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Des cubains, descendants d’Haïtiens, font la promotion du créole à Cuba

Jhuan Vladmir Hans Mombrun
Des cubains, descendants d’Haïtiens, font la promotion du créole à Cuba

« Bannzil Kreyòl-Kiba », une organisation socioculturelle dont la présidence est assurée par le journaliste cubain et descendant d’Haïtiens, Hilario Batista Félix, se veut un espace prônant la conservation de la culture créole à Cuba et dans la Caraïbe. Depuis plusieurs années, elle anime ateliers et conférences en vue d’œuvrer à la promotion et à la diffusion de la langue créole.

« Le créole est la deuxième langue la plus parlée à Cuba », annonce tout de go Hilario Batista Félix, animateur d’une émission quotidienne réalisée, entre 2h30 et 3h de l'après-midi, en créole sur la station de radio « Habana Cuba ». Selon lui, il devient urgent de préserver cet état de fait, un objectif que l’organisation dont il est tributaire veut atteindre. « Cuba est un pays créolophone au même titre que la Guadeloupe, la Martinique et Haïti », a-t-il déclaré comme pour motiver cette passion.

Estimés entre 300 000 et 400 000, les descendants d’Haïtiens, des Cubains à part entière, représentent un pourcentage non négligeable dans la population cubaine et sont, en majorité, concentrés dans les villes de Camagüey, de Guantanamo, de Santiago et de La Havane. Ils ont hérité du créole de leurs parents, des immigrants d’avant-révolution, des coupeurs de canne essentiellement. C’est une fierté pour eux de conserver cette langue. « Le créole n’est ni un dialecte ni un patois. C’est une langue », poursuit le chroniqueur qui participe à l’enseignement de la langue créole.

Plusieurs activités sont réalisées pour l’émancipation de cette langue, à commencer par les « aprèmidi kreyòl » où l’association met en avant la culture haïtienne par des représentations de troupes de danse et de groupes musicaux. Du fait que les mets typiques sont très appréciés, l’art culinaire haïtien n’est point négligé. Selon Hilario Batista Félix, « ce travail est nécessaire, sinon nous allons oublier notre histoire et nos origines et perdre notre identité ».

Cependant, il regrette l’absence des autorités haïtiennes à ses côtés dans cette lutte. « Nous n’avons reçu qu’une résolution de l’Académie du créole haïtien », a-t-il fustigé. Abondant dans le même sens, Consuelo Doris Diaz, une journaliste, traductrice et interprète de la langue créole, membre de la Coordination nationale de la communauté haïtienne à Cuba, a déclaré qu’ « Haïti n’envoyait que ses besoins au peuple cubain. »

Il est à souligner que l’appellation du regroupement « Bannzil Kreyòl » signifie « plusieurs îles parlant le créole ». De ce fait, il s’agit, pour eux, de se réunir pour encourager l’étude et la conservation non seulement de cette langue mais aussi de la culture créole. Pour ce faire, l’échange des expériences est nécessaire et passe par une concertation entre les acteurs du secteur.

 

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