"EH NEWS" INFORMATION PÉRIODIQUE SUR LE PAYS BASQUE

(20 septembre 2007)


EH NEWS :

Bulletin hebdomadaire sur la lutte basque (20 septembre 2007)

•  Joseba Permach : « Nous avons la possibilité d'éviter la nouvelle fraude tentée par le PNV, le PSOE et NaBai »

•  La gauche abertzale insiste sur le fait qu'« une nouvelle fraude » est en préparation

•  Autonomie, foncier et élections au menu de la rentrée de Batasuna

•  Le mouvement pro-amnistie dénonce le fait que le PNV « a décidé de faire le pari de la confrontation »

•  ANV affirme que son illégalisation constituerait une interdiction des idées indépendantistes

•  Le procureur général Conde-Pumpido se vante de ce qu'en 2006 le Parquet « a battu tous ses records »

•  Le Parquet requiert entre 10 et 15 ans de prison dans le dossier contre Udalbiltza, l'assemblée des élus municipaux d'Euskal Herria

•  Verdict prévu « en fonction d'intérêts politiques » dans le dossier 18/98

•  Le Collectif logement dénonce l'inflation

•  Jusqu'à 14 ans de prison requis contre les personnes poursuivies dans le dossier contre le journal “Egunkaria“

•  BREVES

Joseba Permach, porte-parole de Batasuna : « Nous avons la possibilité d'éviter la nouvelle fraude tentée par le PNV, le PSOE et NaBai »

 

Joseba Permach observe que le moment politique actuel « est marqué par la fin du processus de négociation », dont « certains ont tenté de profiter pour conduire la gauche abertzale vers une simple réforme du cadre statutaire au sein de l'Etat espagnol sans s'attaquer aux droits nationaux d'Euskal Herria, à son articulation territoriale et au droit de ce peuple à décider de son futur. Et la gauche abertzale a refusé de répéter une fraude comme celle qui a eu lieu il y a trente ans. Dans les prochains mois, ces forces essayeront de parvenir à un accord politique de réforme du statut d'autonomie basque et du statut navarrais ».

Que peut faire la gauche abertzale pour éviter ce pacte qu'elle considère comme une fraude ?

Il y a trente ans, ils ont tenté de contenir les droits nationaux de ce peuple dans le carcan de la Constitution espagnole, et depuis il en a coûté des sueurs et des larmes à ce pays et à la gauche abertzale pour ouvrir ce débat sur le cadre statutaire et pour démontrer à la majorité des agents politiques qu'il nécessitait un changement. C'est pour cela que nous ne pouvons pas permettre que les possibilités réelles de changement de cadre qui s'offrent actuellement soient gâchées par un pacte de réformes statutaires qui ne permettrait pas à ce peuple de décider librement de son futur et qui continuerait à perpétuer la partition territoriale. Mais il y a une alternative. Nous avons soumis une proposition de cadre démocratique basée sur l'autonomie avec le droit à décider et dans laquelle tous les projets politiques peuvent être défendus, y compris le nôtre, l'indépendantiste. C'est-à-dire que la gauche abertzale va s'opposer à cette opération politique que prétendent mettre en place le PSOE et le PNV avec la collaboration de Nafarroa Bai, et en même temps nous allons mener à bien des initiatives pour incarner chaque fois plus ceux qui revendiquent un cadre démocratique.

Sur quelles forces espérez-vous compter pour neutraliser une opération que vous attribuez au PNV, au PSOE et à Nafarroa Bai ?

La gauche abertzale a démontré ces dernières années qu'elle pouvait compter sur un important soutien social. Et, en plus, il y a une majorité sociale qui est en train de demander un changement de cadre, au-delà des partis ou de l'importance que ceux-ci ont. C'est ainsi que l'on peut interpréter une certaine démission de cette semaine, ou l'approbation d'une proposition politique au sein du PNV qui essaye de camoufler l'opération de réforme statutaire qui est en train de se construire.

Dans la phase tourmentée dans laquelle nous nous trouvons, la gauche abertzale peut avoir des difficultés pour que ses propositions politiques quant au futur soient écoutées…

La multiplication des attaques contre la gauche abertzale a pour but de l'enfermer dans un cycle de réponse antirépressive et de conditionner son activité politique. L'Etat espagnol devrait maintenant savoir qu'il ne va pas pouvoir en finir ni policièrement ni par la répression avec la gauche abertzale, et que chaque agression aura la réponse de la mobilisation populaire. Mais, malgré tout cela, nous allons prendre des initiatives pour articuler dans ce pays une grande majorité qui fait le pari d'un nouveau cadre avec le droit à l'autodétermination.

Par rapport au processus de négociation, qu'en est-il resté de positif, qui puisse servir de base pour le futur ?

Bien que le gouvernement espagnol ait voulu donner l'impression qu'il s'agissait d'un processus technique de démilitarisation, il est plus qu'évident que cela a été une négociation politique dans laquelle les points centraux à aborder pour parvenir à une solution démocratique ont été clairement identifiés. Le gouvernement espagnol, avec le soutien du PNV, a décidé de fermer la porte à cette solution, mais ce débat politique est là.

Reste-t-il un quelconque canal ouvert ?

