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CRISE ÉCONOMIQUE EN FRANCE… ON EXPULSE LES ROM

L'ÉTRANGÈRE

Il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens
Dont la belle jeunesse s'use a démêler le tien du mien
En bandes on s'y rend en voiture ordinairement au mois d'août
Ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux

On passe la nuit claire à boire on danse en frappant dans ses mains
On n'a pas le temps de le croire il fait grand jour et c'est demain
On revient d'une seule traite gai sans un sou vaguement gris
Avec des fleurs plein les charrettes son destin dans la paume écrit

J'ai pris la main d'une éphémère qui m'a suivi dans ma maison
Elle avait les yeux d'outremer elle en montrait la déraison
Elle avait la marche légère et de longues jambes de faon
J'aimais déjà les étrangères quand j'étais un petit enfant

Celle-ci parla vite de l'odeur des magnolias
Sa robe tomba tout de suite quand ma hâte la délia
En ce temps-là j'étais crédule un mot m'était promission
Et je prenais les campanules pour les fleurs de la passion

A chaque fois tout recommence toute musique me séduit
Et la plus banale romance m'est l'éternelle poésie
Nous avions joué de notre âme un long jour une courte nuit
Puis au matin bonsoir madame l'amour s'achève avec la pluie

Louis Aragon

 

              Rom (ou Rroms, féminin R(r)oma, pluriel R(r)omané) est un endonyme signifiant «êtres humains» adopté par l'Union romani internationale (IRU) et les Nations unies pour désigner un ensemble de populations, ayant en commun une origine indienne, dont les langues initiales sont originaires du nord-ouest du sous-continent indien, et constituant des minorités entre l'Inde et l'Atlantique (voire en Amérique du Nord), connues sous de nombreux exonymes dont les plus utilisés en français sont Gitans, Tsiganes ou Tziganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis, ou parfois «gens du voyage» (bien que cette dernière dénomination ne soit pas réservée aux Rom).

              Du fait de leur culture de vie nomade et de leurs réticences ou la résistance qui est opposée à leur intégration, il y a toujours eu une grande méfiance envers les Rom. On les disait (et dit encore) traditionnellement vagabonds, voleurs, incapables d'un travail sédentaire; ils furent et sont toujours l'objet de constantes persécutions, sous des formes plus ou moins visibles. Le nom en allemand des Rom, Zigeuner est parfois abusivement assimilé à Ziehende Gauner (voleurs voyageurs), voleurs de poules en France. Les Rom n'ayant parfois d'autre choix que d'accepter parmi eux des marginaux font alors l'objet d'amalgames.
La persécution des Rom atteint son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l'Allemagne nazie extermine un grand nombre de Rom. Comme les Juifs, les Rom sont condamnés à la destruction, sont forcés à travailler, sont emprisonnés dans des camps de concentration, ou simplement sont tués à vue. On pense que 220 000 Rom furent assassinés.

              En Italie, en mai 2008 des camps Rom ont été brûlés près de Naples. En France, c'est en août 2010 que le président Nicolas Sarkozy décide une expulsion massive de Rom vers la Roumanie. Le niveau d'intégration des Rom dans la société est variable, et certainement plus important que les statistiques ne peuvent l'exprimer, les statistiques roumaines ne reconnaissent qu'un demi-million de Rom, alors qu'eux-mêmes estiment leur nombre entre 0,5 et 2,5 millions.

              La majorité des Rom appartient aujourd'hui au prolétariat. D'après une enquête réalisée par l'European Roma Right Center sur l'exclusion des Rom du marché de l'emploi, 35% d'entre eux se définissent comme des ouvriers non-qualifiés, 27 % comme des ouvriers qualifiés, 18 % déclarent travailler dans le nettoyage. Seuls 2 % des Rom ont une profession libérale ou sont cadres. 61 % des Rom interrogés lors de l'enquête étaient sans emploi.

BESSON / ROMS - RECONDUITES A LA FRONTIERE ou l'industrialisation de la déportation de masse

              Petit montage pour dire que l'histoire se répète. La France expulse des gens qui de fait sont condamnés a mort. La France n'extermine pas. Elle sous-traite. La France n'exterminait pas les juifs elle les livrait aux allemands......
Soyons clair, nos gouvernants on ratifié le traité de Lisbonne au détriment du plus grand nombre ( non référendum ) ce qui établit de fait, la libre circulation des biens et des personnes, en Europe et l'on reconduit des européens à des frontières qui n'existent plus de fait, on stigmatise des gens pour entretenir des procédés qui datent des années les plus noires, de l'Europe puisque nous sommes face une nouvelle une économie de la DEPORTATION. J'en veux juste pour preuve ceci : « Au total, le coût des reconduites à la frontière serait de l'ordre de 415,2 millions d'euros, à ramener au nombre de personnes concernées, que l'on peut estimer en 2009, sur la base d'un ratio deux tiers/un tiers (répartition entre reconduites « forcée » et retours volontaires), à 19.800 personnes. Dans ce cas, le coût budgétaire prévisionnel des reconduites à la frontière s'établirait à environ 20.970 euros par personne reconduite.» Résumons. Donc on se sert de boucs émissaires pour cacher une industrialisation de la déportation qui dans tous les cas de figure seront payés par nos enfants, et leurs enfants  etc ....

              Les mesures décidées par la France contre les gens du voyage sont vivement critiquées par la Commission européenne, le Conseil de l'Europe, la Roumanie, l'ONU...
Les mesures sécuritaires de Nicolas Sarkozy contre les Rom attirent les foudres de la communauté internationale. Après Bruxelles et la Roumanie, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a fait entendre ses inquiétudes, vendredi 20 août.

