"EH NEWS" INFORMATION PÉRIODIQUE SUR LE PAYS BASQUE

(03 juillet 2007 – 13 juillet 2007)

{{Askatasuna défend la nécessité d’un processus démocratique. 03/07/07}}

Askatasuna a rendu publics hier les chiffres de la répression politique en Euskal Herria depuis mars 2006, soit pendant le lapse de temps durant lequel le processus a été en vigueur, pour conclure sur le fait que l’utilisation de la répression politique a entraîné un niveau élevé de dégradation de l’Etat de droit ».

Parmi les données révélées par Askatasuna, il faut souligner les 592 prisonniers politiques basque actuels – seuls 16 se trouvent dans des prisons situées en Euskal Herria – et les 24 accidents de voiture en relation avec les visites enregistrés. Onze prisonniers ont des maladies incurables ou sont gravement malades ; et 146 prisonniers ont accompli les trois quarts de la peine que leur ont infligé les tribunaux.

De plus, Askatasuna a comptabilisé dans cette période 2 059 contrôles policiers sur les routes du pays, et 95 charges policières qui ont causé 125 blessés. Le porte-parole de l’organisme antirépressif, Julen Larrinaga, a réclamé « la restitution des droits démocratiques, la désactivation de tout mécanisme d’imposition et la participation des citoyens à la vie politique. S’il n’y a pas de consensus social et politique autour de ces bases démocratiques, il est impossible d’aborder un processus démocratique, peut-être un processus politique, mais il échouerait », a-t-il précisé.

Il a également reproché tant au PNV qu’au PSOE qu’ils n’aient pas souhaité « aborder avec volonté la nécessité d’un changement démocratique, en guise de seconde transition », et les a accusés d’essayer de parler d’un accord politique « de manière technique et sans base démocratique ».

{{La police française arrête trois personnes et saisit des explosifs. 03/07/07}}

Trois personnes, dont les identités n’étaient pas connues au moment du bouclage de cette édition, ont été arrêtées hier soir aux alentours de Donibane Garazi lors d’une opération à laquelle ont participé la police française et la garde civile. Du matériel explosif et des armes ont été saisis dans leur fourgonnette. Avec elles, les personnes arrêtées pour une présumée relation avec ETA sont au nombre de huit depuis la fin du cessez-le-feu.

Des agents de la police française ont arrêté hier soir aux alentours de Donibane Garazi trois personnes dont les identités n’avaient pas encore été transmises à 23 heures, que les sources policières ont identifié comme étant des « libérés d’ETA » alors qu’elles circulaient dans une fourgonnette.

{{Deux militants présumés d’ETA arrêtés près de Paris.}}

Quelques heures après l’arrestation lundi soir de trois militants présumés d’ETA à Donibane Garazi – Ekaitz Agirre, Aingeru Cardaño et José Antonio Aranibar –, la police française a arrêté deux autres Basques à Paris, qu’elle a aussi mis en relation avec l’organisation armée. Bien que l’arrestation ait eu lieu au milieu de la nuit, la nouvelle n’a été connue qu’hier matin. Des sources policières dissocient les deux opérations.

{{Jose Mari Sagardui a accompli vingt-sept ans en prison, dont dix en isolement. 05/07/07}}

Lundi prochain, 8 juillet, cela fera 27 ans que Jose Mari Sagardui Gatza a été arrêté et incarcéré, torturé pendant plusieurs jours, tel qu’il l’a lui-même relaté. C’est le prisonnier politique qui a passé le plus de temps en prison de tout le continent européen. Au cours de son périple carcéral, le zornotzar a connu une quinzaine de prisons dans lesquelles il a souffert en permanence de conditions de vie très dures.

Aussi, Juaristi, porte-parole d’Askatasuna, a évoqué les différentes phases qu’a traversées la politique pénitentiaire impulsée par les Etats espagnol et français durant les trente dernières années et qui vise à « faire plier Euskal Herria en détruisant les prisonniers politiques basques ». Ainsi, il a rappelé qu’en 1977 « une grâce et une pseudo amnistie ont été accordées, pour que quelques mois plus tard les prisons se remplissent à nouveau de Basques ».
Dans le cadre de ce « dur chemin » dont ont souffert les prisonniers politiques basques, il a intégré « les mesures répressives importées d’Allemagne, l’implantation du modèle de prison de haute sécurité comme à Herrera de la Mancha, auxquelles il faut ajouter la présence de policiers espagnols et de gardes civils exerçant en tant que gardiens de prison ».

