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Crédit Martiniquais, Crash d'août 2015, Empoisonnement au chlordécone, Scandale du CEREGMIA : la justice française sous les cocotiers aux abonnés absents

Crédit Martiniquais, Crash d'août 2015, Empoisonnement au chlordécone, Scandale du CEREGMIA : la justice française sous les cocotiers aux abonnés absents

   Dans quelques jours, les familles des victimes du crash de Macaraïbo, qui a vu la mort de 150 Martiniquais le 16 août 2005, commémoreront l'anniversaire de ce dramatique événement et cela sans que justice leur ait été rendue. Certes, il y a eu la grande cérémonie de deuil du stade Pierre Aliker en présence des présidents N. SARKOZY et de H. CHAVEZ ; il y a eu les beaux et émouvants discours des uns et des autres ;  il y a eu par la suite certaines compensations financières ici et là, mais le fond du problème, lui, n'a jamais été traité. Et le fond du problème est très clair à savoir :

   Qui est responsable ?

   On y reviendra...Bien avant cela, il y a eu la faillite du Crédit Martiniquais (finalement rachetée par la BRED), banque favorite des fonctionnaires martiniquais pendant des décennies lesquels ignoraient qu'en fait, il s'agissait du Crédit Béké puisque, pendant des décennies également, divers patrons békés y ont puisé sans vergogne, s'octroyant des prêts à des taux ridiculement bas, voire parfois à taux zéro, et pour certains, poussant le bouchon jusqu'à ne jamais les rembourser !!! La justice fut bel et bien obligée d'en inculper (comme on disait à l'époque) certains, mais les avocats ont multiplié, année après année, les astuces juridiques pour obtenir renvoi sur renvoi de l'affaire au point que tous les présumés pilleurs du Crédit Martiniquais sont décédés de leur belle mort, dans leur lit, sans qu'aucun n'ait été condamné !

   Continuons...Entre 1972 et 1992 soit durant 30 longues années, les Martiniquais ont bu une eau du robinet gorgée de chlordécone, dangereux pesticide utilisé dans les bananeraies pour lutter contre le charançon noir. Pesticide d'abord fabriqué aux Etats-Unis, puis définitivement interdit dans ce pays en 1976. Outre les ouvriers de la banane (près de 8.000) qui ont subi les premiers et de plein fouet les ravages de ce produit que leurs patrons (le plus souvent békés) leur demandaient d'utiliser sans les avoir jamais informés de la dangerosité du produit, c'est toute la population martiniquaise qui a été impactée comme le montre le Registre Annuel du Cancer et l'explosion du cancer de la prostate, mais aussi des maladies d'Alzheimer et de Parkinson ainsi que des maladies congénitales. Diverses associations écologiques martiniquaises ont, en 2007, porté plainte contre l'Etat pour empoisonnement mais l'affaire a été délocalisée à Paris et depuis (depuis 10 ans donc !) PLUS RIEN. Silence radio !

   Passons...Pendant une vingtaine d'années, une bande organisée de voyous déguisés en universitaires et rassemblés dans un pseudo-groupe de recherches en économie baptisé CEREGMIA, a pillé l'ex-UAG (Université des Antilles et de la Guyane), devenue UA (Université des Antilles). Deux rapports accablants de la Cour des comptes, un rapport du Sénat et un rapport de l'IGAENER (Inspection Générale de l'Education Nationale et de la Recherche) ont mis à nu leurs pratiques mafieuses, chiffres à l'appui. Pas moins de 10 millions d'euros de subventions européennes ont été détournées par le CEREGMIA ce qui fait que le SRPJ, puis l'OLAF (surnommé "le FBI européen") ont bien été obligés de mettre leur nez dans cette sombre affaire. Grâce au courage de la présidente de l'Université de l'époque, ces mafieux ont été mis hors d'état de nuire au plan administratif puisque leur chef  a été révoqué de la fonction publique et ses deux adjoints suspendus de leurs postes pour plusieurs années et cela sans salaire. Mais, outre le fait que les 43 complices listés dans le rapport de l'IGAENER n'ont toujours pas été inquiétés, la justice pénale, elle, fait le mort. Sans doute attend-t-elle que l'affaire soit oubliée...

   On en revient maintenant à notre point de départ, c'est-à-dire au crash de Macaraibo. Il y a tout lieu de penser, qu'en dépit de l'acharnement des familles à commémorer, l'affaire va, hélas, elle aussi, finir par tomber dans l'oubli. Car enfin, pourquoi la justice française n'a-t-elle pas inquiété l'agence de voyages de Rivière-Salée qui travaillait avec la WEST-CARIBBEAN ? Pourquoi la justice française n'a-t-elle pas inquiété l'Aviation Civile qui autorisait les avions-poubelle de cette compagnie à décoller systématiquement de l'aéroport du Lamentin à 2h, 3h ou 4h du matin, moments où aucun contrôle technique n'était effectué ? Pourquoi la justice française n'a-t-elle pas lancé un investigation à propos des dirigeants colombiens de la WEST-CARIBBEAN, ces généraux-actionnaires, alors que la France a des accords de partenariat judiciaire avec la Colombie ? Petit à-côté hilarant de l'affaire (mais pas si drôle que ça) : Raphaël CONFIANT publie sur ce site-web un article dénonçant ces généraux-actionnaires, nommant le quartier résidentiel où ils habitent à Bogota, capitale de la Colombie, et donnant les noms de deux d'entre eux avant d'ajouter que puisque la justice française ne s'occupe pas d'eux, il faudra bien que les Martiniquais le fassent. L'écrivain est immédiatement convoqué par le SRPJ et menacé d'être mis en examen pour "incitation au terrorisme" avec 45.000 euros d'amendes et 10 ans d'emprisonnement à la clé. Finalement, le Procureur de la République lui adressera un "rappel à la loi". Qu'est-ce qu'elle est prompte alors, la justice sous les cocotiers !

   Bref, si les Martiniquais continuent à se complaire dans le silence, aucun de ces scandales ne sera jugé et voyous comme criminels continueront à se la couler douce...

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