Accueil
Aimé CESAIRE
Frantz FANON
Paulette NARDAL
René MENIL
Edouard GLISSANT
Suzanne CESAIRE
Jean BERNABE
Guy CABORT MASSON
Vincent PLACOLY
Derek WALCOTT
Price MARS
Jacques ROUMAIN
Guy TIROLIEN
Jacques-Stephen ALEXIS
Sonny RUPAIRE
Georges GRATIANT
Marie VIEUX-CHAUVET
Léon-Gontran DAMAS
Firmin ANTENOR
Edouard Jacques MAUNICK
Saint-John PERSE
Maximilien LAROCHE
Aude-Emmanuelle HOAREAU
Georges MAUVOIS
Marcel MANVILLE
Daniel HONORE
Alain ANSELIN
Jacques COURSIL

DÉCLARATION DE LA VII RENCONTRE HÉMISPHÉRIQUE DE LUTTE CONTRE LES TLC ET POUR L'INTÉGRATION DES PEUPLES

Traduction Jean-Pierre Etilé

{{A tous les mouvements et organisations sociales et civiles de l'Amérique :}}

Notre continent vit une nouvelle étape cruciale de son histoire, avec des contradictions aiguës entre les progrès et la réaffirmation de la souveraineté de plusieurs pays, et l'augmentation des tendances interventionnistes et agressives des Etats-Unis. Entre les avancées dans les luttes des mouvements sociaux et la répression et la criminalisation de la protestation sociale.

L'ALCA a représenté la tentative d'étayer et de rendre irréversible la politique néo-libérale au moyen d'un traité international, politique qui était mise en oeuvre dans le continent depuis la décennie des années 80. A deux années de sa défaite il est évident que son contenu fondamental continue à être mis en oeuvre dans beaucoup de parties du Continent, à travers les Traités de Libre Commerce et d'autres politiques comme les réformes internes, la privatisation, le dérèglement étatique, la libéralisation commerciale, la financiarisation, la flexibilité du travail, la militarisation, entre autres. A l'échelle mondiale les multinationales continuent à promouvoir leur programme et il existe le grave danger que l'OMC, à son sommet ministériel, approfondisse la libéralisation économique mondiale

Dans beaucoup de pays du continent on maintient l'imposition de ce modèle basé sur le libre commerce extérieur et sur l'investissement étranger avec toutes les garanties et bénéfices, en affectant l'environnement, la souveraineté alimentaire, le développement propre et les priorités sociales et productives des pays. En particulier, cela s’exprime dans l'approfondissement de l'extraction de ressources naturelles pour l'exportation, et dans le accords agricoles - spécialement ce qui est agrocombustibles - lesquels ont été une cause importante de l'augmentation des prix et de la pénurie d'aliments dans le monde et de la déforestation de la forêt amazonienne. D'autres mécanismes dans lesquels il est présent sont la surexploitation de la main d'oeuvre et la construction d'infrastructures destinées exclusivement au commerce international.

De la même manière, les Etats-Unis d’Amérique prétendent transférer leur crise économique dans les autres pays d'Amérique en provoquant de multiples effets négatifs. Dans ce contexte, la pauvreté s’accentue, stimulant des processus migratoires qui sont traités par les États Unis et d'autres pays développés comme une menace à leur sécurité nationale et, pour cela , les migrants sont réprimés comme s'ils étaient des terroristes.

Mais le plus alarmant en ce moment est que cette "logique" de néo-libéralisme et libre commerce est accompagnée maintenant d'une militarisation croissante, subordonnée aux politiques de sécurité des Etats-Unis, comme cela est concrétisé clairement dans l'Alliance pour la Sécurité et la Prospérité de l'Amérique du Nord - ASPAN. Sous le prétexte de combattre le terrorisme et le trafic de drogues on promeut la diminution des garanties des citoyens, au moyen de réformes aux lois pénales ; on criminalise la protestation sociale et on donne un nouvel élan à des instruments comme le Plan Colombie, maintenant clairement reliés à la campagne de la droite internationale pour provoquer une situation de conflit dans la région, qui permette aux Etats-Unis et à ses alliés, les oligarchies privilégiées de toujours, de récupérer par la voie de la violence l'espace qu’on leur a arraché sur le terrain politique et des luttes sociales.

Le néo-libéralisme et la persécution menacent particulièrement les peuples indigènes, les paysans et descendants d’africains, ceux qui souffrent des effets des disputes sur leurs terres et richesses naturelles, par les multinationales avec la complicité des gouvernements locaux. Dans le même sens, on applique une tendance régressive sur les droits sexuels et de reproduction que les femmes ont conquis avec des efforts depuis des années et la persistance dans l'utilisation de la division sexuelle du travail en diminuant les droits et la qualité de vie des femmes et en fortifiant le patriarcalisme néo-libéral.