Une autre étape significative fut la période allant des années 1986 à 1996, durant laquelle a été développé « un plan élaboré par les experts du PNV qui consistait à accroître l’isolement et la dispersion, avec des mots jolis et humanistes mais qui occultait de macabres intentions ». Cependant, Juaristi a indiqué que ces dernières années « la situation a empiré ». Pour l’illustrer, il a énuméré les obstacles imposés aux prisonniers par rapport aux visites ou pour pouvoir étudier, encore plus s’ils veulent le faire en euskara. Et à cela doit être ajouté « l’accroissement de l’isolement et l’augmentation de la peine maximale jusqu’à 40 ans ». Il a aussi situé dans ce contexte la dite « doctrine Parot », une peine à perpétuité camouflée qui concerne actuellement déjà 20 prisonniers basques mais qui pourrait s’appliquer à plus d’une centaine, ou le cas de De Juana.

{{Batasuna dénonce le fait que les dernières actions contre Arnaldo Otegi ont elles aussi une base politique. 06/07/07}}

Le juge de l’Audience nationale Fernando Grande-Marlasca a informé qu’il commencerait le procès contre Arnaldo Otegi pour avoir pris part à un hommage rendu en souvenir d’Arkaitz Otazua, militant d’ETA assassiné par la Ertzaintza en 2003.

Ce juge espagnol a pris, plus d’une fois, des décisions à l’encontre des représentants de la Gauche Abertzale, bien que le procureur ait mis en doute son impartialité. Faisant la sourde oreille aux recommandations du procureur, Grande-Marlasca a décidé de donner raison au Forum d’Ermua ainsi qu’à Dignidad y Justicia.

Ainsi, la Gauche Abertzale a exigé l’arrêt des procès en cours, et a déclaré que « tant Euskal Herria que les citoyens basques ont déjà exigé à plusieurs reprises la disparition de l’Audience nationale » celle-ci étant « un instrument antidémocratique utilisé contre les citoyens basques ».

{{La garde civile analyse les photographies de 8 000 personnes pour identifier Liher Rodríguez. 06/07/07}}

La garde civile a analysé ces derniers jours des archives photographiques qui contiennent les photographies de plus de 8 000 personnes afin d’identifier la seconde personne qui a été arrêtée aux alentours de Paris.

Selon ce que diverses agences de presse ont signalé hier, citant des sources du corps militaire espagnol, ce sont des personnes « membres de cercles radicaux » ne faisant l’objet d’aucune poursuite et n’ayant pas d’antécédent judiciaire qui figurent dans ces archives policières.

{{La police espagnole arrête à Santander l’elorriotarra Aritz Arginzoniz. 10/07/07}}

La police espagnole a arrêté hier le biscaïen Aritz Arginzoniz dans la gare routière de Santander. Le jeune d’Elorrio avait pris la fuite soi-disant en décembre 2006, après que la Ertzaintza ait découvert deux zulos (caches) destinés à stocker des explosifs aux alentours de Zornotza et Atxondo.

{{Les autorités françaises extradent Agurtzane Delgado et Lola López. 11/07/07}}

Les prisonnières politiques Agurtzane Delgado et Lola López Resina ont été remises hier soir à l’Etat espagnol après que les autorités françaises aient procédé à leur extradition. Dans le cas de Delgado, originaire d’Ermua, la remise est définitive, alors que celle de Lola López est temporaire.

{{L’audience concernant les remises d’Albisu, Monge et Ruiz reportée au 20 juillet. 11/07/07}}

Lors de la prochaine audience, une décision concernant deux mandats d’extradition européens sera rendue. En premier lieu, celui qui concerne les trois prisonniers basques accusés d’un délit présumé « d’appartenance » à ETA. D’un autre côté, le tribunal britannique devra lui aussi statuer sur l’extradition d’Ana López quant à sa relation avec Hodei Galarraga et Egoitz Gurrutxaga, militants d’ETA morts en 2003 lors de l’explosion de leur véhicule qu’ils conduisaient dans le quartier de Basurto.

Ainsi, à Londres, le membre de la Gauche Abertzale Mikel Zubimendi a affirmé que la situation d’Albisu, López et Monge « est l’illustration des vieilles recettes répressives contre Euskal Herria ». Des mesures avec lesquelles, à son avis, « les conflits de nature politique ne trouvent pas de solution ».

En ce sens, et lors de déclarations effectuées devant divers medias internationaux, Zubimendi a appelé à donner « une chance à la parole et à une solution démocratique en Euskal Herria, comme cela s’est passé dans le cas de l’Irlande ».

{{La défense d’Arnaldo Otegi a posé un recours en cassation au Tribunal constitutionnel. 12/07/07}}

La membre du bureau national de la Gauche Abertzale et avocate d’Arnaldo Otegi, Jone Goirizelaia, a annoncé hier qu’elle a déposé un recours en cassation devant le Tribunal constitutionnel sur la base de la violation des droits fondamentaux dont, comme elle le pense, a été victime son client au cours de la procédure judiciaire en relation avec sa participation à un hommage rendu à José Miguel Beñaran, Argala, au cours duquel il a exposé le contenu de la proposition de Bergara. Elle a exigé, de plus, sa remise en liberté immédiate pour qu’il puisse poursuivre son « travail politique ».