Malheureusement, le processus de négociation est clos. Il a été clos par le PSOE et le PNV qui ont fermé la porte à chacune des propositions que faisait la gauche abertzale. Evidemment, nous, dans la tentative de freiner cette grande opération de réforme du cadre et de présenter une alternative, nous avons continué à maintenir les réunions et les contacts nécessaires avec les agents politiques, sociaux et syndicaux.

Le 1 er avril 2006, il y a eu une énorme manifestation à Bilbo, mais dans les mois qui suivirent, on a eu l'impression que ce pôle qui défendait unitairement une solution démocratique n'a pas été aussi actif qu'il aurait dû l'être…

Il est peut-être vrai que cette mobilisation sociale n'a pas eu l'ampleur nécessaire. Il faut aussi tenir compte du fait que ce sont les mêmes personnes qui ont appelé à une manifestation à Iruñea [Pampelune], qui a été interdite selon l'allégation que Batasuna, qui est illégale, y appelait. L'Etat espagnol était conscient que cette poussée sociale était nécessaire, et pour cette raison, n'honorant pas les engagements pris, il a essayé d'entraver l'activité des organisations de la gauche abertzale.

Qu'a appris la gauche abertzale de ce processus ?

Que le jour où le gouvernement espagnol et les forces politiques basques devront à nouveau s'asseoir autour d'une table de négociation, nous devrons le faire en ayant créé les conditions sociales et politiques objectives pour qu'un pas soit vraiment fait en faveur d'un cadre démocratique. Et également que nous nous sommes concentrés sur des approches à court terme et que nous n'avons pas été capables d'envisager une dimension à plus long terme, étant entendu que ce processus de négociation et la nécessité d'un cadre démocratique dans ce pays sont une phase de transition vers la mise en marche de notre projet politique.

Quels sont les objectifs que se fixe la gauche abertzale pour cette année politique ?

D'un côté, en plus d'affronter le quotidien, nous avons un projet politique qui est l'indépendance. Par ailleurs, en tant que formation politique de gauche, socialiste, nous devons démontrer que cette Euskal Herria du futur peut se construire dès aujourd'hui. Pour pouvoir développer notre projet politique dans toute son ampleur, un scénario démocratique est nécessaire, et pour cela nous avons une proposition politique qui n'est pas notre projet mais une proposition de transition qui permet l'égalité. Celle-ci est aujourd'hui notre ligne essentielle de travail. Et, en même temps, nous devons paralyser cette grande opération qui prétend répéter la fraude d'il y a trente ans. Nous ne pouvons pas non plus oublier que l'Etat essayera de conditionner notre activité avec la répression et il faudra affronter cette réalité.

Le principal interlocuteur de la gauche abertzale est actuellement incarcéré…

Ce n'est pas un hasard si, à la fin du processus de négociation, celui même qui partageait quelques semaines plus tôt la table avec des représentants du PSOE a été incarcéré. Arnaldo Otegi bénéficie d'une grande crédibilité et il pouvait raconter directement ce qui s'était passé au cours de ce processus. Il est certain que son incarcération s'est produite dans un silence complice et honteux de la part de la majorité politique, y compris de la part de ceux qui avaient participé aux négociations. Maintenant, nous avons mis en marche une dynamique de demandes pour sa remise en liberté, nous nous sommes adressés à de nombreuses organisations, et nous sommes en train d'organiser la venue de diverses délégations pour qu'elles rendent visite à Otegi et fassent état de sa situation.

Quelle place occupent les prochaines élections législatives espagnoles et leurs résultats dans l'agenda de la gauche abertzale ?

Plus que de spéculer sur ce qu'il pourrait arriver selon qu'il y ait tel ou tel locataire à la Moncloa, ce que nous voyons c'est que l'Etat espagnol est plongé dans un processus de réforme des statuts autonomiques et que le gouvernement du PSOE, avec le PNV et Nafarroa Bai, va tenter une opération de ce type pour en finir artificiellement avec le conflit. Et dans ce contexte, certains essayeront de profiter des élections pour tenter de prendre du poids et d'apparaître comme représentant de Nafarroa ou d'Euskal Herria face à Madrid. Ces élections auront donc lieu à un moment politique important.

Cela vous est égal que ça soit Zapatero ou Rajoy qui gagne ?

Nous n'allons pas entrer dans des appréciations personnelles sur Zapatero et Rajoy. Ce que nous voulons c'est qu'il y ait une bonne fois pour toute un gouvernement dans l'Etat espagnol qui reconnaisse que ce pays a le droit de décider librement de son futur, en dépassant ce qui nous a été imposé il y a trente ans. Pendant que le PP gouvernait, il a maintenu une position de négation absolue des droits d'Euskal Herria, et Zapatero a perdu la meilleure occasion qu'ait jamais eue aucun président espagnol pour résoudre le conflit.

Et cela vous est égal que ce soit Imaz, Egibat ou Urkullu qui dirige le PNV ?

