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ET SI NOUS EXIGIONS UN REFERENDUM SUR L'INDEPENDANCE DE LA MARTINIQUE ?

ET SI NOUS EXIGIONS UN REFERENDUM SUR L'INDEPENDANCE DE LA MARTINIQUE ?

   Car il arrive un moment dans l'histoire d'un peuple où il doit savoir se montrer adulte.

   Il y a un moment où il doit cesser de jouer sur tous les tableaux. Cesser de "vouloir le biscuit de l'Américain", comme disaient nos grands-parents à l'époque de l'Amiral ROBERT (1939-45), et, dans le même temps, "ne pas vouloir de l'Américain". Cesser de vouloir le beurre, l'argent du beurre et l'arrière-train de la fermière en prime

   Ça suffit ! STOP !

   Car le peuple martiniquais continuera à ne faire que du sur-place (quand ce ne sont pas de "grands bonds", pour parler comme MAO, mais "en arrière") tant qu'il ne se décidera pas à être CE QU'IL EST. Et ce qu'il est clair, simple, évident : il est caribéen et américain. Son destin est aux Amériques. Nulle part ailleurs !

   Il est caribéen et américain tout comme les Saint-Luciens, les Trinidadiens, les Haïtiens, les Panaméens, les Grenadiens, les Cubains ou les Costariciens. Et comme eux, son destin est d'être un peuple souverain, un peuple qui se gouverne lui-même. Il doit, pour ce faire, se doter d'un état. Cela signifie-t-il pour autant qu'il est l'ennemi de son colonisateur ou ex-colonisateur ? NON ! Absolument pas. Même Cuba, la révolutionnaire, n'est pas l'ennemie de l'Espagne : il y a quatre jours, c'est le roi d'Espagne en personne et son épouse qui ont été invités à arpenter les rues du quartier de la "Vieille Havane" afin de fêter les..500 ans de la création de la ville. Ville fondée par les conquistadors espagnols ! Or, nous autres Martiniquais, encore colonisés, nous arrachons les panneaux mis sur une place du Carbet pour signaler l'endroit où COLOMB a posé le pied pour la première fois en Martinique. Wouaww ! Quel acte révolutionnaire ! Nous sommes plus révolutionnaires que les Cubains si l'on comprend bien. Interdit de rire !

   La vérité c'est que tout peuple adulte sait que l'on ne peut pas changer l'Histoire. Le philosophe français DESCARTES écrivait d'ailleurs que même Dieu, aussi omnipotent, grandipotent qu'il est, ne peut changer le passé. C'est la seule chose d'ailleurs qu'il ne peut pas faire, or certains d'entre nous s'imaginent pouvoir y arriver !!! Les descendants des Gaulois ne peuvent pas empêcher que Jules CESAR ait franchi le Rubicon et envahi la Gaule. Les descendants des Berbères ne peuvent pas faire que les Arabes n'aient pas envahi l'Afrique du Nord. Les Dravidiens (à peau sombre) de l'Inde ne peuvent pas faire que les Aryens (à peau claire) les aient repoussés tout au sud du pays etc...etc...   

   Depuis que le monde est monde, il y a cent, mille exemples, de déportation, d'esclavage, de génocide et personne n'y peut rien. On peut toujours considérer que son sort a été pire que celui des autres, que le Génocide des Amérindiens ou l'Esclavage des Noirs ou encore la Destruction des Juifs d'Europe sont l'Everest de la scélératesse et de l'injustice et se livrer à une risible concurrence des mémoires. Mais cela change quoi ? Un peuple adulte doit assumer les atrocités qu'il a subi dans son passé, valoriser au maximum la résistance de ses ancêtres et surtout ne jamais cesser de se reconstruire. Et se reconstruire en évitant, autant que faire se peut, de se transformer soi-même en oppresseur comme c'est le cas d'Israël.

