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EH NEWS INFORMATION PÉRIODIQUE SUR LE PAYS BASQUE

Nº 26 (26 juin 2007 – 29 juin 2007)

- HARDtalk, une fenêtre ouverte sur le monde pour expliquer les clés du processus.

- Les élus manifestent leurs inquiétudes sur le financement des projets 2007-2013

- La gauche abertzale demande au PSOE et au PNV d’expliquer leur position.

- La délégation basque revient de Bruxelles avec une sensation douce-amère.

- Répression : Feu vert pour les mandats d’extradition européens contre Telletxea, Irastortza et Sagarzazu.

- Garzón rejette la seconde plainte contre ANV.

- ANV présente ses engagements pour une gestion « honnête et démocratique ».

- Luesma menace les maires d’ANV de porter plainte s’ils mènent des consultations citoyennes.

- Le conseil économique et social régional d’Aquitaine définit le Pays Basque comme un « pays autonome »

- Une grande majorité sociale en faveur du dialogue pour résoudre le conflit.

- Álvarez accuse Imaz de mentir pour cacher le rôle qu’il a joué dans le processus.

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{{HARDtalk, une fenêtre ouverte sur le monde pour expliquer les clés du processus 26/06/07}}

Les questions incisives du journaliste anglais Stephen John Sackur ont été posées aux principaux leaders politiques du monde. Son programme de télévision, HARDtalk, est à ne rater sous aucun prétexte pour des millions de personnes dans le monde entier. Jeudi, Pernando Barrena lui a donné la réplique par rapport à la situation politique en Euskal Herria.

Dans la première partie de l’entretien, de 23 minutes, le journaliste britannique a rendu ETA responsable de l’actuelle situation de blocage, « n’ayant pas été capable de renoncer à la violence ». Barrena, pour sa part, s’est référé au « manque de courage » du PSOE (parti socialiste au gouvernement) de s’affronter avec décision à un processus de résolution démocratique du conflit, et au non accomplissement des engagements pris par le gouvernement espagnol avant le cessez-le-feu.

A un moment de l’entretien, qui ressemblait plus à un vif échange d’opinions, Sackur a imputé à Batasuna le fait de ne pas vouloir « renoncer à l’usage de la violence » et, quand Barrena lui répondit que ce qu’il disait n’était pas vrai, le journaliste fit allusion à « l’opinion des juges, du gouvernement et de l’ensemble du système judiciaire » espagnol. « C’est l’opinion des juges espagnols et du “système“ espagnol », répondit l’homme politique basque qui, après avoir reproché à l’interviewer de s’aligner sur ce « système espagnol », a expliqué que la gauche abertzale « représente 20 % de la population basque qui veut travailler politiquement à la recherche de la paix pour ce pays ».

Barrena a dénoncé que le gouvernement espagnol « ne renonce pas à utiliser sa propre violence contre les Basques » et, a estimé une autre fois au sujet de l’Irlande, que « son succès avait été le fait d’un dialogue politique, de négociations politiques et d’un accord politique qui a conduit à la fin de toute violence politique ». « Nous avons ce même objectif, nous cherchons un accord politique qui rende possible la défense de tout type de projet ».

Sur l’autonomie en Hego Euskal Herria, que Sackur a fait remarquer, Barrena a souligné que la question « n’est pas de savoir si nous avons ou non un haut niveau d’autonomie, mais de savoir si le peuple basque a le droit à décider de son propre futur ». « Aujourd’hui, le peuple basque ne peut pas décider librement de son futur », a-t-il rappelé.

{{Les élus manifestent leurs inquiétudes sur le financement des projets 2007-2013 27/06/07}}

Les élus du pays basque ont fait part de leurs inquiétudes quant au financement des opérations envisagées au titre du contrat de territoire Pays Basque 2007-2013.
Ces projets élaborés par environ 500 acteurs socio-économiques, culturels et politiques sont toujours en attente de financement alors que les crédits du contrat de territoire Aquitaine sont déjà affectés selon F. Maitia, vice président (P.S) du conseil régional.
M. Brisson (UMP) vice président du conseil général s’est inquiété qu’en ce qui concerne les crédits pour le développement universitaire le Pays Basque ait été « complètement oublié ».
Quant à J.J Lasserre, président (UDF/MODEM) du conseil général, il a souligné la part « extrêmement faible » du Pays Basque dans le contrat de territoire Aquitaine et il a rappelé la promesse du ministre Estrosi qui lors de sa venue l’été dernier avait assuré que le Pays Basque disposerait d’un contrat de territoire contractualisé directement avec l’état.