D'abord, je dois préciser que cela ne nous est pas égal que ce soit le PSOE ou le PP qui gouverne ; ce que nous disons c'est que les deux ont nié jusqu'à aujourd'hui les droits d'Euskal Herria, ce qui ne veut pas dire qu'ils ont des politiques identiques ou les mêmes intérêts. Par rapport au PNV, il est évident qu'Imaz ou Egibar peuvent avoir des positions politiques différentes, mais il suffit de lire la proposition politique pour voir qu'indépendamment de l'emballage, qui peut être plus rouge et jaune [allusion au drapeau espagnol] ou plus rouge, blanc et vert [allusion au drapeau basque], le caramel qu'il renferme n'est autre qu'une tentative de signer avec le PSOE et Nafarroa Bai un pacte de réformes statutaires après les prochaines élections, ou peut-être après celles autonomiques.

La gauche abertzale insiste sur le fait qu'« une nouvelle fraude » est en préparation

 

Des représentants de la gauche abertzale en Nafarroa, comme Pernando Barrena, Patxi Urrutia, Arantza Santesteban, Juan Kruz Aldasoro ou Jon Garai ont à nouveau martelé hier un message qu'ils portent depuis plusieurs jours en énonçant la probabilité de ce que le PSOE, le PNV et Nafarroa Bai mettent en marche au cours des « prochains mois » ce que Barrena qualifie de « nouvelle fraude politique ».

Parmi les éléments qui confortent cette conviction, le mahaikide [membre du bureau national] navarrais a cité – en plus de l'arrêt du processus de négociation politique avec la gauche abertzale – le contenu de la proposition politique du PNV, les appels constants du PSOE au PNV pour mettre en marche une réforme statutaire, ou la plateforme de cinq points par rapport à laquelle NaBai a pris position la semaine dernière. Pernando Barrena a signalé par rapport à cette dernière que la coalition a montré qu'elle « cherche un simple ravalement du cadre, continuer en offrant du vent ».

Ces éléments en main, la gauche abertzale avertit que les partis cités cherchent « un nouvel ajustement pour les Statuts basque et navarrais, en accord avec la Constitution ». Elle alerte de ce qu'il ne répondrait pas à la volonté des citoyen-ne-s de parvenir à une solution définitive et de s'emparer du droit à décider. Et elle le démontre avec la tentative avortée des derniers mois, qu'elle qualifie de « grande occasion manquée » pour le « grand changement politique que les citoyen-ne-s veulent et dont ils ont besoin ».

Pernando Barrena et ses camarades ont souligné comme particulièrement significative la situation en Nafarroa, par rapport à laquelle ils pensent que les derniers mois ont plus que jamais mis en évidence le fait que « la Navarre n'a aucun pouvoir politique réel ». Les grandes décisions se prennent à Madrid. Quelque soit ce que veut, vote ou pense les citoyen-ne-s navarrais, tout est décidé là-bas ». Il a rappelé que ces mois-ci plusieurs porte-parole politiques ont admis « textuellement » que Nafarroa « est une question d'Etat ».

« La proposition de cadre démocratique permet aux Navarrais de décider »

Constatant qu'une option de « fraude » est en préparation, la gauche abertzale donne priorité pour les mois à venir à la diffusion de sa Proposition de cadre démocratique. Barrena a rappelé que cette option – autonomie des quatre territoires avec un statut propre pour Nafarroa et le droit à décider – « permet la capacité de décision des citoyen-ne-s navarrais ». Il a souligné qu'ils la diffuseraient « avec humilité » et sans prétendre se l'approprier.

Autonomie, foncier et élections au menu de la rentrée de Batasuna

·Le 29 septembre cette formation rassemble ses militants pour débattre de ces questions

Une assemblée qui se tiendra le 29 septembre à Ustaritz (21h30, salle Lapurdi) donnera le coup d'envoi de la rentrée politique de Batasuna. Le parti de la gauche abertzale a présenté hier les trois thématiques qui seront abordées et qui, selon Batasuna, marqueront le prochain cursus politique: un cadre institutionnel autonomique pour le Pays Basque nord, le problème du logement et du foncier ainsi que d'autres questions relevant du social, et enfin les élections cantonales et municipales de mars 2008.

Pour la formation de la gauche abertzale, les mois à venir seront fortement marqués par l'échec du processus de résolution du conflit basque. Un échec dont "la responsabilité revient au PSOE", selon Batasuna, qui précise que "l'Etat français est un acteur à part entière" de la question basque. Xabi Larralde, accompagné de Jone Goirizelaia et Aurore Martin, membres elles aussi du Bureau National de Batasuna, a évoqué la récente visite du président de la République au Pays Basque. "M. Sarkozy a fait la tournée des popotes en ce qui concerne la question des identités, car il est ensuite allé en Corse pour répéter le message qu'il a lancé au Pays Basque : renforcement de la répression". Or, la répression ne résoudra pas la question, prévient Batasuna. "La solution à ce conflit politique ne peut être que politique. Il faut que l'Etat français accepte qu'ici il y a une identité, que le Pays Basque existe, et qu'il doit être reconnu et respecté".

Dans ce sens Batasuna a évoqué les travaux de la commission de réflexion sur les institutions, mise en place par Edouard Balladur et a rappelé que la gauche abertzale a une proposition sur la question. "La reconnaissance du Pays Basque passe par un cadre politique et institutionnel, par une autonomie".