   Nous, Martiniquais, avons subi deux des pires abominations de l'histoire moderne : le génocide des Kalinagos (dont quelques chromosomes subsistent en nous et surtout diverses techniques de pêche, de poterie, de vannerie et d'agriculture) ; la mise en esclavage des Noirs pendant trois siècles et son cortège d'atrocités que tout un chacun connaît désormais. Mais nos ancêtres se sont-ils laissés faire ? NON ! Ils ont résisté et cela de deux façons : par le marronnage dans les bois et par le minage quotidien du système sur l'Habitation même. Survaloriser le Nègre-marron et dénigrer le Nègre d'Habitation est une insulte à la mémoire de nos ancêtres. Le Nègre d'Habitation n'est pas le mouton que décrit l'imagerie coloniale. Il n'a pas attendu le 22 mai 1848 pour combattre ledit système et commencer à s'en libérer. Il a, certes, été contraint d'abandonner son Africanité, mais il n'a pas pour autant sombré dans la Francité Il s'est frayé difficultueusement, patiemment, obstinément sa propre voie en créant une nouvelle langue et une nouvelle culture qui relèvent de la Créolité, la Martinicanité, l'Américanité etc... Peu importe le terme ! Pourquoi pas la Wanakaérité puisque notre île, avant la colonisation française, se dénommait Wanakaera.

   Les esclaves se sont reconstruits. Ils se sont réhumanisés EUX-MEMES pendant trois siècles sans attendre un quelconque Papa SCHOELCHER.

   Le cas de la Martinique n'a rien de particulier : c'est celui de tous les peuples de la Caraïbe. D'ailleurs, le parlement jamaïcain est sur le point de voter une loi qui rendra le créole jamaïcain langue officielle à côté de l'anglais. Le pays de Marcus GARVEY, de Bob MARLEY et du rastafarisme n'a jamais pensé une seule seconde à introduire le wolof, le bambara, le swahili ou l'amharique (langue de l'Ethiopie) comme langues officielles. Mais c'est nous, Martiniquais qui nous proclamons plus Africains que nos cousins caribéens !!! Lesquels ne sont pas retournés en masse en Afrique que l'on sache. La Jamaïque n'a jamais été l'objet d'aucun retour massif de sa population vers la Terre Promise d'Haïlé SELASSIE. Les Jamaïcains assument leur histoire. Point à la ligne ! Cela signifie-t-il pour autant un rejet de l'Afrique ? Aucunement ! Aimé CESAIRE, pour une fois, a eu le mot juste : "Il faut domicilier l'Afrique aux Antilles". C'est-à-dire valoriser le plus que possible tout ce qui dans notre culture créole est d'origine africaine puisque c'est cette part qui a été la plus méprisée et rejetée. Mais domicilier l'Afrique aux Antilles ne signifie aucunement se domicilier en Afrique ! L'écrivain d'Antigue Carryl PHILIPPS a un mot cruel à ce sujet d'ailleurs :  "Africa is not a psychiatrist". Autrement dit, l'Afrique n'est pas un psychiatre. Elle n'a pas à servir de "doktè-tet" aux Noirs des Antilles qui ont des problèmes d'identité.

   NOUS SOMMES DEFINITIVEMENT ANTILLAIS ET AMERICAINS.

   Adorer la France comme le font les assimilationnistes relève de la psychiatrie. Vouloir nous ramener en Afrique comme le veulent les noiristes aussi. Cuba et la Jamaïque nous donnent, dans les deux exemples cités plus haut, l'exemple de la sérénité et de l'assomption de ce que l'on est, aussi tragique et violent que fut le passé et difficile que soit le présent. Il n'y a pas d'alternative : LE COMBAT POUR LA SOUVERAINETE NATIONALE EST LE SEUL ET UNIQUE COMBAT QUI VAILLE. Tout le reste (détruire un panneau marqué Christophe COLOMB, bloquer un supermarché, se vêtir à l'africaine etc.) n'est qui cinéma. Du pur enfantillage !

   Allons-nous continuer à nous complaire en enfantillages ?

   Désormais donc, tout Martiniquais qui se veut vraiment martiniquais doit exiger de l'Etat français une chose et une seule : qu'il organise dans les meilleurs délais un référendum sur l'indépendance et cela sous le contrôle de l'ONU. Pour que cessent le petit jeu du biscuit américain ou celui du beurre et de la fermière. Pour que nous arrêtions de critiquer, voire de vomir la France et puis quand une poussière d'autonomie (Article 74) nous est proposée, la refuser à...76%. Pour que les enfantillages du weekend cessent.

   Il nous faut mettre les choses au clair.

   Si les Martiniquais décident alors de rester français jusqu'à vitam aeternam, ce sera leur choix. Ils devront l'assumer et dès lors, cesser leur double langage, abandonner leur double comportement. Les peuples bipolaires n'ont pas d'avenir...

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