Les Etats-Unis ne se résignent pas à perdre le contrôle du continent et à permettre que des pays souverains défient leur hégémonie et entravent leur pillage, et ils essayent dangereusement de renverser les avancées obtenues dans le sud du continent, en déstabilisant la région - comme sa campagne contre le Venezuela et le "populisme", avec l'aide de la droite internationale -, encourageant les conflits internes et la réaction des oligarchies - comme il fait en patronnant le séparatisme oligarchique en Bolivie - et y compris promouvant des provocations armées pour incendier la région et faciliter son intervention - comme ce qui est récemment arrivé avec l'attaque du gouvernement colombien sur le territoire de l’Équateur. Nous dénonçons comme faisant partie de l'agressivité impérialiste le fait que cinq patriotes cubains restent emprisonnés depuis dix ans dans les prisons des Etats-Unis pour le crime qu’a commis Cuba d'être un exemple d’autodétermination et de justice sociale pour le reste de l'Amérique latine et nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle

En même temps nous alertons sur l'offensive de l'Union Européenne qui fait pression pour la signature de nouveaux traités de libre commerce en Amérique Centrale, dans la région andine, pour reprendre les négociations paralysées depuis des années avec le MERCOSUR, et pour incorporer toute la Caraïbe à son agenda néo-libéral. Le Sommet Social Birégional englobant Alternatives 3, qui doit se réaliser du 13 au 16 mai 2008 à Lima, en simultanéité avec le Sommet présidentiel Union Européenne - Amérique latine et Caraïbe, doit être une occasion pour dénoncer ces buts, dévoiler le rôle des multinationales européennes et avancer dans la construction de processus de résistance sociale.

Dans ces pays où des gouvernements progressistes ont exercé le pouvoir, les peuples font face à des conflits relatifs au niveau atteint par les transformations du modèle et aux opportunités et limites pour garantir des chemins alternatifs vers l'intégration des peuples. Dans ce scénario, les alternatives d'intégration comme le Traité de Commerce des Peuples - TCP et l’ ALBA souffrent les coups de mer de l'impérialisme qui essaye de désactiver son potentiel rénovateur. Y compris l'UNASUR est boycotté pour qu'il ne se matérialise pas. Des processus innovants sur le terrain financier, comme l'audit de la dette avancée par le gouvernement équatorien, doivent être soutenus. Nous serons vigilants pour que la proposition de la Banque du Sud garantisse le financement d'un développement alternatif différent du néo-libéral.

Le mouvement social continental doit, dans ces circonstances, renforcer ses liens, stimuler la solidarité et la coopération entre ses différents secteurs, renforcer sa capacité de lutte, intégrer activement les nouveaux protagonistes sociaux et les secteurs les plus dynamiques de la lutte sociale, et résister aux tentatives de renverser les conquêtes effectuées. Mais il doit aussi maintenir la capacité critique et mobilisatrice devant la permanence au niveau continental de nombreuses politiques qui veulent étayer un modèle qui a démontré son incapacité de résoudre les problèmes du peuple.

Face à tout ce qui est indiqué, depuis cette Rencontre nous lançons un appel à :

1. renouveler l'accord d'unité des mouvements sociaux et revitaliser la coordination de nos luttes à l'échelle continentale, ce à quoi contribue le Plan d'Action qui accompagne cet appel.

2. fortifier la résistance contre les traités de libre commerce là où ils existent déjà, empêcher la signature de ces traités où la définition est en suspens, et prévenir la signature dans les pays où ils sont actuellement négociés, y compris ceux avec l'Union Européenne et le Canada.

3. multiplier et fortifier nos luttes en défense des conquêtes obtenues par nos peuples, qui tendent à protéger les droits sociaux, les ressources stratégiques et la souveraineté, contre la globalisation néo-libérale.

4. nous opposer et condamner les actions de militarisation du continent qui provoquent des conflits dans la région, l'annulation des libertés démocratiques et les politiques réactionnaires contre les droits intégraux des femmes.

5. consolider les processus d'intégration alternative et influer sur ces derniers pour qu’ils représentent vraiment le dépassement de la politique néo-libérale et une voie de développement durable pour les peuples.

6. être vigilant face à la stratégie de séparatisme oligarchique nourri par les Etats-Unis contre le processus de récupération de la souveraineté, la démocratie et la dignité du peuple bolivien. Être prêts à nous mobiliser à défendre le droit du peuple bolivien de conduire son destin sans la menace et la violence des oligarchies qui cherchent à préserver leurs privilèges illégitimes.

7. débattre et rejeter l'Accord pour la Sécurité et la Prospérité d'Amérique du Nord -ASPAN, qui prétend porter à un nouveau niveau l’ALENA, en lui incorporant les questions énergétiques et l'eau comme partie des sujets de la sécurité étatsunienne, en se transformant en référence pour être appliqué sur tout le Continent.

8. développer des actions de solidarité avec les cinq patriotes cubains emprisonnés aux Etats-Unis.

9. rester vigilants sur la menace de fraude électorale au Paraguay, devant la possibilité du triomphe d'un candidat progressiste.

10. Exiger le retrait des troupes étrangères d’Haïti, la fermeture de la Base de Manta et la démilitarisation du continent.

"Les 200 millions de pauvres, 53 millions d'affamés et 43 millions d'analphabètes de l'Amérique ont besoin d’aliments, de travail, d’éducation et de santé, non de libre commerce ni de nouvelles recettes néo-libérales, et encore moins de militarisation et de violence"

Halte à la recolonisation de l'Amérique !
Non au néo-libéralisme, au " libre commerce" et à la guerre !

{{La HAVANE 11 Avril 2008}}

TLC : traité de libre commerce signé par les Etats-Unis et certains pays de l'Amérique du Sud.

Connexion utilisateur

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.

Pages