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CRASH DE LA WEST CARIBBEAN : Les pilotes ne sont que l’arbre qui cache la forêt

Rose-Marie Taupin Pélican
CRASH DE LA WEST CARIBBEAN : Les pilotes ne sont que l’arbre qui cache la forêt

   Victimes, nous n’avons pas demandé à l’être, nous qui avons perdu 152 des nôtres dans le crash tout à fait prévisible d’un avion poubelle à Maracaibo. Ayant endossé ce statut, nous attendions qu’une enquête sérieuse nous révèle les véritables causes du drame. C’est précisément ce qui nous avait été promis et nous trouvions cela normal.
   Le Procureur de l’époque avait dit qu’on ouvrirait chaque porte pour voir ce qu’il y avait derrière avant de la refermer. Mais il était évident, vu le contexte, que derrière certaines portes, à l’image de la boîte de Pandore, il y avait des choses qu’il valait mieux ne pas laisser sortir.  

   En conséquence, il leur fallait à tout prix focaliser l’enquête sur les pilotes de manière à ne pas mettre en lumière d’autres responsabilités, et en premier lieu celles de l’ETAT français, celui-là même qui devait nous protéger.
   Pourquoi les pilotes, me direz-vous ? C’est parce que morts, on peut leur faire, sans crainte, endosser toutes sortes de responsabilités, même les plus grotesques comme celle qui consiste à dire qu’ils auraient eux-mêmes surchargé l’avion. Qui va nous apprendre que « lan mõ a brigo ka fè solda di bien » ? Ainsi, beaucoup de portes sont restées fermées depuis 13 ans car :

   -  Le juge refuse de reconnaître la responsabilité de la compagnie. Il affirme, malgré un dossier de maintenance accablant que l’avion n’avait aucun problème. Donc tout zafè avion poubel fini. Et pour cause : reconnaître que l’avion était pourri, c’est admettre que la DGAC française a failli à sa mission car c’est elle qui a autorisé cette compagnie inconnue, de Medellin, à venir se poser en Martinique.

   -  Le juge ne retient pas les insuffisances, le laxisme de la DGAC colombienne qui a permis que la West continue ses activités dans de telles conditions, malgré 17 violations de la réglementation de l’aviation civile colombienne et déjà un crash à son actif quelques mois plus tôt. Et pour cause : reconnaître que la Colombie n’a pas fait son travail, c’est aussi admettre que la DGAC française n’a pas été à la hauteur en ne vérifiant rien alors que le Directeur de l’Aerocivile colombienne avait annoncé qu’il lui manquait 64 inspecteurs.

   -   Le juge ne veut pas s’intéresser à l’agence Globe Trotter car les CVRK, feignant d’ignorer leurs obligations d’agents de voyage, ont très vite dit qu’ils n’étaient pas ceux qui avaient donné le droit de trafic à la West. En conséquence, les accuser, c’est aussi accuser la DGAC, donc l’Etat français.

   -   Le juge a rejeté la plainte contre le courtier de Miami, monsieur Cimetier qu’il estime inintéressant pour le dossier. Et pour cause : cet homme-là aurait bien des choses à dire, autant de choses qui accableraient la DGAC française puisqu’elle n’a traité qu’avec lui, ce qui est extraordinaire quand on sait qu’il n’est ni dirigeant, ni employé de la West. La justice américaine l’a amené à faire des révélations tout au long d’un interrogatoire de plus de 300 pages sur le véritable rôle qu’il a joué dans cette affaire, allant jusqu’à acheter des pièces détachées pour le compte de la West tandis que l’audition faite par le juge français ne tient que sur 3 pages. Cherchez l’erreur. Bien évidemment, aucune question sérieuse ne lui a été posée parce qu’il ne fallait surtout pas faire remonter toute cette merde en surface, merde qui éclabousserait l’organisme qui veille sur notre sécurité quand nous prenons l’avion.

   Mais qui croit-on tromper ? Très vite nous avons compris que cette enquête se voulait expéditive, « a minima ». Alors assez tôt nous avons fait exploser le carcan de victimes dans lequel nous étions juste des spectateurs pour devenir des justiciables avertis et en colère.

   Non contents de bâcler son travail d’investigation, la justice française, dont le toupet est à peine croyable, nous fait savoir qu’elle avait déjà dépensé trop d’argent dans cette enquête. Ce à quoi nous répondons quelle n’a fait que gaspiller l’argent du contribuable. En effet, les commissions rogatoires effectuées à l’étranger auraient dû servir à récolter des informations complètes de nature à réellement faire avancer le dossier. Il en fut autrement.    Par exemple :


   -  Quand les magistrats se rendent à Bogota au lieu d’aller à Medellin, siège de la compagnie, je dis qu’ils ont inutilement gaspillé notre argent.

   -   Quand ils ne posent pas les bonnes questions à Cimetier, ils gaspillent notre argent.

   - Quand 500.000€ ont servi à traduire un dossier de maintenance qu’ils n’ont pas daigné exploiter, ils ont gaspillé notre argent.


   En outre, nous avons appris que :

   - en août 2005, lorsqu’un laboratoire canadien a proposé à l’état vénézuélien d’analyser les boîtes noires, la France s’est empressée de dire : non, non, on le fera.

   - quand le Vénézuéla a voulu envoyer les moteurs aux USA pour analyse, la France s’est empressée de dire ; non, non, on le fera.

   Et « on le fera » c’est aussi on paiera. Alors, qu’elle assume. D’ailleurs, les résultats de ces différentes analyses sont d’une incroyable médiocrité. Il n’est que de voir comment ils sont incapables de nous restituer les conversathions des pilotes.

   Aussi, avons-nous demandé des contre-expertises. Et dans certains cas, comme pour la lecture des boîtes noires, même si un arrêt de la Cour d’appel a ordonné au juge d’effectuer les contre-expertises requises, il a fait faire une expertise complémentaire par le laboratoire initial. Seul un idiot peut confondre les deux.
Que faut-il en déduire ? Pourquoi ces barrages ? Pourquoi cette absence d’impartialité ? Qu’est-ce que cela cache ? Autant de questions auxquelles bien évidemment nous avons les réponses. On nous mène en bateau depuis le début mais il est temps que mettre un terme à cette ridicule "croisière". Notre objectif, c’est LA VERITE et nous ne baisserons pas les bras tant que nous ne l’aurons pas.

   Pour la mémoire des 152, nous nous devons de démasquer cette mascarade. Nous nous devons de faire infirmer ce non-lieu injuste et incohérent, sé pou sa nou kay kolé zépol pou fè yo konprann tout jé sé, jé mé pa fè tala anlè tet lé 152.

   Plus d’informations encore vous seront apportées le samedi 12 mai à l’Espace Fitt-Duval de Saint-Esprit (près du terrain de basket et des courts de tennis): voilà le programme :
    -  9h30 : conférence de presse avec nos 3 avocats (Me Boulogne-Yang-Ting, Me Constant et Me Ursulet)
   -   10h30 à 11h30 : rassemblement et discussion sur l’audience (organisation, enjeux)
   - 11h30 à 12h30 : projection du documentaire « West Caribbean mensonges et vérité » nouvelle version de 52mn.
   -   12h30 à 13h débat autour du documentaire
   -   13h : partage d’un déjeuner
   Vous êtes TOUS conviés, à samedi 12 mai. Le chemin de la vérité est long et tortueux mais nous resterons debout.

   Rose-Marie TAUPIN PELICAN
   Tél AVCA: 0696 98 48 48
   Mail: romapel@laposte.net

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