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ANTILLES NEERLANDAISES

CURACAO DIT "OUI" A L'AUTONOMIE

CURACAO DIT "OUI" A L'AUTONOMIE

L’île de Curaçao (Antilles néerlandaises : 450 km2 - 173 400 hab. ) a voté par référendum pour un nouveau statut, celui de "pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas". Ce statut particulier ("status aparte")’ existe déjà pour la partie hollandaise de Saint-Martin et depuis 1986 pour l’île d’Aruba. C’est un pas vers l’autonomie que la population a choisie de justesse à 52% de voix.
Dans son éditorial, le quotidien néerlandais De Volkskrant écrit que c’est surtout un "soulagement pour le gouvernement néerlandais".
Mais pour accéder à ce "status aparte", l’île doit d’abord régler sa dette de plus de 4 milliards d’euros. L’accord prévoit la prise en charge à hauteur de 70% de la dette par les Pays-Bas. En échangeCuraçao s’engage à améliorer sa politique financière. Aucune des îles desAntilles néerlandaises n’a accédé à l’autonomie totale, ce qui aurait été « peu réaliste », selon le quotidien.

Le nouveau statut ne rompt pas les liens avec les Pays-Bas. Il implique que La Haye assume sa co-responsabilité pour assurer le bien-être de la population insulaire : "Ce n’est pas du paternalisme colonial maisun devoir trop longtemps négligé, étant donné la gabegie qui règne surtout au Curaçao et à Saint-Martin", poursuit le journal.

"L’assainissement des dettes donne à l’île la chance d’un nouveau départ. Une bonne gestion des finances permet avant tout de combattre la pauvreté. Une fois cette condition remplie, on oubliera le paternalisme".

A ce référendum du 15 mai 2009, le taux de participation s'est élevé à 67% des 120.000 électeurs invités vendredi à se prononcer sur un accord modifiant l'organisation politique du royaume des Pays-Bas.
Les habitants de Curacao se sont prononcés à 52% pour davantage d'autonomie au sein du royaume des Pays-Bas, Le non a rassemblé 48% des suffrages, a indiqué sur son site internet le gouvernement autonome de Curaçao.

Actuellement, le royaume des Pays-Bas se compose de trois membres autonomes: les Pays-Bas, l'île d'Aruba et les Antilles néerlandaises constituées de cinq îles (Curaçao, Saint-Martin, Saint-Eustache, Saba et Bonaire), dans la mer des Caraïbes.

L'accord soumis au référendum, qui avait été signé en décembre 2008 par les Pays-Bas, les Antilles néerlandaises et Aruba, prévoit que le royaume se composera après la réforme de quatre membres: les Pays-Bas, Aruba et les îles de Curaçao et Saint-Martin qui deviendront autonomes, avec leur propre parlement et gouvernement.

Les îles de Bonaire, Saba et Saint-Eustache deviendront des communes néerlandaises. Les Antilles néerlandaises cesseront donc d'exister. La réforme ne devrait pas entrer en vigueur avant fin 2010 et l'aval des parlements néerlandais et antillais.

L'accord prévoit aussi que l'Etat néerlandais éponge 70% des dettes des Antilles, qui s'élèvent à 1,7 milliard d'euros.

En échange, les Pays-Bas obtiennent un droit de regard sur les budgets des îles, touchées par la corruption et considérées comme un paradis fiscal et une plaque tournante pour le trafic de drogue latino-américain.

Les îles auront des systèmes judiciaire et policier indépendants, mais leur coopération avec les Pays-Bas sera renforcée. Seule l'île de Curaçao se prononçait par référendum sur l'accord.

La secrétaire d'Etat néerlandaise aux relations du royaume, Ank Bijleveld, "se réjouit" de la victoire du oui, qui permettra à Curaçao de "poursuivre sur la voie de la bonne gestion et de l'assainissement de ses finances", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère néerlandais de l'Intérieur, Thijs Manten.

Mme Bijleveld "s'inquiète" cependant de la "division" des habitants sur la question de l'autonomie, a précisé le porte-parole.

Lors d'une conférence de presse après la publication des résultats, le Premier ministre antillais Emily de Jongh-Elhage a tendu la main aux partisans du non, favorables à une autonomie encore plus large, afin de "continuer ensemble et ne pas rester dans la division", selon l'agence de presse néerlandaise ANP

{{{Population}}}

La population de Curaçao provient de multiples origines : Indiens d'Amérique, Africains, Néerlandais, Espagnols, Portugais, etc., ce qui donne une grande diversité ethnique et culturelle. En témoigne le papiamento, créole basé sur une multitude de langues et qui est la base de la communication sur l'île.

