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Le capitalisme financier dans le coma

DE LA CHUTE DU MUR DE BERLIN À CELLE DE WALL STREET

par Tarek Ghozlane

Après avoir commencée en tant que crise bancaire voici que la crise financière n'en est plus une. Dans le jargon soigneusement calibré des médias occidentaux, soucieux de ne pas jeter de l'huile sur le feu et d'affoler les chaumières, il s'agirait à présent de « crise économique-financière ». En l'occurrence ce que l'on suggérait depuis le départ était que la sphère financière n'est pas vraiment dans la réalité et qu'elle aurait peu à voir avec l'économie « réelle ». Hélas pour les spins doctors, les propagandistes cools et les magiciens du marché autorégulé, l'indivisibilité de l'économie est un fait que tous les discours du monde ne peut modifier. La crise est économique et elle est mondiale.

Sortie du périmètre de sécurité bancaire ou on a souhaité la confiner, elle atteint à présent les secteurs productifs et pratiquement toutes les régions du monde sont concernées. Les plus habiles circonvolutions de langage n'y font rien : ce qui souffle sur le monde entier est le vent mauvais de la crise économique globale. La première du genre. En effet, l'effondrement du système de crédit, par l'intrication des échanges et la mondialisation, est ressenti partout sur une planète qui a adopté depuis le début des années 1990 un système économique unique. Aucune des précédentes crises cycliques qui ont affecté le capitalisme, pas même celle de 1929, n'a atteint la magnitude géographique de l'onde de choc provoquée par l'effondrement du marché des crédits hypothécaires américains.

La version sauvage du marché mondialisé se caractérise par la domination de centres extrêmement puissants dont la dérégulation a été le credo monomaniaque ressassé jusqu'à la nausée par des économistes au service exclusif du capital. Le courant de pensée ultralibéral a été vulgarisé sous les règnes du Président Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher au Royaume-Uni fondé sur les thèses des économistes autrichiens, Von Hayek notamment, actualisées par l'école de Chicago dont la figure de proue était Milton Friedman. Au nom du profit, les principes antihumains du libéralisme ont été imposés comme la suprême doxa, la sagesse ultime d'un modèle économique sans alternative. L'expression de la modernité par opposition au caractère « ringard » de l'Etat.

Dans nos contrées en mal de gouvernance, le FMI et la BIRD ont été les propagandistes acharnés de cette pseudo-modernisation fondée sur la réduction du rôle de l'état et la primauté absolue du marché. Ils n'ont pas manqué de relais locaux, entre intérêt bien compris et profonde inculture malgré un vernis de connaissances fraichement acquises, tous acquis à une représentation du monde où l'affairisme et l'argent-roi sont le moteur de l'efficacité générale et les critères indépassables de la réussite sociale. {{(...)}}

{{Tarek Ghozlane}}

Publié dans Algérie-News 26, 27 et 28 octobre 2008

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