{{La gauche abertzale demande au PSOE et au PNV d’expliquer leur position 27/06/07}}

Barrena, qui comparaissait publiquement au côté d’un autre mahaikide, Joseba Permach, a exigé que le PNV et le PSOE prennent position quant à leur refus de la proposition de transition démocratique. Un refus qu’ils ont, selon l’homme politique navarrais, concrétisé sans discuter son contenu et sans apporter d’alternative sur la table de dialogue politique, ce qui a impliqué que seule la gauche abertzale « reste assise », dans l’attente, à la table de conversations politiques.

La conférence de presse a débuté sur le constat que prétendre aborder un processus de résolutions politiques « avec des schémas techniques de reddition rend tout simplement impossibles de réelles issues à un conflit », en référence à l’attitude maintenue par le gouvernement espagnol.

Barrena a illustré ce propos en estimant qu’une « situation de non-violence, de détente multilatérale respectée par toutes les parties, est un facteur objectif extrêmement important pour qu’un processus de dialogue et de négociation puisse être viable ». Il a répété ce qu’avait déjà affirmé Arnaldo Otegi lors de ce qui a été sa dernière apparition publique avant d’être incarcéré : une trêve ou un cessez-le-feu fait partie du processus mais n’est pas, loin de là, le processus.

Et de la même manière qu’il est certain que « les recettes répressives » sont vouées à l’échec, les représentants de la gauche abertzale ont aussi signalé que ne pas affronter les deux nœuds qui attisent le conflit – territorialité et droit à décider – fera perdurer encore un peu plus le contentieux.

Face à cela, Barrena a insisté sur le fait que la proposition présentée dans l’Anaitasuna, « une proposition de paix scrupuleusement démocratique », reste pleinement en vigueur, d’autant plus dans ce contexte politique. Il a aussi expliqué que dans les semaines et les mois qui viennent, la gauche abertzale donnera la priorité à la popularisation, de village en village et de quartier en quartier, de la proposition d’une autonomie politique pour les quatre territoires du sud d’Euskal Herria avec la faculté d’appliquer le droit à décider de la citoyenneté.

PRIORITE PRINCIPALE

Face à la rupture du processus de négociation, la gauche abertzale a souligné que sa « priorité principale, au-delà des conjonctures ou des circonstances, est d’aborder un schéma politique pour la solution » du conflit politique et armé.

Pernando Barrena a accusé le PNV (parti démocrate-chrétien basque) de pratiquer « un jeu sale, truqué ». Il a dénoncé que face à une occasion de portée historique pour résoudre la négation et l’imposition qui pèsent sur Euskal Herria et ses droits collectifs et individuels, la formation que dirige Josu Jon Imaz (président du PNV) avait choisi de s’aligner sur le PSOE et avait assumé son schéma de processus technique.

{{La délégation basque revient de Bruxelles avec une sensation douce-amère 27/06/07}}

La marche à Bruxelles organisée dans le cadre de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture a laissé une saveur douce-amère dans la bouche de Torturaren Aurkako Taldea (TAT). Bien qu’ils aient trouvé le soutien et la compréhension tant au Parlement européen que dans celui de Flandres, où ils ont eu la possibilité de se réunir avec des députés de différents groupes, les torturés basques continuent de se sentir « sans défense » face à ce qu’ils considèrent comme « une pratique impunie » dans l’Etat espagnol.

Une de leurs porte-parole, Nekane Txapartegi, a souligné la « bonne attitude et la disposition à nous écouter » qu’ils ont pu observer chez leurs interlocuteurs, bien qu’elle se soit lamentée de ce que tous leur aient indiqué qu’ils « ne peuvent rien faire pour que l’Etat espagnol mette fin à cette pratique. Ils nous ont dit qu’ils ne peuvent pas influer sur les décisions que peut adopter l’Etat en cette matière, qu’ils ne peuvent pas exercer de pression, que c’est un thème qui n’est pas entre leurs mains. Et tout cela malgré le fait que c’est une question interne à l’Europe ».

