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DIVERSITÉ CULTURELLE PAR LE VERSANT SUD

{{Trois jours de colloque à Biarritz sur le thème de la"Coopération culturelle décentralisée, vers de nouveaux espaces de solidarité"}}

Ce sont un peu toutes les saveurs du monde qui se donnent rendez-vous aujourd’hui sur la côte basque sous le vocabulaire austère d’un habillage administratif de "coopération culturelle décentralisée". On se demande même ce que racontera le maire d’Anglet Robert Villenave pour expliquer, demain matin, à trois mois des municipales, "les attentes d’une commune du nord", la sienne, "d’un jumelage avec une commune du sud", la ville de Konna au Mali. Mais l’important n’est pas là, ni dans cette "coopération" de bon ton entre le nord et le sud qui ne parvient pas, à d’autres niveaux, à fournir son obole de riz aux plus nécessiteux, ni dans ce charabia académique du Ministère de la culture, qui patronne justement ce troisième colloque international de Biarritz sur la "Coopération culturelle décentralisée, vers de nouveaux espaces de solidarité".

{{Mots fumigènes}}

Derrière ces mots fumigènes, il y a pourtant une vie culturelle qui foisonne et une discussion ininterrompue que mène depuis sept ans le théâtre du Versant. Une logique implacable qui procède par étape à chaque colloque.Le premier colloque international de Biarritz tendait déjà "vers un concept de production équitable" mais butait sur la nécessité d’imposer l’idée de "diversité culturelle". Le deuxième colloque a donc pris, il y a deux ans, ce sujet à bras-le-corps, emboîtant le pas à l’Unesco et sa convention sur la diversité des expressions culturelles.

C’est là qu’un projet de coopération culturelle décentralisé a vu le jour entre le théâtre du Versant et les villes d’Anglet et de Konna.Au programme, musique, théâtre et patrimoine, et comme résumait le dramaturge malien Adama Traoré : "si les autres te lavent le dos, profites-en pour te laver le ventre". Au moins pas de grands mots et de l’action.La convention de l’Unesco sur la diversité culturelle ayant été ratifiée par plus de trente pays, le théâtre du Versant entend désormais "inventer les outils" pour faire vivre cette diversité culturelle et s’essanger tous ensemble dans le même grand bain culturel.L’image est tout de même plus drôle pour mesurer les enjeux de cette fameuse coopération culturelle décentralisée "vers de nouveaux espaces de solidarité".

{{Et pour ce faire, on compte tout de même sur le poète guadeloupéen et créoliste Ernest Pépin, le critique d’art marocain Aziz Daki, le danseur congolais Orchy NZaba, l’écrivain et poète béninois Ousmane Aledji, le metteur en scène vénézuélien Orlando Arocha, le photographe Adama Kouyaté ou le sociologue franco-québécois Daniel Suprenant.}} On restera tout de même, entre aujourd’hui et vendredi, dans le registre jouissif de la vie, pour peu que les artistes et le public s’en emparent, au bien nommé Centre de recherche théâtrale international de Biarritz. Avec son lot de danse, de musique, d’exposition, de théâtre (lire JPB d’hier) et de cinéma dans les trois villes.Un beau bébé qu’il serait dommage de jeter avec l’eau du bain.

[Source->http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20071128/art205798.php]