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De la Déclaration des Droits de l’Homme & du Citoyen.

Léandre LITAMPHA
De la Déclaration des Droits de l’Homme & du Citoyen.

Je dois remercier tout particulièrement notre sénateur et maire, Rodolphe DESIRE,  qui m’a adressé dernièrement (le 7 décembre 2017) et expressément le document sur papier garanti et spécial. Un document précieux à conserver. (L. Litampha)

Passons maintenant à l’historique.

Cette Déclaration du 26 août 1789 vient d’une décision de la France et des Français, suite à de nombreuses irrégularités et des turbulences de leur histoire d’avant 1789 (extraits d’histoire enseignée dans les écoles).

Nous avons appris en effet que de Vercingétorix à Louis XVI, la France a été gouvernée par des rois, des reines, un empereur (Charlemagne), des ministres, etc. Elle a connu et vécu une adolescence difficile et donc grandi dans la turbulence et des irrégularités. Enfin, en 1789 le peuple a renversé le système devenu obsolète et la  «Déclaration des Droits de l’Homme &  du Citoyen » est née.

Dans les colonies, les colons, les seuls reconnus par l’état, étaient les maîtres comme à l’époque féodale en France, cela a franchement fonctionné dès la découverte du Nouveau Monde en 1492, ensuite en Martinique et en Guadeloupe à partir de 1635. En 1789 chez nous, seuls étaient encore considérés comme humains les maîtres et les gens libres…

La Constitution française en 1794 s’était prononcée pour l’abolition de l’esclavage aux Antilles Fr, y compris en Haïti et en Guyane. En 1802, le fameux Napoléon 1er Bonaparte devenu empereur, l’inventeur des préfets et l’époux de l’esclavagiste martiniquaise Joséphine, a fait rétablir l’esclavage. Il a pris sa décision de dictateur parce qu’il refusait de reconnaître les nègres et les négresses des champs, parfois domestiques, comme des humains capables d’être responsables.

En anecdote, au XIXè siècle, l’un de mes aïeux, descendant de français, le Dr François dit Alphonse GROS-DESORMEAUX du Vauclin (1818-1893), homme de couleur libre, a pu bénéficier du droit de son statut pour aller faire des études de médecine en France et  exercer dans son pays d’origine, la Martinique. Mes (nos) ancêtres de toutes autres provenances ont dû attendre 1848 pour devenir des « citoyens », malgré tout  de seconde zone.

Enfin, en 1848, pendant que les esclaves se manifestaient bravement et depuis longtemps d’ailleurs contre le système, en France Victor SCHOELCHER fit signer le décret de l’abolition définitive. Nous fêtons le 22 mai 1848 au Prêcheur & à St-Pierre de la lutte finale pour l’émancipation des esclaves, mais pas du pays. Suite à cette avancée, les descendants ont continué de subir des souffrances dans les colonies. Au lendemain de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en 1946 l’ONU est fondée à la place de la Société  des Nations et installée à New-York, affichant en en-tête dans sa constitution « la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen » et « le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ». En 1946, par décret, les colonies françaises (ces sous pays) sont converties en départements français d’outremer, pendant que d’autres dans la région caraïbe devenaient progressivement autonomes jusqu’à recouvrir «la souveraineté nationale» pour leurs peuples et leurs pays.

Aimé CESAIRE, le rapporteur du décret, l’a contesté par la suite et a opté en 1958 pour l’autonomie, non suivie d’effet…

Il faut quand même dire que des locaux, surtout certains intellectuels, ont compris qu’il faut entreprendre la démarche à l’émancipation du « pays ». Leurs manifestations ont été réprimées par la Métropole, étouffées dans l’œuf au début des années 60 (souvenir de l’OJAM). Nos élites responsables, mais toujours sous tutelle, les patriotes ont enfin choisi la voie démocratique pour y arriver. La population est sollicitée, on progresse à petits pas…

Le mot peuple est très important. Les pays souverains ont des peuples. Dans les départements français d’outremer, il y a des populations (décision française). Ainsi donc, le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’applique pas comme il faut l’entendre dans les territoires d’outremer, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. Ces territoires d’outremer n’existant pas non plus en temps que pays, voila ce qui fait obstacle et que nous ne pouvons pas librement, encore en 2017, disposer de nous-mêmes, être responsables.  Toutefois, des dérogations sont exceptionnellement accordées, mais sous contrôle et pour les intérêts supérieurs de la métropole.

Pour réussir à la démarche d’émancipation, il faut simplement éliminer le terme population, le substituer par le mot PEUPLE. Le mot métropole lui-même doit être remplacé par le nom véritable du pays jusqu’à ce jour de tutelle.

« La Déclaration des Droits de l’Homme & du Citoyen » sera alors pratiquement indispensable pour faire régner et respecter la démocratie chez nous.

Martinique, le 9 décembre 2017

Léandre LITAMPHA

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