Le gentilé pour les habitants de Curaçao est curaçaoan.

Curaçao est fortement influencé par les Pays-Bas à cause des siècles de colonisation. L'héritage néerlandais est encore très présent dans l'architecture coloniale et post-coloniale, le système judiciaire, l'éducation, les mouvements de population (de nombreux étudiants partent chaque année étudier aux Pays-Bas, 4%des curaçaoans sont nés aux Pays-Bas, 100 000 habitants de Curaçao viventdésormais aux Pays-Bas et 40% des touristes viennent d'Europe).

La majorité de la population est d'origine africaine, descendante des esclaves noirs affranchis en 1863. Leur héritage est présent dans les influences africaines du papiamento, le genre musical appelé Tambú,la cuisine, les religions,...

La communauté juive n'a jamais connu de lois discriminantes sur l'île et elle s'est très tôt implantée dans le secteur économique, politique et culturel. Durant le xxe siècle,de nombreux juifs ashkénazessont venus sur Curaçao, attirés par la liberté dont ils pouvaient jouir.

{{{Géographie}}}

Curaçao fait partie du groupe d'îles de petites Antilles appelé« Îles Sous-le-Vent ». L'île se trouve au large des côtes du Venezuela, dans la mer des Caraïbes, entre les autres îles des Antilles néerlandaises d'Aruba et de Bonaire, ces 3 îles étant quelquefois appelées sous le sigle îles ABC.

La côte Nord-Est(Au-Vent) est rocheuse et battue par la houle et le vent alors que la côte Sud-Ouest (Sous-le-Vent) en est abritée et accueille les villes, les plages et la majorité des récif coralliens. La végétation de l'île est composée d'une savane semi-aride parsemée de cactus, d'arbustes épineux. L'île, trop au Sud, n'est pas soumise au passage des cyclones. Le point le plus haut de l'île, le Christoffelberg (du nom de Christophe Colomb),culmine à 375 mètres et se situe dans le Curaçao Christoffelpark, une réserve de faune et de flore.

Les Saliñas sont des lacs salés qui accueillent des flamants roses. L'îlot de Petit Curaçao (Klein Curaçao en néerlandais) se situe au Sud-Est de Curaçao.

{{{ Histoire}}}

Les premiers habitants de Curaçao furent les Amérindiens Arawaks qui arrivèrent du Venezuela.

En 1499, l'île est découverte par Alonso de Ojeda qui prend possession de l'île au nom de l'Espagne et décime les Arawaks. Au début du XVIe siècle,après avoir dépeuplé l'île par de fréquents raids pour fournir Hispaniola en esclaves,les Espagnols voient à ce que l'île soit repeuplée d'Amérindiens. Curaçao est rattachée administrativement au gouverneur du Venezuela (Coro) excepté lors de la concession Welser.

{{{Colonisation néerlandaise}}}

Pendant les années 1630, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales ayant complété l'occupation de la Nouvelle-Hollande (Pernambuco) depuis 1629, se cherchait un port d'attache situé directement dans la mer des Caraïbes. De plus, avec la perte définitive des salines de la Puntade Araya, un lagon nouvellement fortifié par les Espagnols à un jet de pierre de la côte vénézuélienne et celle momentanée de Saint-Martin, les directeurs se souciant de procurer une nouvelle saline pour l'industrie halieutique néerlandaise.
Sous les conseils de Jan Janszoon Otzen qui avait été fait prisonnier à Tortuga (Venezuela) quelques années auparavant où on l'avait transféré à Curaçao afin de lui faire couper du bois avant de le ramener en Europe, la compagnie se résout à conquérir l'île. Otzen avait dressé un portrait idyllique de la géographie de Curaçao, surtout préoccupé à faire valoir sa propre position. En 1634, la compagnie affrète un escadre de six vaisseaux sous la commande de Joannes van Walbeeck et Pierre le Grand. Un gouverneur et quelques colons formaient alors une population européenne de 38 personnes sur l'île la même année sans compter les quelque 400 Amérindiens.

La prise de Curaçao se fit assez aisément, en moins de quatre semaines, les Néerlandais voyant à expatrier les Espagnols et leurs alliées indigènes sur la terre ferme, ne restant que 75 Amérindiens qui furent employés comme force de travail. Les Néerlandais s'aperçurent que les marais salants décrits par Otzen étant impropres à l'exploitation, Curaçao ne fut jamais un centre de production de cette ressource. En 1635, malgré la formation d'un conseil spécial pour la reconquête de Curaçao à Madrid par Olivares, les Espagnols attendirent seulement l'année suivante pour tenter de remédier à la situation, mais le faible détachement naval chargé de cette mission ne put même pas s'y rendre.

