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Faculté des Lettres et Sciences humaines (campus de Schoelcher) : journée d'études sur "La Variation linguistique"

Faculté des Lettres et Sciences humaines (campus de Schoelcher) : journée d'études sur "La Variation linguistique"

   A l'initiative d'Elodie COCOTTE, docteur en études hispaniques, et d'Alejandra BARRIO, ATER (Attachée d'Etudes et de Recherches) au département d'espagnol de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université des Antilles (campus de Schoelcher) a été organisée, le vendredi 27 avril dernier, une journée d'études sur le thème de "La Variation linguistique". Cette journée a reçu l'appui de l'association "YES YOU CAN" et du CRILLASH, l'un des groupes de recherches de cette même faculté.

   Cette initiative a émané de jeunes chercheurs tant locaux (Elodie MARTIN, Zéphrine ROYER, Carlos VELEZ, Elodie COCOTTE, Raquel Gomez PINTADO, Alejandra BARRIO) que de leurs alter ego d'autres universités tels que Noémie FRANCOIS-HAUGRIN (Université du Québec), Michel MINGOTE (Université du Minais Gerais, Brésil) ou encore Lahousine AMOUZAY (Institut Royal de la Culture Amazighe, Maroc).

 

 

   A la demande de ces jeunes chercheurs, dont il convient de souligner le dynamisme à un moment où l'Université des Antilles est encore secouée par les scories d'une triste affaire que tout le monde connaît, la conférence inaugurale a été prononcée par le Pr Corinne MENCE-CASTER, professeur de linguistique hispanique à La Sorbonne, sur le thème de "L'invisibilisation de la variation dans certaines théories linguistique". Il y a été question de l'idéologie de la norme qui prévaut de manière consciente ou inconsciente chez maints linguistes, ce qui les pousse à négliger, voire ignorer les variétés de langues "périphériques" comme les "World English"(variétés d'anglais parlées dans les pays du Sud tels que l'Inde, le Nigéria ou l'Afrique du sud) ou encore les français québécois, antillais ou africains. Seule une approche décoloniale, telle que l'expose, par exemple, Ramon GROSFOGUEL, permet de remettre en question la vision unipolaire de la langue et à introduire la notion de variation dans toute description ou analyse linguistique qui se veut honnête.

 

 

   Après cette brillante conférence inaugurale qu'il n'est pas possible de résumer dans ce bref compte-rendu, place aux jeunes chercheurs ! Elodie MARTIN a ainsi traité de "La Variation lexicale en français : les cas de réseaux sociaux recourant essentiellement à un vocabulaire anglais" ; Noémie FRANCOIS-HAUGRIN a, elle, abordé "Le déplacement en français martiniquais : comparaison des productions d'enfants et d'adultes martiniquais avec celles de locuteurs du français hexagonal" ;Lahouzine AMOUZAY s'est intéressé à "La Typologie des subordonnées relatives en amazighe" ; Alejandra BARRIO s'est penchée pour sa part sur "Le rôle de la variation dans le changement linguistique" ; Zéphrine ROYER a planché sur "Langues, variétés et représentations des enseignants directeurs d'école à la Dominique : état des lieux et enjeux" ; Michel MINGOTE a traité des "Variétés dans le monde lusophone" ; Carlos VELEZ et Raquel GOMEZ PINTADO ont comparé "L'espagnol du Chili et l'espagnol de l'Espagne" ; enfin Elodie COCOTTE a terminé cette journée d'études avec un sujet qui résume les travaux : "Dans la peau d'un chercheur".

 

 

   Outre la qualité des communications de ces jeunes chercheurs et leur capacité d'écoute qui se mesura aux questions posées lors des débats, trois éléments sont à souligner : leur ouverture à l'international par l'utilisation de la visioconférence pour deux d'entre les invités (Québec et Maroc), manière de ne pas se recroqueviller sur leur pré carré ; leur capacité à organiser un événement scientifique dont ils ont défini eux-mêmes les contours ; la présence active dans le public de leurs enseignants (C. BERTN-ELISABETH, R. CONFIANT, J-L. JOACHIM, G. DESERT, M. CONSEIL, G. L'ETANG etc.) lesquels n'ont pas hésité à participer aux discussions.

   La relève semble donc assurée en Faculté des Lettres et Sciences humaines...

 

 

 

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