Agences immobilières

L'autonomie serait selon Batasuna l'outil nécessaire pour faire face à des problèmes qui touchent sérieusement le Pays Basque, tels que le logement et le foncier, où pour trancher sur des débats tels que la Ligne ferroviaire à Grande Vitesse, la question des OGM ou le projet de 2x2 voies en Navarre. "Personne ne nie ici qu'il y a une crise dramatique concernant le logement et le foncier.En dix ans les prix ont doublé et certains ont fait de cette situation leur beurre. Ce ne pas un hasard si à Biarritz, par exemple, il y a cinq fois plus d'agences immobilières que de boulangeries".

Selon Batasuna, "ce n'est pas normal que le logement et le foncier soient soumis à la loi du marché". D'autant plus qu'au Pays Basque, "lurra eta etxea, la terre et la maison font partie de l'identité comme le fait la langue". Batasuna s'en prend aux notables qui "sont en place depuis des années et des années" et qui "n'ont rien fait".

Le parti de la gauche abertzale qualifie d'échec le bilan de la dynamique Pays Basque 2010. "La situation actuelle du logement et du foncier est l'expression de cet échec", insiste Batasuna tout en refusant le nouveau protocole 2020. "Le Pays Basque en a assez des faux outils; si l'on veut résoudre réellement les problèmes de ce pays il faut qu'on le dote de véritables outils structurels. Le Pays Basque nécessite une cabine de pilotage, un cadre politique, une institution qui ait la capacité de décider et les moyens pour mettre en ¦uvre des solutions aux problèmes". Pour Batasuna, il faut doter le Pays Basque d'un statut d'autonomie "aux compétences larges", avec "une réelle fiscalité" pour bénéficier des moyens financiers.

Ce sera l'une des revendications à défendre lors des élections cantonales et municipales de mars 2008 auxquelles Batasuna pourrait se présenter main dans la main avec d'autres forces abertzale comme ce fut le cas pour les législatives de juin. "La coalition Euskal Herria Bai (Batasuna, Abertzaleen Batasuna et EuskoAlkartasuna) a démontré lors des dernières élections que les abertzale représentent une force politique qui compte".

Selon Xabi Larralde, les discussions sont en cours pour rééditer une expérience que Batasuna qualifie de "très positive". "Nous sommes très optimistes" sur le résultat de ces débats, a-t-il estimé, tout en soulignant que l'objectif est que "le projet abertzale ressorte renforcé" pour qu'il soit "en position de force face au centralisme jacobin".

Toutes ces réflexions seront abordées par la militance de Batasuna en assemblée générale dans une semaine.

Le mouvement pro-amnistie dénonce le fait que le PNV « a décidé de faire le pari de la confrontation »

 

Selon le mouvement pro-amnistie, au cours des derniers mois « un nouvel élan dans la stratégie répressive » a été donné, et il a rappelé que « des mobilisations ont été interdites et dissoutes par la violence policière », comme celle qui a eu lieu le 9 septembre dernier à Donostia, qui s'est terminée avec de nombreux blessés et neuf personnes arrêtées, parmi lesquelles Juan Mari Olano qui a ensuite été incarcéré.

Birunbrales a dénoncé le fait que c'est dans ce contexte que ce sont produits également d'autres événements répressifs, comme la réquisition du Parquet contre Udalbiltza (celui-ci réclamant des condamnations allant de 10 à 15 ans), le fait que « la sentence dans le dossier 18/98 soit sur le point d'être énoncée (tous les indicateurs laissant présager qu'elle sera condamnatoire »), la politique pénitentiaire, l'occupation policière, et le fait qu'« ANV soit dans la ligne de mire ».

D'abord Otegi, maintenant Olano

Par rapport à cela, il a situé l'incarcération du porte-parole de l'organisme antirépressif « dans le cadre d'un plan préétabli par le PNV » et qui est à mettre « en parallèle » avec l'incarcération du mahaikide Arnaldo Otegi. « Ce parti a voulu nous envoyer un message très clair : si dans un contexte de rupture du processus de conversations ils ont arrêté Otegi et quelques mois après Olano, que ne vont-ils pas oser ? », a-t-il déclaré.

Le représentant du mouvement pro-amnistie a considéré que le PNV « est en train de livrer des secteurs très larges de la société à la répression ».

A son avis, derrière tous ces événements, « les alliances politiques sont en train d'être définies », et il a soutenu que dans le débat actuel il faut voir si le pari qui est fait est celui « de la solution définitive du conflit ou celui d'un scénario de confrontation ».

En ce sens, le mouvement pro-amnistie pense que « le PNV a pris la décision de faire le pari de la confrontation et l'a clairement démontré avec ses agissements des dernières semaines ».

Il a dénoncé ce que ce pari suppose de « répéter une nouvelle trahison politique envers ce peuple, comme celle d'il y a trente ans ». A son avis, cela passerait par « une nouvelle réforme du Statut de Gernika avec les limites que le gouvernement espagnol voudra imposer ».

Ainsi, il a considéré que cette « nouvelle trahison politique » de la formation jeltzale [le PNV] serait « accompagnée de répression, parce que des secteurs très larges de ce pays ne sont pas d'accord et veulent que le droit à décider et la territorialité soient reconnus ». Face à cela, il a signalé que le mouvement continuerait de travailler et de dénoncer les objectifs politiques qui, à sons sens, se cachent derrière cette stratégie répressive.

