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Elections européennes en Martinique : la liste Rassemblement National (Le Pen) n'arrive en tête dans aucune commune à forte population "métro"

Elections européennes en Martinique : la liste Rassemblement National (Le Pen) n'arrive en tête dans aucune commune à forte population "métro"

   Pour nos lecteurs non antillais, le terme "Métro" est une abréviation de "Métropolitain" et désigne les Blancs qui ne sont pas nés en Martinique, qui ne sont donc pas créoles. Ces derniers sont appelés "Békés".

   Ce qu'il faut savoir aussi c'est que le groupe béké est minuscule : un peu plus de 3.000 personnes sur une population de presque 400.000 habitants. A l'inverse et depuis les années 70-80 du siècle dernier, le groupe métro n'a cessé de croitre au point qu'il doit se situer dans une fourchette 10.000 à 20.000 personnes. A vue d'œil, les Métros préfèrent s'installer dans les communes balnéaires du sud de l'île comme Trois-Ilets, Anses d'Arlets, Diamant, Sainte-Luce ou Saint-Anne. Cela se voit immédiatement quand on se rend dans lesdites communes. Ils sont en tout cas nettement moins nombreux dans les communes (agricoles) du nord dépourvues de plages de sable blanc.

  Or, hier dimanche, ont eu lieu les élections européennes et la Liste du Rassemblement National, la liste lepéniste, a obtenu près de 6.500 voix sur toute la Martinique. C'est à la fois peu et beaucoup. Peu si l'on s'en tient à l'abstention : sur 300.000 et quelques inscrits, seuls 45.000 sont allés aux urnes. Beaucoup car les pro-LE PEN se comptent tout de même par milliers et non par centaines. Mais en analysant de manière plus approfondie les résultats des différentes communes, on tombe sur une anomalie : la liste LE PEN n'arrive en tête dans aucune commune à forte population" métro". Mais ce n'est pas le plus surprenant.. Ce qui l'est c'est que les lepénistes arrivent en tête dans les communes du Nord (à faible population "métro") donc.

   Il suffit de jeter un œil au tableau ci-après :


 

      . COMMUNES DU SUD (à forte population "métro") :

        Les lepénistes  n'arrivent en tête ni au Diamant ni à Saint-Anne ni aux Trois-Ilets ni à Saint-Luce ni au Vauclin ni aux Anses d'Arlets ni au Marin. 


 

      . COMMUNES DU NORD (à faible population "métro") :

         Les lepénistes arrivent en tête à Basse-Pointe, au Gros-Morne, au Marigot, au Morne-Rouge, au Prêcheur, à Saint-Joseph, au Robert, à Saint-Pierre, à Sainte-Marie.


 

   Quand, paresseusement, certains "nationalistes" déclarent que les quelques 6.500 votes pro-LE PEN sont le fait des "Métros", chacun peut voir qu'ils racontent n'importe quoi. En réalité, ce vote xénophobe est dirigé clairement contre les nombreux immigrés haïtiens qui vivent et travaillent dans les communes du nord, notamment dans les bananeraies. Et aussi contre les Saint-luciens et Dominiquais, certes moins nombreux.

   Mais le "plus pire", si l'on peut dire, c'est que souvent ladite xénophobie émane de gens qui, par ailleurs, n'ont que le mot "Nègre", "Noir" ou "Afrique" à la bouche. Cette déferlante noiriste malsaine, qui conduit à une duvaliérisaion rampante des esprits au sein de la société martiniquaise, accompagné du rejet des "Métros" qualifiés d'"étrangers", n'épargne pas les autres "étrangers" quand bien même ces derniers ont la peau...noire comme c'est le cas des Haïtiens. A jouer sur la corde raciale sans arrêt, on s'expose à produire des mélodies funèbres.

   On veut bien croire que 500 "Métros" ont mis dans l'urne un bulletin pro-LE PEN, mais cessons de nous raconter des histoires : les 6.000 autres sont des Martiniquais bon teint. Hélas !...