n'y a pas eu de marche des pro-Ouattara, malgré l'appel du président élu. La Communauté internationale hausse le ton contre Gbagbo et le menace de poursuites. Washington invite Gbagbo à s'exiler. Gbagbo se moque de tout, refuse tout.

A l'heure qu'il est on peut déjà conclure que Laurent Gbagbo a été réélu Président, au suffrage universel, par ce tour de force, d'avoir les votes de ses seuls apparatchiks et de quelques voyous fanatiques et d'avoir supprimé le peuple, surtout celui qui crève de faim et qui ne lui doit rien, sinon d'en avoir fait un peuple de sous-hommes, résigné et convaincu que le Roi va continuer a festoyer sans lui.
Il est fort peu probable qu'une guerre civile n'éclate dans Abidjan, tant les forces en présence sont inégales. Reste la communauté internationale. Après les rodomontades, que fera-t-elle ? Déjà les Américains réduisent leur personnel consulaire, par crainte « d'un ressentiment anti-américain ». On imagine mal une résolution de l'ONU préconisant une intervention armée en Côte d'ivoire, les russes et les chinois ne la voteront pas. Il y aura des sanctions. Au mieux, ce pays, figurera sur la liste des États-voyous, avoirs bloqués, crédits gelés. C'est le peuple qui en souffrira, pas le pouvoir. Resterait un plan B : réarmer, les rebelles du nord, d'une façon ou d'une autre,  et lourdement. Donc provoquer un nouveau conflit, comme en 2002. Cette fois, façon Rwanda …Pari risqué et coûteux en vies humaines …
20 h 15 GMT : sans présager de l'avenir, du meilleur ou du pire, tout semble concourir à l'installation d'une dictature dans la République de Côte d'ivoire … NDLR

Thierry Caille

 

Photo du logo : Guy-André Kieffer, journaliste assassiné comme beaucoup, beaucoup d'ivoiriens méconnus, par le régime socialiste de Laurent Gbagbo.

 

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