« L'Audience nationale légitime et couvre la répression »

Les avocates Arantza Zulueta et Amaia Izko ont mis l'accent sur le « rôle » qu'a acquis l'Audience nationale espagnole ces derniers temps dans la politique basque, et ont souligné qu'elle « est devenue la figure de proue de la voie qui impose et réprime du gouvernement du PSOE ». Dans cette ligne, elles réclament la dissolution « des tribunaux spéciaux ».

C'est que, selon ce qu'elles dénoncent, l'Audience nationale « légitime et couvre chacune des actions policières et répressives comme les violations de droits dans les prisons et l'interdiction de mobilisations ».

En plus, elles ont souligné qu'« elle le fait avec l'aide inestimable du PNV et de sa police, qui ne fait rien d'autre que livrer sur un plateau des personnes qui luttent pour les droits et les libertés de ce peuple. Parce que, bien qu'il dise qu'il faut la dissoudre et qu'il s'agit d'un tribunal spécial, aujourd'hui le PNV collabore avec l'Audience nationale ».

En ce sens, elles ont considéré l'incarcération de Juan Mari Olano comme étant « un cas supplémentaire de judiciarisation de la répression. Une tête de plus au tableau répressif qu'ont mis en place le PSOE et le PP, et qui a été livrée par le PNV ».



Les avocates ont demandé « pourquoi il a été décidé d'incarcérer maintenant Olano, alors que les poursuites ont été lancées bien avant », et « comment peut-on expliquer » qu'une personne soit incarcérée « pour avoir tenu une pancarte qui demandait la liberté des prisonniers malades et de ceux qui ont accompli leur peine ». Dans le même ordre d'idée, Zulueta et Izko ont signalé que les conférences de presse figuraient dans les arrêts, et elles ont demandé « où se trouve le délit dans les multiples prises de parole d'Olano ».

ANV affirme que son illégalisation constituerait une interdiction des idées indépendantistes

Afin de répondre à la vague médiatique contre ANV, cette formation a donné une conférence de presse pour affirmer que son illégalisation se traduirait par « une interdiction des idées indépendantistes ». En ce sens, elle a soutenu qu'une possible application de la Loi des partis contre elle, en plus d'« aggraver le conflit », répondrait à des « critères purement politiques et à des intérêts électoralistes ».

 

La différence existant entre la légitimité démocratique et la légalité est « abyssale ». Ainsi le voit ANV, qui a assuré que cette fracture « prétend être élargie par les partisans de l'illégalisation » de cette formation vétérante. En ce sens, elle juge que l'illégalisation du parti ekintzaile charrierait derrière elle « l'illégalisation des idées indépendantistes en Euskal Herria ». Le dirigeant ekintzaile a expliqué qu'Hego Euskal Herria [le Pays Basque Sud] est un pays pluriel où, à son avis, « il y a des citoyens indépendantistes, fédéralistes, autonomistes et espagnolistes ». Au sein de cet ensemble d'options politiques, Gomez a rappelé que dans « une situation de véritable persécution politique », l'abertzalisme indépendantiste de gauches incarné par le sigle d'EAE-ANV a obtenu près de 190 000 votes lors des dernières élections, devenant la première force municipale en Gipuzkoa. « C'est la radiographie réelle d'Euskal Herria », a-t-il insisté. Bereziartua, faisant clairement référence à la Loi des partis, a dénoncé le fait qu'« une mentalité coloniale considère que les citoyen-ne-s basques ne sont pas adultes et ne peuvent donc voter pour ce qui leur convient. La formation ekintzaile a averti que 40 ans de franquisme ne sont pas parvenu à en finir avec cette option politique. Et, après avoir assuré que cette idéologie est « totalement enracinée » dans la société, elle a rappelé son engagement en faveur d'une solution dialoguée et négociée du conflit. En même temps qu'elle a assuré qu'elle travaillerait en respectant les décisions de la majorité sociale.

Le ministre de l'Intérieur dit « ne pas rester pas les bras croisés »

Le ministre de l'Intérieur espagnol, Alfredo Pérez Rubalcaba, a affirmé par rapport à la possible illégalisation des formations ANV et EHAK que la police « ne reste pas les bras croisés et que la magistrature non plus ». Faisant étalage du choix de l'illégalisation de son gouvernement, il a réitéré que la volonté politique de l'exécutif espagnol « est prouvée par les faits ». Il a rappelé que cela « ne serait pas la première fois que ce gouvernement demanderait l'interdiction de quelques formes électorales chapeautées par Batasuna », faisant référence à l'illégalisation d'HZ et aux groupes électoraux locaux de 2003.

Batasuna au procureur : « Avec de telles feuilles de route, nous allons tout droit à l'abîme »

Batasuna a répondu aux déclarations du procureur de l'Audience nationale espagnole, Javier Zaragoza, qui inclut l'enquête judiciaire contre EAE-ANV dans la « feuille de route » de son action « contre le terrorisme ». La formation indépendantiste dénonce le fait qu'«avec cette feuille de route, nous n'allons nulle part sinon à l'abîme ».

Dans un communiqué de presse, elle a manifesté le fait qu'« avec les illégalisations de formations politiques, les persécutions d'idées politiques et les interdictions de manifestation et d'expression, nous n'allons nulle part. Cela n'est évidemment pas le chemin ».