Déterminée à garder possession de cette conquête, la WIC pouvaitcompter sur l'appui et de subventions des États de Hollande et des Étatsgénéraux néerlandais, l'administration de la nouvelle colonie (et deses dépendances : Aruba, Bonaire) ayant passé sous la coupe de la chambre amstellodamoise de la compagnie. Celle-ci fournit rapidement des renforts et des provisions à Walbeeck. Dans les années suivantes, la compagnie obligea les corsaires qu'elle employait à se rapporterà Curaçao pour tout butin acquis aux dépens des Espagnols. Entre temps, les Néerlandais avaient entamé la construction d'un fort (Fort Amsterdam) et la fondation d'une ville située au fond de la baie de Schottegat, Willemstad, nommée en l'honneur du fils et futur héritier du stathouder Frédéric-Henri,Guillaume II d'Orange-Nassau. Curaçao devint donc rapidement une plaque tournante pour les corsaires néerlandais, mais aussi pour les marchands.

Curaçao prit ainsi le rôle déterminant de point de chute de la traite négrière interlope avec les colonies françaises, anglaises des Îles du Ventainsi que celles de la terre ferme espagnole.

En 1642, Pieter Stuyvesant est nommé gouverneur de l'île. Pendant cette période, le papiamento, un créole à base de néerlandais, espagnol, portugais et de langues africaines, se développe chez les esclaves. Pieter Stuyvesant quitte Curaçao en 1647 pour devenir gouverneur des Nouveaux-Pays-Bas. En 1678, une expédition française commandée par l'amiral d'Estrée qui venait de rependre Tobago à Jacob Binckes s'échoua en route sur les coraux des îles Avès épargnant ainsi Curaçao d'une imminente tentative de conquête française.
Au début du XVIIIe siècle, une immigration en provenance des Pays-Bas, d'Europe et d'Asie fait grossir la population à 2 000 personnes. De nombreuses familles juives s'installent à Curaçao et construisent en 1732 la synagogue MikveIsrael-Emanuel qui est aujourd'hui la plus vieille synagogue encore vouée au culte en Amérique.

Au XVIIIe et XIXe siècle, les anglais et les français occupent brièvement l'île, ajoutant leurs influences à la culture locale.

{{{Ère contemporaine}}}

En 1863, l'abolition de l'esclavage ruine l'économie de l'île en provoquant un exode vers les autres îles des Antilles. (NDLR La Tribune des Antilles : info. Wikipédia SCANDALEUX - inadmissible)

En 1914, du pétrole est découvert sous le lac Maracaibo au Venezuela. La compagnie pétrolière Caribbean Petroleum Company décide alors de construire une raffinerie sur Curaçao qui ouvrira en mai 1918.Dans les années 1960,les 440 hectares de la raffinerie de Schottegat sont achetés par Shell Curaçao N.V.. À partir de la Seconde Guerre mondiale, Curaçao vit principalement du raffinage du pétrole,du tourisme et du placement bancaire.

Le 1er janvier 1954, Curaçao accède à l'autonomie en devenant un territoire des Pays-Bas avec d'autres îles des Antilles néerlandaises. En 1986, Aruba se sépare des Antilles néerlandaises pour former un territoire à part entière

Commentaires

shaka_zulu1 | 15/09/2009 - 14:34 :
"L'accord prévoit que l'Etat néerlandais éponge 70% des dettes des Antilles qui s'élèvent à 1,7 milliards d'euro...En échange les Pays-Bas obtiennent un droit de regard sur les budgets des îles..." Alors là si ce n'est pas la continuation du système colonial, c'est quoi? C'est ça l'ennui avec l'autonomie. (D'autant plus s'il existe plusieurs degrés d'autonomie). Le problème avec ces genres de statuts c'est que nous dépendons toujours d'une façon ou d'une autre de la métropole. L'autonomie je veux bien car c'est une des voies pour accéder à l'indépendance nationale mais si c'est pour se contenter que de l'autonomie alors le colonialisme a de beaux jours devant lui. A la limite j'opterais pour un statut d'Etat associé comme Porto-Rico, c'est le minimum. Mais ma vision des choses c'est l'INDEPENDANCE PLEINE ET ENTIERE! Curaçao a opté à 52% pour une autonomie qui contente la métropole alors que parmi les 48% qui ont voté non, certains voulaient une autonomie plus poussées encore.

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