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Flânerie dans Vieux-Habitants

La plaque habissoise, révélée par Sire Enoff

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Nous avons tellement besoin mieux connaître nos bois et campagnes pour nous respecter nous-mêmes plus que ça... Un Mano Gombaud a beaucoup télé-écumé; verbe créole en bouche. Un Jean Juraver chante son nord-ansois, un Claude Danican ses Abymes, et quelques d'autres encore... Il faut leur savoir gré de ne pas nous laisser idiots et ignorants de notre propre sol - de notre propre soi.

L'habissois au chapeau Rodolphe Emile Enoff, lui, nous régale d'une érudite "Flânerie dans Vieux-Habitants". Un travail savoureux au fil des pages. De routes en ruelles, au gré des sections comme du centre bourg habissois, nous sommes guidés à travers sa commune avec un tout plein d'anecdotes qui font vibrer la mémoire des vieux et des disparus.

Au diapason du modernisme, images et photos couleurs s'il vous plaît. Le prétexte toponymique, bien mené, est précédé par l'auteur d'une utile révision. C'est toujours nécessaire, à mesure que montent les générations, de reprendre le panorama historique de la Guadeloupe depuis Colomb, les occupations européennes, les faits de d'Esnambuc, Houel, Dulyon... l'épopée de la Révolution à la départementalisation, en repassant par l'abolition de l'esclavage et l'assimilation, les arrivées qui ont suivi... pour tout dire, jusqu'à la transformation de la paroisse Saint-Joseph en commune Vieux-Habitants.

Captivante flânerie donc, à travers les mornes et le bourg et ses transformations. Exemple : en 1640 l'église est faite de "tabullis et cannis" - entendons là, latinistes mal pétris ki nou yé, que l'édifice était qu'en planches et en roseaux-gaulettes. Les normes n'étaient pas ce qu'elles sont devenues depuis, mécréeront les paroissiens de Terre-de-Bas, malmenés par leur séisme!...

Puis au XVIIIè, des tailleurs de pierre venus de... la Creuse, eh oui, ils en font et en transfont, en prenant roches volcaniques dans la région, l'édifice en dur qui subsistera et s'inscrira dasn le patrimoine.

Les noms des rues de VH, prétexte-départ de l'ouvrage pédagogique d'Emile, ne manquent pas de saveur. Les Tomaseau, Schoelcher, Sonis, Foch, Mortenol, Labique... figurent sur autant de plaques, révélées avec gustatives descriptions des personnages honorés, et, je vous dis, images à l'appui le plus souvent.

L'épopée de Gratien Candace, le député, journaliste, écrivain, "l'un de ces noirs qui symbolise l'idéal colonial avant 1940", ne vous laissera pas indifférent. Avec Eboué, "une haute conscience ayant choisi pour temple le devoir éternel" nous jouons le jeu, de Tchad en Panthéon final, en passant par sa gouvernature d'ici.

Hatchi, Nolar, Lobeau, Lubineau, Chout, Fengarol, Dupont... les "habitants" et descendants défilent. Vieux-Habitants est une de ces communes-mausolée où on peut faire le tour de notre Histoire et de nos rapports avec l'Europe et le monde.

Parmi toutes ces plaques, c'est carrément à une grande peinture, en fronton même de Mairie, qu'a droit le non-violent cousin Mahatma Gandhi. Car l'indien a aussi sévi et enfanté de son travail en Habissois. Mais quid de Victorin Lurel? Eh bien, mussieu a aussi droit à sa... tite ruelle, et a de qui tenir! Né en 1872 et mort en 1947 à Vieux-Habitants, Emmanuel Victorin Lurel fut en effet instituteur nommé à Moule en 1892, en 1900 à Baillif, et enfin directeur d'école dans sa commune en 1910. Jamais élu maire, Emmanuel VL fut cependant à la tête de son canton jusqu'en 1931...

Merci à Rodolphe E. Enoff, déjà toponymiste notoire (cf. l'ouvrage sur les rues de Basse-Terre, et l'autre sur nos parlementaires), pour ce nouveau parcours alerte, fleurant bon l'indigo, la flibuste, et l'icaque...

{{Flânerie dans Vieux-Habitants,

Editions l'Habissoise

Bibliothèque Municipale de Vieux-Habitants,

05 90 98 31 91.}}

{ {{lu pour vous par Jean S. Sahaï.}} }

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