En référence aux derniers événements, la formation indépendantiste conclue que « cette stratégie de harcèlement, de persécution et d'illégalisation n'obéit pas à un autre dessein que celui de tenter d'affaiblir la gauche abertzale pour ainsi, entre le PSOE et le PNV, dessiner et mettre en place une nouvelle fraude politique de réforme statutaire, comme il y a 30 ans ».

Le procureur général Conde-Pumpido se vante de ce qu'en 2006 le Parquet « a battu tous ses records »

Le procureur général, Cándido Conde-Pumpido, s'est vanté hier, pendant la cérémonie d'ouverture de l'Année judiciaire espagnole, qu'en 2006, et concrètement pendant le cessez-le-feu d'ETA, le Parquet de l'Audience nationale « a battu tous ses records d'activité ». Ainsi, le plus haut responsable du Parquet espagnol a expliqué que, lors du précédent exercice, 102 actes d'accusation pour « délits de terrorisme » avaient été rédigés, et il a souligné que pendant le cessez-le-feu « non seulement l'activité du Parquet n'a pas diminué contre ETA et son entourage, mais a au contraire substantiellement augmenté ».

Le Parquet requiert entre 10 et 15 ans de prison dans le dossier contre Udalbiltza, l'assemblée des élus municipaux d'Euskal Herria

Le Parquet requiert entre 10 et 15 ans de prison contre les 22 personnes poursuivies dans le dossier contre Udalbiltza, selon le document qui a été remis hier à l'Audience nationale espagnole, qui maintenant devra déterminer la date du jugement, quatre ans après l'opération dirigée par Baltasar Garzón.

 

Plus de quatre ans après qu'ait été lancée l'opération juridico-policière dirigée par le juge Baltasar Garzón contre Udalbiltza, le procureur Juan Moral a rendu publiques hier ses conclusions provisoires. Il y requiert 240 ans de prison pour les 22 personnes poursuivies dans ce dossier sous l'accusation d'« appartenance à une organisation terroriste ». Pour la totalité des accusés, le Parquet demande 10 ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste » et pour quatre d'entre eux – Joseba Mikel Garmendia, Loren Arkotxa, Xabier Alegria et Xabier Iragorri – il demande en plus cinq autres années pour un supposé délit de « malversation de biens publics ». Les autres accusés sont Miriam Campos, Leire Idoiaga, Karmele Urbistondo, Oskar Goñi, Larraitz Sanzberro, Txema Jurado, Lander Etxebarria, Eider Casanova, Miren Josu Aranburu, Imanol Esnaola, Xarlo Etxezaharreta, Espe Iriarte, Jasone Astibia, Urko Irastorza, Maribi Ugarteburu, Juan Karlos Alduntzin, Miren Odriozola et Ibon Arbulu.

Le procureur se réfère dans le document à tous les indices sur le fonctionnement « non légal » de l'institution nationale basque obtenus par Garzón, qui a dirigé la première opération policière en avril 2003. Ainsi, il relate la première Assemblée que tinrent des élus de la gauche abertzale au Kursaal donostiarra le 24 février 2001, date qui marque, selon lui, le début d'une trajectoire pendant laquelle l'institution « agira sous l'unique direction d'ETA-Ekin ».

Engagée à continuer

Après avoir pris connaissance des réquisitions du procureur, l'institution nationale a rendu public un communiqué dans lequel elle assure que « travailler pour la construction d'Euskal Herria ne peut pas être un délit. Il s'agit d'une énormité politique et juridique ». Raison pour laquelle elle exige le classement immédiat du dossier « qui n'avait pas de sens il y a quatre ans et n'en a pas plus aujourd'hui ».

« Chaque fois qu'ils s'en prennent à l'embryon de la représentation institutionnelle nationale créé par Euskal Herria, ils augmentent l'importance d'Udalbiltza », considère-t-elle en même temps qu'elle avertit que « nous avons affaire à une attaque brutale, de caractère politique, de l'Etat espagnol envers Euskal Herria. C'est une agression à son droit à s'institutionnaliser ».

« Udalbiltza a joué un rôle fondamental dans la revendication de la nationalité, dans la construction nationale et dans la structuration institutionnelle de notre pays » ces dernières huit années, a-t-elle affirmé, annonçant qu'elle continuerait dans la même ligne, « avec la même responsabilité et la même fermeté ».

Verdict prévu « en fonction d'intérêts politiques » dans le dossier 18/98

 

Les personnes poursuivies dans le dossier 18/98 attendent le verdict « et vu ce qui s'est passé, nous savons qu'il sera condamnatoire, uniquement et exclusivement en fonction d'intérêts politiques, parce nous nous sentons acquittés ici, en Euskal Herria, étant donné que l'activité que nous avons réalisée a été légitimée dans ce pays par ses membres ».

Les accusés estiment que « la voie ouverte par le PP, en utilisant si ouvertement la Justice espagnole contre les droits civiques et politiques en Euskal Herria, semble approfondie par le PSOE ». Ils soulignent ainsi que « la Justice espagnole est en train d'interférer directement dans la vie politique d'Euskal Herria, empêchant son bon déroulement et la dénaturant par le biais d'interdictions de droits civiques et politiques d'organisations politiques, comme celui de manifestation ; ils prétendent cacher des réalités qui existent, sous couvert de la criminalisation, en toute impunité ».

