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DES BIENS DE LA TERRE

Léandre Litampha
DES BIENS DE LA TERRE

   LES BIENS DE LA TERRE appartiennent à la Terre et à l’Univers.

   Les hommes, les animaux, les microbes et les plantes ont été autorisés à en prendre possession pour y vivre. Ils –de passage- appartiennent à la Terre, la fécondent ou lui font du tort, la rendent utile. Des conquérants aux armes tranchantes, des chefs d’Etat, des élus, des notaires et des juges ont fait des lois pour exploiter les BIENS de la Terre, la partager, la faire fonctionner, s’enrichir sur le dos des autres jusqu’à perdre leur âme s’il le faut pour elle. 

   J’ai acheté mon petit lopin de terre de mains de mon père. J’ai fait construire ma maison en 1979. Pour les impôts on me parle de valeur locative importée de FRANCE et on me fixe la location de mon bien à payer en impôts chaque année. En cas de vente, c’est le notaire qui indique le prix à payer par l’acheteur, un chiffre exorbitant -100, 150, 200 fois plus élevé que le prix à l’acquisition- pour le calcul exponentiel des frais notariés. Montant total que seul un Français (parce que le Martiniquais ne peut presque plus), à l’aide d’un prêt longuement remboursable, pourra payer s’il vit assez longtemps et s’il ne se trouve pas en emploi précaire ou au chômage… Mes héritiers, eux-mêmes, vont s’entredéchirer et ce sera la guerre, la division, l’abandon du bien et ils vont foutre le camp ou se perdre dans le vide. Quand je dis -et je le répète- que les lois de la métropole étouffent la colonie. Les élus irresponsables diront que ce n’est pas eux, mais qu’ils obéissent aux ordres du tuteur. 

   Où sont ceux qui vivaient où je suis actuellement ? Que sauront de moi ceux qui vivront après moi où je suis ? – Seulement une bougie sera allumée pour que mon âme ne tourmente point mes héritiers et/ou les autres, ceux qui habiteront où je suis.  

   En vérité, en vérité, je vous le dis : Lorsque que mon MOI quittera mon corps, l’abandonnera à la Terre (ou au four de l’incinérateur), avec tous les biens (ou les maux) que j’aurai produits, il ne reviendra nullement récupérer quoique ce soit, même pas mon corps ou les cendres. Le MOI lui-même n’ayant plus de support physique sera nul… Il n’y a pas longtemps, une entreprise française, fraîchement arrivée en Martinique, m’appelle pour m’aider, moyennant son devis, à réparer ma maison périssable. Je lui ai dit de me foutre la paix. Un simple container pourrait plutôt me convenir...Ces gens-là qui nous parlent de partager nos produits à nos héritiers  -y compris les notaires et les fiscs- avant notre décès, sont pires que des coquins arabes.

   Vanité des vanités, tout ici bas est vanité et poursuite du vent (article biblique).

   Lè man foukan, man foukan, man kay bien foukan. Pa fè mwen chié épi tou sa. Mèsi mésié zédam.

   Léis

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