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Créole banni des réunions officielles : Une plainte déposée contre le recteur

 Créole banni des réunions officielles : Une plainte déposée contre le recteur

Le 12 juillet dernier, Imaz Press vous révélait l'incident qui s'était produit au cours d'un conseil académique sur les langues régionales, plus précisément sur le prochain plan d'actions d'enseignement du créole dans les établissements scolaires. Ce jour-là, le recteur avait menacé de quitter la réunion si les intervenants continuaient à s'exprimer en créole. C'est suite à l'intervention d'Alexandrine Araye, représentante des parents d'élève de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves) que Vêlayoudom Marimoutou s'était levé en prenant la direction de la sortie. Alexandrine Araye, indignée, a décidé de porter plainte contre le recteur.

Le créole interdit 

Alexandrine Araye se rappellera de cette réunion du 4 juillet 2019. Ce jour-là, cette représentante de parents d’élèves et membre du conseil académique sur les langues régionales prend la parole et se présente en créole mais elle tient à préciser que " chaque intervention était traduite en français pour ne pas gênée la compréhension ". Malgré cela, elle relate " le recteur s’est levé brutalement pour quitter la salle et a voulu mettre fin à la séance, au motif que le " réunionnais " ou le " créole réunionnais " langue régionale parlée à La Réunion, ne pouvait être utilisée lors de réunions au sein l’Académie. "

Imaz Press avait réalisé l’interview d’Alexandrine Araye le 11 juillet dernier. Choquée, elle expliquait avoir eu l’impression d’avoir été " censurée ", regardez:

Lire aussi: le créole banni des réunions officielles de l'Académie de La Réunion

Alexandrine Araye, porte plainte contre le recteur 

La représentante de parents d’élèves a décidé de ne pas en rester là, elle veut frapper fort. Alexandrine Araye a donc déposé plainte contre le recteur le lundi 22 juillet dernier, motivée par " une soif de justice " explique-t-elle mais aussi pour faire bouger les lignes " il fallait qu’il y ait une action forte pour avoir une réponse concrète et savoir exactement ce qu’il en est ". Elle précise aussi que ce genre d’incident n’est pas isolé et concerne aussi d’autres territoires français, il faudrait donc qu'il y ait une jurisprudence qui est dans son droit. 

En plus de cette plainte déposée à la gendarmerie, Alexandrine Araye a aussi envoyé un courrier de deux pages au procureur de la République pour relater sa version des faits.

Par cette action en justice, elle espère aussi que la classe politique, notamment les parlementaires, vont se saisir du dossier. Car jusqu’ici, Alexandrine Araye aurait reçu des soutiens du Crefom (conseil représentatif des français d’Outre-mer), de l’union des étudiants réunionnais de l’Hexagone, du monde culturel mais d’aucun politique.

Alexandrine Araye affirme ne pas voir été contactée par le rectorat depuis l’incident. Vêlayoudom Marimoutou, que nous avions interrogé à l’époque, ne comptait pas revenir sur sa décision expliquant que " le français est la langue officielle donc au cours de réunions officielles, c’est en français que l’on s’exprime ". Il persistait et signait affirmant que sa réaction n’avait rien de disproportionnée, regardez:

Maintenant qu’Alexandrine Araye a déposé plainte contre lui, reste à savoir si le recteur va continuer à camper sur ses positions. Les services du rectorat étant en congés jusqu’au 9 août prochain, nous n’avons, pour le moment, pas la réponse.

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