Le Collectif logement dénonce l'inflation

Alors que les professionnels de l'immobilier dévoilaient les chiffres de ce début 2007, quelques membres du "Comité Logement" sur le BAB, ont eux aussi, tenu à dresser leur bilan du logement sur le plan local.

Et celui-ci est nettement plus accablant : un prix à l'achat qui a plus que doublé en 7 ans, 10 680 résidences secondaires "vides pour la plupart d'entre elles", dix mois sur douze sur le BAB et des exigences toujours plus nombreuses pour accéder à la location. A cela, il faut rajouter, selon le Comité Logement, un déséquilibre entre l'évolution du revenu des ménages et celle des prix du loyer.

L'idée-force est donc, en théorie, de soustraire le logement aux lois du marché car il s'agit là "d'un droit humain". Difficile à faire en totalité. Alors les organisateurs de cette "contre conférence de presse" demandent au moins la mise en place d'un régulateur, qui pourrait, par exemple, prendre la forme d'une taxation sur les résidences secondaires. En cela, le Collectif dénonce la passivité des autorités publiques face à ce problème. Pour eux, le jeu des agents immobiliers est loin d'arranger les choses, puisque ceux-ci tirent un "maximum d'argent" sur les grosses transactions. Le groupement qui s'est créé au début de l'été, entend continuer son action auprès du public et des médias.

PROCES

Jusqu'à 14 ans de prison requis contre les personnes poursuivies dans le dossier contre le journal “ Egunkaria “

L'association d'extrême droite Dignidad y Justicia a demandé une peine allant de 12 à 14 ans de prison pour les personnes poursuivies dans le procès contre le journal “ Egunkaria “. Dignidad y Justicia a réclamé des peines de prison pour Xabier Alegria, Txema Auzmendi, Juan Mari Torrealdai, Iñaki Uria, Martxelo Otamendi, Pello Zubiria et Xabier Oleaga, étant donné que, à son avis, « la création du projet Egunkaria n'a jamais eu de motivation journalistique et qu'il s'agissait d'un projet créé par ETA ».

De cette façon, Dignidad y Justicia a demandé pour Juan Mari Torrealdai, Txema Auzmendi, Iñaki Uria, Xabier Alegria et Martxelo Otamendi, une peine de 14 ans de prison et une interdiction spéciale d'exercer un emploi ou une charge publique pendant 15 ans.

Par ailleurs, la demande concernant Pello Zubiria et Xabier Oleaga est de 12 ans de prison plus une interdiction spéciale d'exercer un emploi ou une charge publique pendant 14 ans.

Dignidad y Justicia les accuse tous d'un présumé délit d'« appartenance à une organisation terroriste ».

Fermeture en 2003

Au mois de juin, et allant à l'encontre de la décision du Parquet de classer le dossier, l'Audience nationale espagnole a décidé de maintenir les poursuites contre 7 des personnes incriminées en s'appuyant sur la constitution en partie civile de Dignidad y Justicia et de l'AVT.

En février 2003, le juge de l'Audience nationale espagnole Juan del Olmo avait ordonné la fermeture du journal “ Euskaldunon Egunkaria “. Lors de l'opération menée par la Garde civile, certaines des personnes arrêtées avaient dénoncé avoir subi des tortures.

BREVES :

Le « pari en faveur de la répression » du PNV est dénoncé devant ses locaux

Les incidents qui se sont produits dimanche dernier à Donostia ont fait l'objet d'une dénonciation devant les locaux du PNV dans de nombreuses localités d'Euskal Herria. Le mouvement pro-amnistie situe la « violence policière » employée par la Ertzaintza [police autonome basque] dans le cadre du pari que le PNV a fait en devenant un acteur accompagnant le gouvernement espagnol dans sa tentative d'« ouvrir un nouveau cycle » dans lequel la répression, selon ce qu'il dénonce, joue un rôle fondamental.

Des voitures de membres du mouvement pro-amnistie attaquées à Gros

Les voitures de deux membres du mouvement pro-amnistie du quartier donostiarra de Gros ont été attaquées dans la nuit du 3 au 4 septembre, quelques heures après la manifestation qui a eu lieu dans ce même quartier pour dénoncer les arrestations qui se sont produites à Cahors, selon une dénonciation faite hier.

Une manifestation met fin à la campagne des jeunes indépendantistes

Au début de l'été, les jeunes indépendantistes d'Euskal Herria ont lancé une campagne pour l'indépendance qui s'est prolongée durant les mois estivaux et qui s'est traduite par une multitude de manifestations, mobilisations, marches en montagne, etc.

Un engin artisanal retrouvé sous le véhicule d'un ertzaina

Le Département de l'Intérieur du gouvernement de Lakua a informé hier qu'un engin artisanal avait été trouvé à Andoain, qui apparemment n'a pas explosé, sous la voiture d'un véhicule particulier d'un agent de la Ertzaintza.

L'Etat espagnol n'applique pas la recommandation européenne sur les langues minorisées

Les porte-parole des observatoires des droits linguistiques des Països Catalans, de Galicia et d'Euskal Herria ont fait savoir hier à Madrid que le Conseil des ministres « n'applique pas le minimum » de la Charte européenne des langues minorisées, en vigueur depuis 2001.