Elle a expliqué que les violations qui, à son avis, ont eu lieu ont été listées afin de pouvoir, « si cela était nécessaire », aller plus facilement au Tribunal des droits de l’homme de Strasbourg. Ainsi, elle a expliqué que parmi les violations observées on trouvait entre autres : « Le droit à un procès juste et avec toutes les garanties, à un conseil judiciaire effectif, à apporter des preuves et à ce qu’elles soient retenues, à la participation politique, à la libre expression d’idées et au principe de légalité ».

Elle a aussi expliqué qu’en ce moment il y a deux démarches différentes : le recours en cassation et la demande de suspension de la peine de prison. Tout de suite après, elle a situé le cas d’Otegi dans le contexte de l’attitude du gouvernement espagnol de s’en prendre continuellement à la gauche abertzale et à ses dirigeants. Et tout cela, à son avis, parce que le PSOE « pense qu’ainsi, en frappant la gauche abertzale, il pourra maintenir le statu quo actuel ».

{{La police arrête deux citoyens basques près d’Angoulême. 12/07/07}}

L’arrestation des deux militants présumés d’ETA s’est produite dans le cadre d’une opération conjointe des polices française et espagnole qui se poursuit. Les sources policières ont expliqué qu’ils étaient armés : l’un portait un pistolet et l’autre un revolver qui provenait du stock de près de 350 armes volées le 23 octobre dans une entreprise de la localité de Vauvert, près de Nîmes. Cette action avait été attribuée à ETA.

Avec les deux d’hier, les Basques arrêtés sous l’accusation d’être en relation avec l’organisation armée depuis que celle-ci a annoncé, le 5 juin, la fin du cessez-le-feu permanent décrété en mars 2006, sont déjà au nombre de treize.

{{Garzón envoie en prison trois des quatre personnes arrêtées en Araba. 13/07/07}}

Le juge de l’Audience nationale espagnole Baltasar Garzón a ordonné hier soir l’incarcération de Gorka Belasko, Koldo Moreno et Xabier Fernandez de Gamarra. Tous avaient été arrêtés par la police espagnole dans la matinée de mardi dernier. Pour sa part, Urko Arroyo, arrêté à Agurain dans le cadre de la même opération, est resté en liberté bien qu’avec des mesures préventives.

L’opération policière avait été caractérisée par la brutalité policière lors des perquisitions, brutalité qu’avaient aussi dû subir les membres des familles et les proches des personnes arrêtées : « la police tapait, braquait et a même menotté » ceux qui se trouvaient avec les personnes arrêtées.

{{Euskal Herria a le plus grand nombre de policiers de toute l’Europe. 13/07/07}}

Partant du principe qu’Euskal Herria est une réalité niée, Askatasuna réitère ceci : « Pour faire perdurer cette négation, les corps répressifs et leur usage systématique sont indispensables ». Et plus encore, les 33 567 policiers ou corps armés continuent d’être nécessaires pour continuer à nier les racines du conflit politique que sont la territorialité et le droit à décider.

En comparaison avec d’autres pays d’Europe, Euskal Herria est celui qui compte le plus fort taux de policiers ; une moyenne de 11,23 policiers pour mille habitants. Dans l’Etat espagnol, cependant, ils sont 5, et selon les recommandations des Nations unies, « pour qu’une démocratie soit saine », le calcul est de trois policiers pour mille habitants.

Ainsi, Askatasuna a rappelé qu’au cours des 30 dernières années, 319 Basques ont été assassinés par la répression policière, et qu’il y a eu plus de 4 000 prisonniers politiques basques. Plus de 35 164 personnes ont été arrêtées et plus de 7 000 torturées. Askatasuna a également dénoncé que sur les 40,2 millions de m2 qu’occupe Euskal Herria, il y a 160 commissariats ou casernes policières.

{{Après leur transfert à Madrid, Idoia Garmendia repart libre et Anartz Oiartzabal est incarcéré. 13/07/07}}

L’Etat français a extradé hier vers l’Espagne le prisonnier donostiarra Anartz Oiartzabal qui, après avoir déclaré devant l’Audience nationale, a été incarcéré. L’ordiziarra Idoia Garmendia est quant à elle aujourd’hui libre en Euskal Herria, après que la police française l’ait livrée à ces acolytes espagnols à la frontière de Port-Bou (Girona) où elle avait alors été appréhendée et amenée à Madrid.