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EDOUARD GLISSANT AU "MUSEUM OF ART AND DESIGN" DE MIAMI

EDOUARD GLISSANT AU "MUSEUM OF ART AND DESIGN" DE MIAMI

   Une importante exposition en grande partie consacrée à l'écrivain Edouard GLISSANT et à son œuvre, intitulée "When oceans meet" (Quand les océans se rencontrent), est visible depuis plusieurs semaines au MOAD (Museum of Art and Design) de Miami.

   Des textes, livres, photos et vidéos de l'écrivain et philosophe martiniquais y sont exposés aux côtés de tableau du grand peintre cubain Wilfredo LAM, d'une toile de Sylvie GLISSANT, l'épouse de l'auteur, ainsi que divers ouvrages de l'anthropologue cubaine Lydia CABRERA qui fut l'une des premières universitaires à faire découvrir la culture populaire des Noirs cubains, en particulier leur littérature orale (contes etc.) ainsi que leurs pratiques magico-religieuses.

   Le MOAD avait invité l'écrivain martiniquais Raphaël CONFIANT à donner une conférence sur son compatriote et collègue, le premier choisissant de présenter, en anglais, le second non pas de manière académique, mais en commentant une trentaine de photos d'Edouard GLISSANT à différents moments forts de son existence : son enfance et adolescence au Lamentin (période cruciale qui nourrit son fameux roman La Lézarde qui obtint le Prix Renaudot en 1958) ; sa participation au Front Antillo-Guyanais pour l'Autonomie ;  son amitié avec de grands intellectuels français des années 60 tels Félix GUATTARI (GLISSANT étudia la philosophie à La Sorbonne) ; son "Nobel américain" comme la presse désigne le Prix PUTERBAUGH qu'il reçut à l'Université d'Oklahoma (Etats-Unis), cérémonie à laquelle assista Raphaël CONFIANT ; la place éminente qu'occupa son épouse Sylvie à ses cotés laquelle entretient la pensée du "Tout-Monde" par le biais de l'Institut du même nom à Paris ;  son amitié avec de grands écrivains caribéens comme René DEPESTRE, Patrick CHAMOISEAU, Ernest PEPIN ou encore FRANKETIENNE ; sa participation à "ETONNANTS VOYAGEURS", le plus grand festival littéraire de France et ses rencontres avec les plus grands écrivains de la planète tels Gabriel Garcia MARQUEZ, Jorge AMADO, Jean-Marie LE CLEZIO ou encore Derek WALCOTT  ; son amour pour la ville du Diamant, son rocher et sa plage ; son insistance sur le fait que la culture des "Kalinagos" ou Caraïbes n'avait pas disparu de la Martinique, mais "désapparu", ce qui signifiait que ceux-ci, même s'ils ont été exterminés,ont légué un héritage considérable (pêche, poterie, vannerie, jardin caraïbe, croyances etc.) dont les Martiniquais d'aujourd'hui ne sont pas toujours conscients ; son amour pour l'art et surtout la peinture, quasi-égal à celui qu'il éprouvait pour la littérature et son désir (hélas, non abouti pour des raisons non liées à GLISSANT) de transformer les ruines de l'ancienne usine du Lareinty, situé en face de l'aéroport du Lamentin, en "Musée des Arts des Amériques" etc...etc...

   La présentation s'est terminée par un moment d'émotion : les funérailles de GLISSANT au Diamant, les conques de lambi, autre héritage kalinago, que fit résonner en cette occasion le groupe "WATABWI" ; la tombe de l'auteur sur laquelle figurent des motifs de l'artiste martiniquais Victor ANICET qui apparaît sur la dernière photo présentée et commentée par R. CONFIANT, à côté de Patrick CHAMOISEAU, au-devant d'une foule d'amis du défunt recueillie mais fière d'accompagner un si grand esprit à sa dernière demeure.

   La conférence s'est terminée par le traditionnel "questions-réponses" auquel R. CONFIANT s'est soumis bien volontiers, l'important, outre l'œuvre considérable de GLISSANT, étant aussi de faire découvrir le pays-Martinique...

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