              L'ONU et Bruxelles inquiets des expulsions

              La France a ainsi été épinglée par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD). Les 18 experts du comité n'ont pas mâché leurs mots pour s'inquiéter du traitement fait aux gens du voyage ainsi qu'aux Rom. Ils ont dénoncé le débat sur l'identité nationale, ainsi que la déchéance de la nationalité pour des criminels d'origine étrangère réclamée par Nicolas Sarkozy.

              «Ce qui manque en France c'est une vraie volonté politique», a relevé le Rapporteur spécial de la session, Pierre-Richard Prosper. La situation est très préoccupante, selon les experts, d'autant que la France est confrontée à une «recrudescence notable du racisme et de la xénophobie», a relevé l'expert togolais, Ewomsan Kokou.

              Reste que pour Valentin Mocanu, les expulsions des Rom «donne une mauvaise image de la France», une image «contraire à la tradition française de respect des droits de l'homme».

              Les expulsions avaient, par ailleurs, été pointées par la Commission européenne, qui a mis en garde la France, appelant Paris à «respecter les règles concernant la liberté de circulation et la liberté d'établissement» des citoyens européens. Bruxelles suit «très attentivement» la situation des Rom en France pour vérifier si toutes les règles ont été respectées, a ainsi fait savoir le porte-parole de la Commission, Matthew Newman.

              «La Commission européenne a défendu de façon constante et continue de défendre la nécessité d'une intégration sociale» des Roms dans tous les pays de l'Union, a indiqué de son côté Amelia Torres, une autre porte-parole de la Commission.

               «Les évacuations de camps Rom et leurs expulsions de France risquent d'attiser les sentiments racistes et xénophobes en Europe», a estimé Mevlüt Çavusoglu, président de l'APCE. «Certains groupes et gouvernements profitent de la crise financière pour capitaliser sur les peurs engendrées par l'assimilation des Rom à des criminels, en choisissant un bouc émissaire qui représente une cible facile, les Rom étant l'un des groupes les plus vulnérables», affirme-t-il.

              «Xénophobe», le risque a déjà été soulevé par le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi. «J'exprime mon inquiétude sur les risques de dérapage populiste et de générer certaines réactions xénophobes sur fond de crise économique», a-t-il déclaré mercredi, avant de plaider pour une approche franco-roumaine concertée, sans «fièvre électoraliste artificielle».

              Même son de cloche chez le ministre roumain en charge du dossier des Rom. Valentin Mocanu, secrétaire d'État à la Solidarité, estime que «l'on stigmatise un groupe dans son ensemble». «Je suis étonné que beaucoup de vos collectivités locales souscrivent à des actions contre les Rom», a-t-il poursuivi. «On m'a par ailleurs rapporté des cas très concrets de discrimination, comme ce commerçant qui n'a pas voulu que des Rom rentrent dans son magasin. Ça m'a personnellement choqué», a ajouté le secrétaire d'État roumain.

(Source Fondation Alaïa)

 

              Nicolas Sarkozy a stigmatisé cette population des «gens du voyage» qui, selon ses propos «ont d'imposants véhicules et ne travaillent pas». Comment ne pas mettre en parallèle les martiniquais qui travaillent et circulent à dos de zébu mais qui ont lancé un grand cri d'amour à la France. Lui vient de s'offrir un avion Présidentiel, aménagé pour 175 millions d'euros et travaille (beaucoup du chapeau) à jeter la honte sur notre pays par des détournements d'attention pitoyables qui font appel aux pires instincts des français, l'exclusion, la xénophobie, la délation, le racisme et nous en sommes capables, nous l'avons prouvé.

              Voici quelques  éléments de réflexion sur l'état de l'État. L'identité nationale de la France ne s'est pas forgée au siècle dernier sur les valeurs républicaines ou les idéaux de la Révolution de 1789 ou sur les idées du siècle des Lumières. Non, ce furent les guerres. D'abord la boucherie de celle de 1914 à 1918 où chaque famille française a payé le prix du sang, ensuite, du moins pour la classe politique, sur la Résistance, lors du match retour, à laquelle on a adjoint quelques «grands serviteurs de l'État» et grands collabos aussi comme l'ensemble des Juges français à l'exception de Paul Didier. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, immigré hongrois, ne peut se prévaloir d'aucun fait de guerre, d'où son obsession identitaire. Il ne peut se prévaloir que de son passage musclé au Ministère de l'intérieur, donc de la sécurité. C'est sur ce thème qu'il a gagné les élections présidentielles raflant l'électorat du Front National, tous les aigris du pays, et face à une bécasse inaudible Ségolène Royal.

              Toutefois son soleil a vite pâli car on s'aperçut vite qu'il n'incarnait pas réellement le peuple français mais le patronat, la finance, le luxe, bref le fric et l'ordre. Il est à ce jour si impopulaire qu'on peut s'interroger pourquoi il en rajoute pour jeter l'opprobre sur la France tout en préparant sa fuite de Varennes, mais en jet privé, vers la Hongrie si elle l'accepte. Il lui resterait la Martinique qui l'a tant flatté le 10 janvier dernier. Je l'imagine, tel Napoléon à Sainte-Hélène, seul sur une falaise à Basse-Pointe. Mais si Napoléon, le sanguinaire, a régné sur l'Europe, Nicolas Sarkozy n'a régné sur rien sauf peut-être sur Neuilly, Auteuil et Passy, la banlieue chic de Paris.

              20 mois à attendre, sauf si un Brutus, un Ravaillac passaient par là et se dévouaient. A quoi? A lui voler sa Rollex en diamants, bien sûr! L'homme ne s'en remettrait pas...

Léo Ferré chante Aragon

Thierry Caille

 

Photo du logo: misérable expulsion de Rom par une compagnie de CRS.

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