« Ils connaissent plus ou moins la situation d’Euskal Herria, ils sont au courant du conflit. Mais ils ont à peine connaissance de la réalité de la torture, de son usage contre des citoyens basques. Et ce qui leur a le plus attiré l’attention est la dimension de cette pratique : ils ont été vraiment surpris quand nous les avons informés du nombre de personnes torturées dans notre pays pendant toutes ces années ».

Ils se sont réunis avec des représentants de divers groupes de l’Assemblée européenne : Bairbre de Brun, du Sinn Féin irlandais ; Josu Ortuondo, du PNV ; Giusto Catania, de la Refundazione Comunista italienne : Gérard Onesta, des Verts français et vice-président du Parlement ; Jens Holm, du Vansterparteit suédois ; Mikel Irujo d’EA ; Pedro Guerreiro du PC du Portugal ; et Jiri Mastalka et Vladimir Remek, du PC tchèque. Ils ont également échangé des impressions avec le Friendship. Selon TAT, tous se sont engagés à lancer des initiatives contre la torture au sein de l’Assemblée européenne.

{{Répression : Feu vert pour les mandats d’extradition européens contre Telletxea, Irastortza et Sagarzazu 27/06/07}}

La Cour d’appel de Pau a validé les mandats d’extradition européens émis par l’Espagne contre Iñaki Telletxea, Markos Sagarzazu et Xabier Irastorza. Askatasuna a annoncé qu’un recours serait déposé contre cette décision, puisque « l’argument utilisé pour approuver le mandat européen avait été que l’Audience nationale espagnole a rejeté la plainte pour tortures déposée par Iratxe Sorzabal, annulant l’instruction ».

Il faut tenir compte du fait qu’en 2003 ce même juge avait émis un avis défavorable au mandat d’extradition contre Irastorza et Sagarzazu. L’unique raison de ne pas l’accepter avait été qu’il n’était pas possible de déterminer si les déclarations d’Iratxe Sorzabal aux mains de la Guarde civile avaient été faites ou non sous la torture.

{{Garzón rejette la seconde plainte contre ANV 27/06/07}}

Le juge de l’Audience nationale Baltasar Garzón a rendu publics deux arrêts dans lesquels il rejette les initiatives prises ces dernières semaines par Dignidad y Justicia contre ANV.

Garzón signale que « ce n’est pas le moment d’affirmer qu’ANV fait partie ou a été instrumentalisé organiquement par Batasuna-ETA dans le cadre du complexe terroriste dans lequel les deux s’intègrent et que la seconde dirige ». Il ajoute que si cette connexion, ce lien ou cette intégration étaient constatés, les mesures appropriées seraient prises ».

{{ANV présente ses engagements pour une gestion « honnête et démocratique » 28/06/07}}

Les maires d’ANV prétendent mener dans les mairies un « nouveau modèle de gestion », basé sur « la participation citoyenne, la démocratie et la transparence ».

« Nous, les maires d’Araba, Bizkaia, Gipuzkoa et Nafarroa d’EAE-ANV, avons un autre modèle à offrir, participatif, transparent et honnête. Et nous prenons l’engagement de mener le peuple à la mairie, et de mettre les mairies au service du peuple », souligne le manifeste.

« L’engagement de réaliser un audit indépendant et à la plus brève échéance possible dans les mairies que nous détenons ». Ils ont expliqué que leur objectif est « d’être au courant de la situation réelle » des mairies, de l’état dans lequel nous les avons héritées de nos prédécesseurs, et de « faire connaître ces données au peuple ».

Conjointement à cet engagement, ils ont annoncé qu’ils reverraient à la baisse « les traitements des élus qui ont décidé de se consacrer exclusivement à la gestion des mairies », « ces dernières années le nombre d’élus se consacrant à temps plein à leur mandat et le traitement de ceux-ci ayant doublé ».

Le troisième engagement d’ANV « quant aux infrastructures et macro-projets qui ont une influence directe sur le peuple » est de « mettre en place tous les moyens nécessaires pour que le peuple se prononce directement ».

« Nous présentons ces mesures comme étant un premier pas basique du nouveau modèle de gestion fondé sur la participation citoyenne, la démocratie et la transparence », ont souligné Barruso et Beitialarrangoitia, maires respectivement de Bergara et Hernani.