Les porte-parole des observatoires des droits linguistiques des Països Catalans, de Galicia et d'Euskal Herria ont fait savoir hier aux membres du Comité des experts de la Charte européenne des langues régionales que « le Conseil des ministres » de l'Etat espagnol « n'a pas appliqué les recommandations » de la Charte européenne du Conseil de l'Europe, qui est entrée en vigueur en 2001 et a été ratifiée par l'Etat espagnol.

Le Conseil de l'Europe considère qu'une transition linguistique vers un modèle plurilingue est nécessaire dans l'Etat espagnol, dépassant la suprématie du monolinguisme castillan. Dans ce contexte, le Conseil des ministres espagnol a signifié deux recommandations à l'Administration périphérique [délégations du gouvernement espagnol dans les autonomies] et à la Justice en particulier, qui, selon ce qu'ont dénoncé les responsables des observatoires, « n'ont pas été appliquées ».

L'Ertzaintza arrête à Laudio un jeune accusé de participer à des actes de kale borroka [lutte urbaine]

L'Ertzaintza a arrêté un jeune à Laudio qu'elle accuse d'avoir participé à des actes de sabotage qui ont eu lieu ces derniers mois en Araba. Le jeune sera mis à la disposition de l'Audience nationale espagnole.

BATASUNA : « Le comportement du PP à Lizartza constitue une attaque frontale à la volonté populaire »

Karmele Aierbe et Marije Fullaondo ont durement condamné hier le comportement du PP depuis qu'il a accédé à la Mairie de Lizartza, « où il est venu pour insulter et provoquer ». Après avoir rappelé que le 27 mai Regina Otaola du PP n'a été plébiscitée que par 27 votes contre 211 pour EAE-ANV, et que, du fait de l'illégalisation d'ANV, le PP a été l'unique parti à se présenter, obtenant la mairie, laquelle a été formée avec des citoyens étrangers à la localité, elles ont expliqué que la situation vécue dans ce village correspond à la stratégie du PP de « construire son projet d'Espagne en violant les droits et en bafouant la volonté populaire ».

La gauche abertzale est indignée par ce que fait le PP à Lizartza, « où il est venu pour insulter, provoquer et se moquer, et il a réussi». Le dernier épisode de la trajectoire de Regina Otaola et du reste du conseil municipal dans la localité gipuzkoar s'est terminé avec le transfert à l'Audience nationale espagnole d'un des trois dossiers ouverts contre autant de citoyens de Lizartza à la suite de querelles déclenchées par la mairesse à cause de la manifestation qui a eu lieu pour protester contre la levée du drapeau espagnol au premier jour des fêtes, le 7 septembre dernier.

Marije Fullaondo et Karmele Aierbe ont donné hier à Donostia une conférence de presse dans laquelle elles ont dénoncé le fait que le PP persiste « à mettre ANV dans la ligne de mire de la criminalisation et de l'illégalisation », en même temps qu'elles ont souligné que « des attitudes fascistes et d'imposition comme celles que représente aujourd'hui Otaola ne sont pas les bienvenues », ni dans cette municipalité, ni « ailleurs en Euskal Herria ». Selon elles, le comportement du PP à Lizartza constitue « clairement une action répressive grave et scandaleuse contre Euskal Herria » et une « attaque frontale à la volonté populaire », étant donné que les habitants ont opté pour la candidature d'EAE-ANV lors des élections du 27 mai et « n'ont pas élu Otaola à la tête de la mairie. Elle s'est imposée contre la volonté populaire, exactement comme au temps de Franco ».

Pour Batasuna, la situation vécue dans cette localité gipuzkoar fait partie de la stratégie du Parti populaire qui consiste à « construire son projet d'Espagne en violant les droits et en bafouant la volonté populaire du peuple basque », ainsi qu'en « criminalisant et en illégalisant des idées ».

Elles ont affirmé que Regina Otaola et les reste des conseillers du PP « sont allés à Lizartza pour provoquer des incidents, et qu'ils les ont provoqués ». Ainsi, selon ce qu'elles ont raconté, ils ont pu compter « sur l'inestimable et fidèle collaboration de l'Ertzaintza ». « C'est vraiment honteux que, au nom de la démocratie, des attitudes et des actes fascistes soient protégés, pendant que le droit à décider et la volonté populaire sont condamnés ».

Le contrôle du Baztan se poursuit et Askatasuna demande  « qu'ils s'en aillent »

Alors que des habitants du Baztan informaient de ce que la Garde civile continuait à être présente sur la route qui relie Arizkun à Elizondo, la N-121-B (ils sont là depuis plusieurs jours), Askatasuna a dénoncé hier que ce canton fait l'objet « d'un état d'exception ». C'est pour cela que l'organisation a réclamé « qu'ils s'en aillent » et a prié la mairie de « faire son possible pour que la situation redevienne normale ».

Quatre cocktails Molotov lancés contre le bureau de poste

Des inconnus ont lancé dans la matinée d'hier quatre cocktails Molotov contre le bureau de poste d'Uharte, causant le noircissement de la façade, de la porte principale et de quelques fenêtres.