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Effondrement démographique en Martinique : seule l'immigration...

Effondrement démographique en Martinique : seule l'immigration...

  Nos enfants partis vers le "Tout-Monde" (et non plus vers la seule France comme ce fut notre cas autrefois), ne reviendront pas. Il faut arrêter de se voiler la face ou se livrer à des simagrées politiciennes genre "Alé-viré" d'une certaine sénatrice martiniquaise. 

   Pourquoi ?

   Parce que s'étant formés à l'extérieur de notre île, c'est dans leur lieu de résidence qu'ils ont, statistiquement parlant, le plus de chances de trouver un emploi. Un emploi à hauteur de leur niveau de qualification et une fois qu'ils auront acheté un appartement ou une maison, se seront mariés et auront des enfants, qui peut sérieusement imaginer que sur un coup de tête ou parce que la plage des Salines leur manque trop, ils bazarderaient tout cela pour effectuer le fameux retour au pays natal ?

   Avant eux, nos frères et sœurs du BUMIDOM, puis de l'ANT, avaient déjà tenté le grand saut. Peu, très peu d'entre eux, avaient réussi à se réintégrer au pays et cela pour une raison toute simple : la structure économique verrouillée de la Martinique, verrouillée par qui l'on sait, laisse peu de place à l'initiative individuelle et de toute façon, les banques sont hyper-frileuses dès l'instant ou un porteur de projet ne dispose pas de solides garanties financières, ce qui est rarement le cas. Alors, bien sûr, certains démagogues auront beau jeu de citer des réussites, en effet éclatantes, oubliant de préciser qu'elles se comptent sur les doigts d'une main.

   C'est que, enferrée dans une économie coloniale, la Martinique n'a pas pris, contrairement à la Barbade, à l'ile Maurice, aux Seychelles ou à Singapour, pays comparables à elle, le tournant de l'économie numérique, celle de demain, celle qui fournira le plus d'emplois (20.000 à l'île Maurice, par exemple). C'est que corsetée également dans un système politique obsolète, elle peine à tisser des liens autres que sportifs ou symboliques avec les îles voisines, se drapant ridiculement du manteau estampillé "Europe tropicale". C'est que sous-perfusion socialement (RSA, 40% des fonctionnaires, Allocations diverses et variées etc.), elle tremble à l'idée de perdre ce qu'une certaine gauche appelle depuis des lustres et sans rire "les avantages acquis". Comme s'il y avait jamais quoi que ce soit d'acquis dans la vie d'un peuple ! C'est que engluée culturellement dans un "noirisme" et un afro-centrisme infantiles (en contradiction totale d'ailleurs avec son attachement, réaffirmé à chaque élection, à la "Mère-patrie" blanche), elle peine à arrimer la culture martiniquais à la marche du monde, du "Tout-Monde".

   Il faut donc du sang neuf à la Martinique.

   Ce sang neuf ne proviendra ni des femmes martiniquaises qui ne se remettront plus jamais à faire 4 ou 5 enfants ni de nos émigrés ayant décidé de revenir au pays. Seule l'immigration pourra nous sauver du désastre démographique annoncé puisque si rien n'est fait, dans vingt ans, la Martinique passera sous la barre des 350.000 habitants.  Cela fait d'ailleurs des décennies que le renouvellement des générations n'est plus assuré. Or, autre record : outre le fait de devenir sous peu la région française comportant le plus de personnes âgées, la Martinique a le plus faible taux d'immigration de tout le territoire française. Soit seulement 3% ! Ce qui n'est le cas ni de la Guadeloupe ni de la Guyane beaucoup moins verrouillées que l'île aux fleurs. Dans ces deux pays, la croissance démographique dépend pour l'essentiel des populations immigrées en dépit de certains discours xénophobes et illogiques. Illogiques pace qu'on ne peut pas dans le même temps vanter la croissance démographique de sa population et rejeter ou ostraciser ceux qui sont les auteurs de ladite croissance à savoir les immigrés.

   Il faut donc que la Martinique ouvre ses portes à l'immigration.

   D'abord, en permettant la régularisant les clandestins ; ensuite, en assouplissant les règles d'installation dans l'île. On dira que cela relève des pouvoirs régaliens et que seul l'Etat français peut prendre de telles mesures, pas la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique). OUI, mais nos élus (parlementaires, conseillers territoriaux, maires etc.) sont parfaitement en droit d'interpeller l'Etat à ce sujet, Etat qui, à travers l'INSEE, est parfaitement au courant de la gravité de notre situation démographique. François MITTERAND n'avait-il pas en son temps régularisé des dizaines de milliers d'immigrés sans papiers en France ? C'est chose tout à fait faisable sans déroger à la Constitution française. Il suffit d'une volonté politique clairement affirmée.

   Qui seraient les bénéficiaires de cette politique d'assouplissement de l'immigration ?

   De toute évidence, d'abord les Caribéens les plus proches culturellement de nous et donc créolophones (Haïtiens, Dominiquais et Saint-Luciens) ; ensuite, les Caribéens anglophones et hispanophones ; enfin, les fameux "migrants" (Africains, Syriens etc.) que certaines régions françaises ont d'ores et déjà l'obligation d'accueillir. Sur ce dernier point nous avons été oubliés, sans doute à cause de la distance, mais il n'est pas trop tard pour bien faire.

   Reste toutefois un gros hic : la xénophobie de nombre de Martiniquais à l'encontre des immigrés déjà installés chez nous, travailleurs pourtant reconnus dans tous les secteurs d'activité (agriculture, artisanat, commerce etc.) et parfaitement insérés grâce à leurs enfants nés en Martinique. Il faut donc que nous sachions ce que nous voulons : soit nous acceptons de devenir un gigantesque EHPAD à ciel ouvert soit nous acceptons le sang neuf que nous procurera l'immigration.

   Pa ni twaziem chimen !...

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