Avant de conclure, elles ont estimé que les engagements pris hier constituent « le minimum que nous pouvons faire pour rapprocher nos institutions du peuple et pour les mettre à son service ».

Après quatre ans d’apartheid politique, et malgré le fait que la moitié de ses listes aient été annulées par la Justice espagnole, EAE-ANV a obtenu la gestion de 42 localités d’Araba, Bizkaia, Gipuzkoa et Nafarroa lors des élections de mai.

{{Luesma menace les maires d’ANV de porter plainte s’ils mènent des consultations citoyennes 28/06/07}}

Le délégué du gouvernement espagnol dans la CAV (Communauté autonome basque), Paulino Luesma, a averti hier ANV que les décisions qu’adoptent les mairies qu’ils gouvernent « doivent scrupuleusement respecter l’ordonnance juridique », ce pour quoi il a avancé qu’il serait vigilant quant à ce qu’aucune mairie ne réalise de « consultations illégales » ou ne mette d’obstacles au TAV (Train à grande vitesse). Et il a ajouté que « face à n’importe quelle violation constatée, les procédures légales correspondantes seront intentées ».

Le conseil économique et social régional d’Aquitaine définit le Pays Basque comme un « pays autonome » 29/06/07

Le CESR d’Aquitaine, dans un rapport élaboré avec l’Institut de démographie de l’université de Bordeaux 4, a établi une typologie des Pays d’Aquitaine.
Dans cette classification le Pays Basque a été classé comme « pays autonome » mais les responsables du CESR ont considérés que ce terme n’était pas politiquement et le document publié fait état d’un « pays complet ».

{{Une grande majorité sociale en faveur du dialogue pour résoudre le conflit 28/06/07}}

Sept personnes sur dix sont en faveur d’un referendum d’autodétermination. La grande majorité de la population de Gipuzkoa, Araba et Bizkaia (concrètement, 83 %) considère qu’il existe en Euskal Herria un problème politique plus profond que l’existence de l’organisation armée ETA, et 79 % des citoyens sont favorables au dialogue entre les formations politiques, estimant que celui-ci doit toujours être maintenu.

Sept personnes interrogées sur dix croient que « le peuple basque a le droit à ce que soit mis en place un referendum d’autodétermination. 66 % des citoyens veulent que dans les prochaines années ait lieu un referendum d’autodétermination.

58 % considèrent que les citoyens doivent « s’impliquer directement » dans « la construction de la paix ».

{{La Gauche Abertzale accuse Imaz de mentir pour cacher le rôle qu’il a joué dans le processus 29/06/07}}

Le mahaikide Joseba Álvarez a répliqué hier au président de l’EBB (exécutif basque du PNV), Josu Jon Imaz, que son accusation contre la gauche abertzale « est purement et simplement un grand mensonge qui tente de cacher » le rôle du PNV pendant le processus. « Imaz, qui a représenté le PNV dans ces conversations, a dit non à la solution pour une raison qui a son poids pour le PNV », qui ne serait autre que la préservation de l’hégémonie politique avec laquelle il compte depuis 25 ans dans la CAV et pour pouvoir « continuer à faire son business ».

Imaz a affirmé ceci : « Ce qui a été mené a consisté, au sens figuré, à mettre un pistolet sur la tempe du parti socialiste et lui dire : ou tu t’engages à ce que le PSN défende activement et publiquement la possibilité de former un espace unique d’autogouvernement des quatre territoires, soit une position active du Parti socialiste, donc en changeant ta façon d’agir et de penser, ou tout se casse ».

Après avoir reproché à Imaz d’avoir « manqué à la vérité », Álvarez a commenté que « tout le monde sait que la gauche abertzale ne ment pas », et encore moins sur des sujets si importants et primordiaux que la résolution du conflit politique dont souffre Euskal Herria.

Le mahaikide a disséqué la proposition et souligné que son caractère est « absolument démocratique », puisqu’il serait impossible de créer ce cadre sans le consentement des citoyens de chaque territoire. Et il a ajouté qu’elle fait face et offre une solution aux deux problèmes centraux qui attisent le conflit : le droit à la décision et le dépassement de la partition territoriale. Des aspects que les représentants du PNV et du PSOE ont évité d’aborder.